‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 64 sur 160 · CHANSON BASQUE · texte numérisé non relu

CHANSON BASQUE

Octosyllabes, groupés en quatrains. La chanson est représentée par 2 versions :

Indéterminé : Mme de la Villéhélio, Souvenir des Pyrénées, Dou\e airs basques, [1870]. — Repr. dans la Rev. des Trad. pop., III.

Tardets: Ch. Bordes, Cent Chans. pop. basques (fascicule-spécimen), r. 1890.

TEXTE TRADUIT

(1) Le roi Jean, blessé, est revenu des armées. Dame sa mère est restée à la maison, joyeuse : (2) « Roi Jean, réjouissez-vous et ayez courage ! Votre femme d'un petit roi est accouchée hier soir ! — Ni pour ma femme, ni pour un petit roi, moi, je ne saurais me réjouir. (4 et 5) Sans que ceux-ci le sachent, mère, [donnez-moi] un lit pour mourir. » (6) « Ma mère, dites-moi, qu'ont ces valets, avec tant de pleurs et gémissements ?» — « Ma fille, ce n'est rien : ils ont perdu un cheval gris. » (8) — « Ma mère, dites-moi qu'ont ces servantes, avec tant de pleurs et gémissements ?» — « Ma fille, ce n'est rien : elles ont cassé un plat d'argent. » — (7 et 9) « Ni pour cheval gris, ni pour plat d'argent, je vous en prie, pas de larmes! Le roi Jean de la guerre or et argent rapportera. » — (12) « Ma mère, dites-moi pourquoi ces chants si hauts ?» — « Ma fille, ce n'est rien : c'est la procession qui passe. » — (14) « Ma mère, dites-moi, quelle robe faut-il mettre? » — « Ma fille, la blanche, la rouge; la plus belle sera la noire. » — (19) « Ma mère, dites-moi, quel est ce tombeau si élevé ?» — « Ma fille, impossible de le celer,

c'est le roi Jean qui est enterré là. » — (20) « Ma mère, prenez ces clés, celles de l'or et de l'argent ; et ce petit roi, élevez-le avec grand soin. (21) Terre sainte, ouvre-toi, que j'entre. dans ton sein! » La terre sainte s'est ouverte, et moi, j'ai embrassé le roi Jean *.

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