‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 81 sur 160 · a) At B, C + K; cf. U. — b) C, K; cf. F, B, U · texte numérisé non relu

a) At B, C + K; cf. U. — b) C, K; cf. F, B, U

TRADUCTION

Marthe se lève matin, droit à la messe est allée. | En sortant de l'église, elle passe chez sa sœur.

Au haut du ciel, — Au haut du ciel nous faisons séjour, — Au haut du ciel !

Madeleine se peigne avec un peigne doré. | « Dieu te garde, la Madeleine !» — « Dieu te garde, sœur Marthe ! »

— « Veux-tu me dire, Madeleine, si tu es déjà allée à la messe ? » | — « Je n'y suis pas allée, sœur, non, ni à telle chose n'ai pensé. »

— « Vas-y, vas-y, Madeleine, tu tomberas amoureuse : | car il prêche un jouvenceau qui a la figure d'un ange. »

: Madeleine monte en haut pour mettre ses atours ; | elle met ses anneaux d'or, ses bracelets et boucles d'oreilles ;

Et aussi son manteau d'or qui traînait jusqu'à terre ; | et son bijou d'or fin, et l'a mis sur son cœur.

Madeleine s'en va avec ses valets et servantes, | à la porte de l'église laisse ceux qui l'accompagnaient.

1 « Vive Dieu ! quel jouvenceau ! c'est dommage qu'il soit frère *. » | Pour entendre mieux le sermon, sous la chaire elle s'est mise.

Au premier mot du sermon, dans le cœur cela lui entrait; | au second mot du sermon, Madeleine soupirait ;

io

Au troisième mot du sermon, Madeleine tombe en pâmoison. | Le sermon fini, Madeleine s'en va chez elle.

Elle ôte ses anneaux d'or, ses bracelets et boucles d'oreilles ; | et son bijou d'or fin, elle l'a mis à ses pieds.

i. C'est-à-dire moine.

A la porte de l'église un pénitent a rencontré : | « Veux-tu me dire, pénitent, où est allé le bon Jésus ? »

— « A la maison du Pharisien, c'est là qu'il a été convié. » | Madeleine s'en va, sous la table elle s'est mise.

Avec les larmes de ses yeux les pieds du Christ elle lavait; | avec les cheveux de sa tête, les pieds du Christ essuyait.

Bon Jésus s'en aperçoit, promptement lui a demandé : | «wQue cherches-tu, Madeleine, que cherches-tu par ici? »

■ — « Je cherches par ici Jésus, s'il voudrait me confesser ? » — « Lève-toi, lève-toi, Madeleine ! voici que tu es pardonnée.

— « Mais tu devras aller sept ans au désert de la montagne; | mangeant herbes et timons, tu y feras une vie sainte l . »

Madeleine s'en va au désert de la montagne ; | mangeant herbes et timons, elle y fait une vie sainte.

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