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CHAPITRE XV

LES AUXILIAIRES DU ROMAr^ISME.

1° Vlnqumliùn (1).

Le tribunal de T Inquisition a dû son origine a la guerre des Albigeois, qui ensanglanta le midi de la France dans les xii« et xm* siècles. Innocent III, pape de H98a 1216, voulait, en l'instituant, s*en servir pour retrancher de l'Eglise ceux de ses membres qui s'étalent révoltés contre elle. Son projet, habilement conçu, reçut une pleine exécution sous ses successeurs.

La sainte Inquisition ou le Saint-Office, comme on rappelait, devait dépendre immédiatement du souverain-pontife, rechercher les hérétiques et leurs adhérents, et prononcer sans appel sur leurs biens, leur

(I) Nous empruntons de V Encyclopédie des gens du inonde (édition de iSiO) les principaux détails donnés dans ce chapitre (voyez rarliclc Inquisition^ tome XIV)i

honneur, leur vie. La procédure de l'Inquisition différait entièrement de celle des tribunaux civils. Jamais elle ne faisait connaître le dénonciateur; l'inculpé devait s'accuser lui-même; les arrestations étaient toujours secrètes, et la délation encouragée par des récompenses. Personne ne parut plus propre à siéger dans ce tribunal que les ordres mendiants, surtout les franciscains et les dominicains. Le pape Grégoire IX mil, en 1233, la dernière main à l'œuvre de ses prédécesseurs, en donnant aux inquisiteurs une autorité sans limite et sans contrôle réel de la part du pouvoir temporel.

La juridiction de l'Inquisition n*était pas déterminée d'abord d'une manière précise. Pour lui donner une organisation plus solide, l'ordonnance de 1484, faite par les cor tes d'Aragon, établit dans les différentes contrées de l'Espagne des tribunaux soumis au grand inquisiteur. Le tribunal suprême fut, par la suite, transféré à Madrid. Il était présidé parle grand inquisiteur assisté de SIX ou sept juges qu'il nommait lui-même sur la proposition du roi. D'après un décret de Philippe III, le grand inquisiteur devait être de l'ordre de saint Dominique. Il avait sous lui un procureur. fiscal, deux secrétaires, un receveur, deux rapporteurs, et plusieurs officîaux qu'il nommait sous l'approbation du roi. Le conseil de l'Inquisition s'assemblait tous les jours, e^^cepté les jours de fête et les trois derniers jours de la semaine, dans le palais royal; deux membres du conseil de Castille y assistaient. Un certain nombre d'assesseurs étaient chargés de juger de l'orthodoxie des opinions :

on les appelait ealificadores (1). Les autres étaient des jurisconsultes qui n'avaient que yoix consultative.

Les fonctions du procureur fiscal l'obligeairat à exa* miner les dépositions des témoins, à dénoncer les m\u pables au tribunal, et, après leur arrestation, à soutenirraccusation. Il assistaitàFinterrogatoiredes témoins, à Tapplication de la torture et au jugement. Outre la rédaction des procès-verbaux, les secrétaires étaient chargés de suneiller, pendant le procès, accusateurs, témoins, accusés, et d'observer le moindi*e mouvement qui pourrait trahir ce qui se passait dans leur intérieur. Les ofiiciaux présidaient aux arrestations. Un officier appelé sequestrador^ et soumis a un cautionnement, surveillait l'administration des biens confisqués. Le receveur encaissait l'argent provenant des confiscations et payait les dépenses à la charge de l'Inquisition. On comptait en Espagne plus de 20,000 individus attachés au Saint-Office sous le nom de familiers^ et jouant le rôle d'espions et de surveillants. Des places aussi viles étaient recherchées avec empressement par des per-sonnes de la première noblesse, parce que de grands privilèges et d'abondantes indulgences y étaient attachés.

Aussitôt qu'un accusateur s'était présenté et que le procureur fiscal avait saisi le tribunal, l'ordre était

(1) De là ce mol de calé/acteur dont on se sert encpre dans quelques contrées. Dans Tallemand de Strasbourg, ealfakter dé* signe un syeopbante, un rapporteur) nn homme dangereux dm il faut se méfier.

donné d'arrêter les accusés. S'ils ne se présentaient pas à la troisième sommation, ils étaient frappés d'excommunication. S*iis tombaient entre les mains des inquisiteursyils étaient à l'instant même séquestrés dumonde. Les prisons, nommées casœs santés (maisons saintes), consistaient en galeries voûtées, divisées en plusieurs petites cellules carrées, voûtées également, hautes d'environ dix pieds, et formant deux étages. Les supérieures étaient faiblement éclairées par une fenêtre grillée; les inférieures étaient plus petites et plus sombres. Chacune d'elles avait* deux portes, l'une intérieure, revêtue de fer, et munie d'une grille par laquelle on faisait passer au prisonnier sa nourriture ; l'autre qu'on ouvrait le matin pour donner de l'air au cachot. L'accusé ne pouvait recevoir aucune visite ni de ses amis ni de ses parents. On lui défendait même la lecture d'un livre de piété. Il devait rester assis en silence, et s* il s'avisait de témoigner son chagrin par quelque' plainte ou de vouloir se consoler par le chant de quelque pieux cantique, le geôlier le faisait taire à l'instant.

Ordinairement il n'y avait qu'un prisonnier par cellule ; on ne faisait d'exception à cette règle que dans l'espoir de quelque révélation. La première fois que l'accusé paraissait devant ses juges, on lui demandait d'avouer son crime. S'il se reconnaissait coupable de ce dont il était inculpé, il prononçait lui-même sa condamnation, et ses biens étaient confisqués. S'il défendait son innocence en face des dépositions des témoins, il n'en était pas moins déclaré convaincu et condamné.

L*avocat qu'on lui avait donné ne pouvait s'entretenir avec lui qu'en présence des inquisiteurs. Jamais il n'était confronté avec son accusateur ni avec les témoins dont on ne lui disait pas même les noms ; et on le livrait à la torture pour le forcera expliquer ou a décour vrir ce que les dépositions de ces témgins n'avaient pas fait connaître ou n'avaient pas éclairci suffisamment S'il reconnaissait sa faute et en témoignait du repentir, il échappait à la mort; mais il devait abjurer ses erreurs et promettre de se soumettre à tous les châtiments, a toutes les pénitences que le tribunal voudrait lui imposer. Prison perpétuelle, coups de discipline, confiacation des biens, telles étaient les punitions qu'on lui infligeait. Il était d'ailleurs réputé infâme, lui, ses enlants, et les enfants de ses enfants. On le revêtait en outre du san beniio, esj)èce de robe jaune en forme de sac, portant une croix devant et derrière, et toute parsemée de diables.

Si un accusé parvenait à s'enfuir avant l'arrivée des sergents chargés de l'arrêter, on le jugeait comme hérétique opiniâtre. On fafsait afficher dans toutes les places publiques des sommations pour qu'il se présentât dans un temps donné, et, le délai expiré , s'il n'avait pas obéi, il était dévolu au bras séculier et brûlé en effigie. Si une personne morte depuis plus de quarante ans était condamnée, on ne privait pas, il est vrai, ses enfants de leurs biens, mais, tout innocents qu'ils étaient, on les déclarait infâmes et incai^bles de remplir aucune charge publique.

Quand Taccusé était condamné à mort, tout se disposait pour le solennel auto-da-fé, que Ton fixait ordinairement k Fun des dimanches entre la fête de la Trinité etTÂvent. Au point du jour, la cloche de la cathédrale invitait tous les fidèles à assister à Tliorrible spectacle. Les personnages les plus distingués du royaume s'empressaient d'offrir leurs services, et l'on vit plus d'une fois des grands d'Espagne se faire les familiers du Saint-Oflice.

Au milieu de la messe, qu'on célébrait sur la place de l'auto-da-fé, un secrétaire de l'Inquisition montait dans une chaire et lisait le serment que le grand inquisiteur venait faire prêter au roi. Il le faisait prêter également a toute l'assemblée. Un dominicain montait ensuite dans la même chaire et prêchait un sermon tout rempli de louanges en faveur de l'Inquisition, et de déclamations contre Tliérésie. On lisait après les sentences de ceux qui avaient été condamnés, en commençant par celles de ceux qui étaient morts dans la prison ou qui avaient été jugés par contumace. Leurs effigies étaient portées sur un petit théâtre et mises dans des câges. Ensuite on faisait la lecture des sentences des condamnés présents, qu'on faisait entrer aussi dans des cages, afin qu'ils fussent reconnus de tout le monde.

Les dominicains ouvraient la marche avec la bannière de l'Inquisition. Venaient ensuite les coupables repentants qui n'avaient été soumis qu'à la pénitence; et derrière la croix qui suivait ceux-ci, marchaient les

malheureux coudamnés à mort, pieds nus, le san beniio sur le dos, et la tête couverte d'un bonnet pointu appelé coroza. Les effigies des fugitifs et les ossements des morts condamnés, renfermés dans des cercueils noirs, chargés de flammes peintes et d'images infernales, paraissaient ensuite, suivis des prêtres et des moines.

La procession s'avançait ainsi à travers les principales rues de la ville jusqu'à l'église, où l'on donnait lecture du jugement du saint tribunal , après un seœnd sermon solennel; les condamnés l'écoutaient debout devant un crucifix, tenant un cierge éteint à la main. I^ lecture terminée, un officier de l'Inquisition leur frappait un coup sur la poitrine, pour indiquer que le Saint-Office n'avait plus d'autorité sur eux et qu'il les livrait au pouvoir temporel , que l'Inquisition appelait et que les Romanistes appellent jusqu'à présent le bras séculier (i). On les chargeait alors de liens, et on les conduisait au lieu du supplice.

(1) £n donnant au gouvernemenl laïque la dénomination de aras séculier, les Romanistes semblent vouloir lui attribuer toutes les horreurs de Tlnquisition, tandis que c'étaient des religieux, cl nommément des Dominicains , qui seuls étaient les bourreaux d'ofOce dans la question ordinaire et dans la question extraordinaire. De nos jours encore , tous les emplois du Saint-Office de Rome sont occupés par les membres de cet ordre. Le gouvemoraent laïque, par un aveuglement déplorable, n*exécutait les sentences du Saint-Office que dans les auto-da-fé publics. Du reste, que ce misérable bras soit séculier ou religieux, il est de l'intérêt de la société et surtout de la religion, que Ton procède au plus tôt à son amputation radicale.

Ceux qui déclaraient vouloir mourir dans la religion catholique, ou les repetUanU, étaient étranglés avant d*étre la proie du bûcher; les autres étaient brûlés vifh. Les auto-da-fé étaient de véritables fêtes pour le peuple^ qui s'y précipitait avec fureur; les rois eux-mêmes regardaient comme une œuvre méritoire d*y assister avec toute leur cour, et de contempler les horribles souffrances des victimes.

Telle fut rinquisition jusqu'au moment ou Napoléon la supprima pair le décret du 4 décembre 1808. Apres le rétablissement de Ferdinand VII sur le trône, quelques hommes éclairés voulurent briser l'instrument usé d'une sombre politique; mais ils ne purent y parvenir. Ce né fut qu'en 1820 que la constitution des cartes abolit définitivement cette terrible institution ; qui ne fut pas rétablie en 1823, d'après le conseil des puissances européennes. Selon Fiorenti, de 1481 a 1808, l'Inquisition espagnole a jugé 341,021 individus, dont 31,912 ont péri sur le bûcher, 17,659 ont été brûlés en effigie, et 291,450 condamnés à des peines sévères.

En Portugal, rinquisition fut instituée en {557, a{»^ une longue résistance. Le tribunal suprême sié* geait a Lisbonne , mais il y avait des tribunaux inférieurs dans d'autres villes. Le grand inquisiteur était nommé par le roi et confirmé |)ar le pape. Âpres avoir arraché sa patrie a la domination de l'Espagne, Jean de jfoagance essaya de détruire l'Inquisition ; mais tout ce qu'il put faire, ce fut de lui enlever le droit de con-

fis{|uer les biens des condamnés. Encore fut-il excommunié pour ce fait après sa mort, et sa veuve ne vit pas sans humiliation qu'une absolution expresse fut prononcée sur son cadavre.

Les Portugais introduisirent l'Inquisition dans les Indes comme les Espagnols, l'avaient introduite en Amérique ; Goa lui dut une lugubre renommée. Mais au xviii* siècle, une ordonnance royale prescrivit qu'on fit connaître à l'accusé la nature de l'accusation et le nom des témoins; qu'il eût la liberté de se choisir un avocat et de s'entretenir avec lui; qu'aucun jugement de l'Inquisition ne reçût son exécution sans avoir été confirmé par le conseil du roi. Enfin Jean YI supprima le Saint-Office» non-seulement en Portugal, mais dans le Brésil et dans les Indes ; il fit même brûler publia quement les actes du terrible tribunal de Goa.

Lorsque en 1814, Pie VII rétablit la société des révérends Pères jésuites, il crut devoir également rétablir à Rome le saint tribunal de l'Inquisition tel qu'il existe encore aujourd'hui.

Voici quelle est l'organisation de ce tribunal, d'après l'Âlmanach romain, publié a Rome en 1855. — Chapitre intitulé : Congrégations ecclésiastiqttei (Congrega* tioni ecelesiaêtiche).

tf Ce saint tribunal, dit du Saint-Office, est destiné « k veiller à la conservation de la foi catholique et à « l'extirpation des hérésies. 11 se compose d'une réu- (X nion de divers cardinaux actuellement au nombre « de douze, et qui ont le titre Alnquisitenrs généraux.

« Le souYeraiii*[)ODtife a la présidence, et*un des cftr- « dinaux exerce les fonctions de secrétaire. — Outre (( les cardinaux , il y a des prélats consulteurs^ parmi « lesquels est de droit le doyen de la sacra Rota ; puis c( un commissaire, qui doit être un religieux dominia cain, et l'avocat fiscal. »

« Au tribunal du Saint-Office sont attachés les qua-- « LincATEURS, ou théologiens , qui ont pour charge « d'examiner les propositions mauvaises qui se ren-* c( contrent dans les livres, et de leur donner les qualiflff cations qu'elles méritent.

a La juridiction de ce tribunal suprême, x)our les « causes qui sont relatives à la foi , s'étend par tout l'unic( vers catholique et à toute personne, quel que soit son (c grade, sa condition ou sa dignité : il n'y a pas de « privilège personnel ou local qui puisse en exempter.

• Personnel de Vinquisition romains pour cette

année.

c( Sa Sainteté Notre-Seigneur, préfet;

« S. E, le cardinal Vincent Macchi, secrétaire;

a LL. ËE. Mattei, Patrizi, Ferretti» Cagiano de Aze^ « vedo, Oppizioni, Fi*anzoni, Blanchi, Délia Genga Ser-^ (c mattei, Falconieri-Mellini , Asquini, Lucciardi, kn* « tonelli.

(( Mons. Loi*enzo Lussidi, assesseur;*

« D. Giuseppe, chanoine substitut de l'avocat fiscal;

« D. Giuseppe Cipriani, avocat ;

« D. Angelo Trinchieri, pro-somniisle;

« Carlo Aw. Manfredi, juge rapporteur des cours eriminelles; « D. Angelo Argent!, archi-uotaire.

fc La chancellerie de cette congrégation est prës dû «f palais du Vatican (Voyez le chapitre : SAnms iWQmsic( TioN ROMAINE ET UNIVERSELLE, dc TAlmanach de Rome « de 4855, page 21). i>

A cette même époque, c'est-k-dîre en 1885, nous fûmes témoin oculaire de la scène suivante, qui se passa sur la place délia Mmerva^ a Rome, vers les trois heures de l'après-midi : Un religieux dominicain venait de prêcher dans l'église même élevée sur cette I^ace dont elle porte le nom. A peine sorti, il fut accosté par des familiers du Saint-Office, masqués. Ils lui jetèrent sur la tête une toile de couleur nbh^, dont ils l'enveloppèrent, et ils remmenèrent avec eux. « — Qu'a-t-il dit?... Qu'a-t-il fait?... Que lui repro- <c che-t-on? » — Telles étaient les questions que chacun se renvoyait dans cette foule anxieuse; mais, toutes, elles restaient sans réponse ! . . .

Ni ce jour-là, ni le lendemain, ni les jours suivants, pas plus que ceux qui suivirent encore, nul ne put savoir ni en quoi le religieux avait feilli, ni ce qu'avait fait de lui le Saint-Office.

Quant il la justice de ses aiTéts, quant à Texactitude des faits dont il s'informe, tout se passe absolument aujourd'hui comme cela se passait autrefois: le fait suivant le prouve bien. Vers l'année 1834, une femme dénonça au Saint-Office un curé des Etats Romains^

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son confesseur, Taecusant d*avoir voulu attenter k sa vertu. Arrêté, jugé et condamné, le malheureux fut enfermé dans un des cachots souterrains de Tlnquisitîon pour y passer le reste de ses jours. — Quinze ans après, sa dénonciatrice, au lit de mort, déclara que le curé n'était point coupable; que c'était elle qui avait voulu le porter au mal, et que, blessée de sa résistance, elle s'était vengée en le dénonçant!... Le Saint-Office voulut rendre la liberté au pauvre captif, mais celui-ci la refusa. « Qu'irais-je faire là-haut, dit-il avec amei^ tume, il vaut autant rester ici... »

En effet, il pria qu'on le laissât servir, comme domestique , dans les dépendances du Saint-Office. Sa prière fut accueillie; et c'est là, dans les murs de rinstitution, que plusieurs personnes l'ont entendu raconter son histoire, pour la plus grande gloire du saint tribunal, et à la grande édification de ceux qui se demandent comment, de nos jours et dans un siècle qui a secoué tant de vieilleries et tant de préjugés antisociaux, il peut encore être question du Saint-Office ! . . .

i^ La sainte Wehme.

L'établissement de cette confrérie secrète remonte au neuvième siècle. Ce fut l'empereur Charlemagne qui la fonda, d'après les instances de la cour de Rome, à qui elle était nécessaire pour retenir dans la foi catholique romaine les Saxons nouvellement convertis au Christianisme.

Mais quoique celte iostitution soit antérieure aux décrétales de Grégoire VU et à la sainte Inquisition, néanmoins, suivant le témoignage d'historiens dignes de foi, elle ne prit d'jmportance qu'après l'établissement de celle--ci.

La sainte Wehme avait par toute l'Allemagne des tribunaux secrets qui jugeaient, condamnaient et faisaient exécuter leurs sentences par les frères de la so* ciété à laquelle ils servaient de bras séculier. Au quinzième siècle, ces frères dépassaient le nombre effirayant Ae cent mille.

Les issues des tribunaux étaient gardées par un grand nombre de frères bourreaux armés des coutelas de la sainte Wehme, pour assassiner immédiatemwt tout curieux qui aurait approché de ces lieux sacrés, ainsi que pour exécuter à l'instant tout individu condamné par le sacré tribunal. Ces coutelas, d'une forme spéciale, étaient toujours laissés par les frères bour^ reaux sur le cadavre de la victime, pour prouver a l'autorité et au peuple que c'était un condamné du tribunal de la sainte Wehme, et pour qu'on se gardât de l'enterrer!...

La principale cour de ces tribunaux était à Dortmand en Westphalie. Elle se distingua par ses meurtres, surtout après que l'archevêque de Cologne en fut de droit le premier président. Les empereurs Sigismond, Albert et Frédéric III travaillèrent à réprimer les horreurs de la sainte Wehme, laquelle disparut enfin au seizième siècle.

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3^ Le ekmpikre de Sainî^Pierre ei le fribwial dit de la

Gomposizione.

Ceat dans le même but de consolidation de ses prin* cipes despotiques cpie le Romanisme établit a Rome les droits du chapitre de Saint-Pierre sur tous ceux qui meurent a6 inlesiat, ou dont le testament ne désigne pas bien clair^nent les noms des héritiers ou légataires. Nous avons eu de nos jours encore une preuve éclatante des sublimes sentiments et des vains efforts du pape actuel Pie IX dans l'événement suivant.

En 4855, mourut à Rome un avocat laissant un re^ veou d'environ 400,000 fr. N'ayant pas d'en£mts; il ordmma par testament d'employer le revenu de toute cette fortune a des actes de bien&isance. En outre, le défunt avait nommé pour exécuteur testamentaire Son Emioence Mgr le cardinal ***^ qui se présenta au pape Pie IX, et s'excusa sur la grandeur de l'œuvre et sur l'insuffisance de sa capacité. Pie IX se chargea bien volontiers de l'exécution.

Mais tout a coup le chapitre de Saint-Pierre se présenta et réclama, disant que comme, dans le testament, lenomd'unhéritier n'était pas désigné, mais qu'il était dit vaguement de dépenser celte fortune à des actes de bienfaisance, le chapitre de Saint-Pierre était par consé^ quent le seul héritier légitime du défunt, suivant les droits de ce chapitre. «

Le pape lit de trës-sérieuses représentations aux cba-

noines, mais ceux-ci furent inébranlables dans leur exigence. Enfin, <e Saint-Përe lés appela brusquement un jour et leur offrit, de s'arranger en acceptant pour toute indemnité une somme- de 500,000 fr. une fois donnée, et qu'il leur proposa de leur cmnptér immédiatement. Sa Sainteté ajouta a son offre gmèrwse la q^nace bien significative que, si les chanovaes s'y refo* s|iie»t, Tàfibire* serait portée toiit de suite devant les tribunaux, avec ordre aux juges, et en vertu de son poii* v<Mur discrétionnaire, de condanmer le cbapitre. Les chanoines eurent pwr et se contentant de Tindemnité de 500,000 francs.

. Le tribunal de Compoiizwne, c'e8i4Hdire de- trafic saction, est aussi d'institution rcmianiste t il réside au Vatican, et peut connaître de toute affitire d'argent qui a un rapport quelconque avec la religion. On se- présente a ce tribunal ; on s'arrange en payant au corps des bénéficiers de Saint^Pierre tant pour cent sur la &)mme due» et r<m est officiellement acquitté vii^^vis

d^ 4un propre créancier!...

4** La Propagande de la Foi.

Ce ftjLt Grégoire XY qui fonda cet établissement si ftome en 1622, sous prétexte de propager la foi catho* lique.

La Propagande est composée de treize cardinauiK, de trois prélats^ d'un sec^ptaire général, et d*un nombreux personnel de clercs et de laïques, à la tête desquiels se

trouvent un cardinal-préfet qui est un des treize, et le président du grand conseil de la Propagande. Le préfet actuel de cet imposant établissement est Son Eminence MgrBamabo, autrefois simple soldat sous les drapeaux de la France, et renvoyé du service.

La Propagande a la direction des missionnaires et de tout ce qui peut intéresser l'extension de la foi chrè^ tienne. A cette congrégation a été joint, par Urbain VIII, le séminaire apostolique dit Collège de la Propagande, grande pépinière de missionnaires et rendez-vous des séminaristes de tous les pays du monde.

Le même pape, dans le but d'attirer les Grecs, fonda également à Rome un autre collège dit Collège grec, où l'on élève quelques jeunes Melchîtes pour servir k la propagande en Syrie (1).

Ceux qui connaissent cette institution savent bien que> dans le fond, la Propagande est une vaste société secrète des Romanistes, pareille à celle des Francs-Maçons. La seule diffà*ence qu'il y ait, c'est que celle de Rome n*a point pour but de rendre tous les hommes

égaux et libres, vertueux et heureux Au contraire,

le but de la Propagande roms^ne est de soumettre tout le monde k la domination universelle du Romanisme«

(1) Le directeur de ce burlesque clablissemenl est un Latin, élève de la Propagande, qui croit être travesti en évéque grec, mais qui est habillé en arlequin! La messe prétendue grecque que cet individu lit deux fois par an dans Tcglise Saint-Athanasc (chapelle de oe collège) est plus que ridiculC) elle est scanda^

La Propagande compte aujourd'hui environ deux mille missions et deux cent mille employés.

Les devoirs de ces essaims fixés hiérarchiquement dans tous les pays du monde, ou parcourant la spoëre dans toutes les directions, se réduisent à deux : V à soutenir partout les trois principes du système du Romanisme, c'est-a-dire la sufrémaiie du pape, l'aveu-gle obéissance à ce vicaire de Dieu sur la terre^ et l'unité catholique; 2^ à dépouiller les fidèles et les infidèles pour accumuler dans la Propagande, n'iikiporte par quel moyen^ autant d'argent que possible (i).

Aussi cet établissement rivalise-t-il aujourd'hui en richesses et en revenus avec l'opulente compagnie connue sous la raison sociale de Compagnie de Jésus (2).

Voilà pourquoi tous les ordres religieux sont ennemis jurés de la Propagande, parce qu'elle écrase et ruine le crédit et les opérations de ces ordres à l'étranger et leur enlève toutes les bonnes affaires. La Propa^ gande a même réduit à la faillite plusieurs établissements des autres ordres dans les pays infidèles et les a forcés de fermer boutique.

(1) Eu 1854, on accusait un évéque de crimes énormes. MgrBap nabo, alors pro-préfel de la Propagande, prit sa défense en disant: M II peut avoir quelques imperfections, mais c'est un des meilleurs prélats, car, dans V espace de deux ans, il a procuré à la Propagande dix mille écus,*, » Son Altesse Mgr le prince de tlohenlohe, arclievéque d'Edesse et aumônier du pape, se trou' vait présent à ce bel éloge du véritable pasteur, éloge sorti de la bouche du préfet-cardinal de la Propagande de la Foi.

(2) Actuellement le revenu annuel de la Propagande dépasse le budget de ses dépenses de trois millions de francs et plus..<

C'est cet écrasant accaparement de toutes les affaires, c'est cette absorption commune à tous les spéculateurs, qui détermina, il y a quelque temps, les ordres religieux à transiger ayec elle et a devenir des espèces d'associés en commandite de la Propagande. Ils se soumirent dès lors à quelques obligations envers cet imposant établissement, au bureau duquel ils doivent déposer, à la fin de chaque année, l'actir et le passif de toute» les opérations de leurs missions, ainsi que le bilan de leurxaisse. La Propagande a même le droit, en cas de méfiance de sa part, d'envoyer vérifier sur les lieux. C'est k ces conditions, et pourvu que le général de chacun de ces ordres réside à Rome, que la Propagande de la Foi leur délivre des sauf-conduits, en vertu desquels ils peuvent prêcher la parole de Dieu et faire leurs affaires sans avoir a craindre d'être entravés par le pieux établissement.

Les révérends i)ëres jésuites n'ont pourtant consenti à aucune transaction, si ce n'est à celle de la résidence a Rome de leur général en chef. La Propagande serait aujourd'hui enchantée de les dispenser de cette obligation, parce que cette concession réduirait au moins de moitié le nombre des espions attachés k surveiller les démarches du chef de l'honorable compagnie (1).

Les pères lazaristes avaient aussi leurs bonnes raisons pour ne pas consentir à transférer a Rome

(1) Il faut savbir que la Propagande a ses espions pour surveiller lés jésuites, et que les jésuites ont aussi leurs espions pour surveiller la Propagande.

le siège de leur généralat, quoique la Propagande, qui n'a pas, contre cet ordre, les mêmes raisons de craindre qu'elle a contre les jésuites, eût vu avec plaisir le sui)érieur général venir habiter près d'elle. Mais l'intérêt des lazaristes exige que leur chef reste à Paris. La Propagande ne s'y oppose point, et la raison en est bien simple. Les lazaristes sont d'origine française, et Ton sait qu'il est dans les habitudes de la Propagande d'user de douceur et de modération quand elle ne peut pas faire autrement.

Mais la compagnie qui eut la gloire de se mesurer avec les plus grandes puissances du monde, ne saurait sans doute homologuer en entier le contrat synallag-matique imposé par la Propagande aux autres associations ordinaires de l'Eglise romaine. La compagnie de Jésus avait, dès sa création, promis aux Romanistes de soutenir leur système à Rome, mais à la condition, bien entendu, que Rome aussi laisserait les révérends pères administrer leurs propres intérêts comme i]s l'entendraient. Aussi les révérends pères luttèrent-ils vaillamment contre le monopole de la Propagande et lui opposèrent-ils partout la concurrence du libreéchange. Mgr Barnabo saisit, il est vrai, l'occasion de la république de 1848 pour les expulser entièrement du collège de la Propagande, de la direction duquel les révérends pères s'étaient emparés dte le temps de leur prétendu restaurateur Pie Yll; mais, à son grand dépit, les révérends pères persistent jusqu'aujourd'hui à ne présenter a la Propagande aucun compte sur les opéra-

tioos de leurs miâsiQûs. La Propagande toûffre encore eette infiractipn à son système avec la résignation et la modération chrétiennes qui la caractérisent, et parce que les jésuites sont ou se disent très-puîssants (1).

La Propagande a, de plus, la juridiction immédiate sur tous les évêques et sur tout le clergé latin d'Orient, des Iiides^ dé la Chine, de la Russie, des Etats protestants^ et en général de tous lès pays qu'elle qualiiie éNmfidèks (pûrtibî$s infidelhtm) (2). Elle inspecte^leiftent le clergé de tous les pays fidèles ou catholiques*

Elle tient à Rome une immense imprimerie et une ItèraiHe ofi élfé fait le commerce de tous les livres pletix qu'elle imprime, et même de ceux que d'autres iutâurs trbs-profenes impriment ailleurs (3).

Enfin , ta direction de la Propagande de la Fol de

(i) II y a cinq ans, Mgr Sibour, archevêque de PariSj avàll reçu YMke d'informer la Propagande de la Foi du nombre de jésuites 4111 66 trouvaient dans son diocèse. Sa Grandeur s*était donné beaucoup de peine pour satisfaire à la demande dQ son chef ; mais un des supérieurs des jésuites de Paris se présenta un jour diez farchcfêque et lui dit : « Monseigneur, Votre Grandeur dé- « tire saivoir combien nous sommes à Paris? Eh bien I monsei* » l^eur, vous ne le saurez jamais !... »

(i) Il est déplorable que la Propagande ait la témérité d'appeler pays infidèles non-seulement les Indes, la Chine, le Japon, les pays de l'Empire byzantin, mais encore la Russie, la Grèce ti lesâutees oont^ées catholiques grecques dont elle-même a reconnu officiellement Torlhodoxie dans le livre ^'elle a publié sous le titre de V Eglise Orientale.

P) On trouve à acheter à la librairie de la Propagande de Rome deBKfres do toute espèce.. .

— les —

Rome tient des bains publics, des voitures de remfse, des restaurants, et d'autres pardis ^ablissefmnts lucratifs.

â"" La CongrégaHon (jk l'Index.

Tout livre, quel qu'il soit^ plein de sci€»ce et d'orthodoxie, s'il ne fait pas les affaires du Bomanisme, est impitoyablement réprouvé par l'Index; et eomme le pape est, dit-on, infaillible, et que tout décrrt ée l'Index passe ou est censé pass^ sous les yeux du pape, les auteurs, une fois condamnés sur la tmrre, devront se croire, et tout le monde devra les croire, cond^uoiiaés aussi dans le ciel. Cela n'empêche pas, du reste, que le cardinal Bellarmin, mis à Tindex par un pape, fiit relevé par un autre pape : mais passons sur cette baga-* telle.

Parmi les déviations, parmi les entorses de toute espèce données aux lois divines et humaines, cette congrégation antichrétienne se permet de porter ses terribles sentences contre les personnes qu'elle veut condamner, non-seulement sans entendre les inculpés, sans leur demj^nder s'ils veulent se rétracter, mais même sans indiquer sur quel point précis porte l'anatbëme !

C'est qu'elle pense qu'il n'est pas toujours prudent, pas même facile , d'indiquer à tous les auteurs sans distinction toutes les propositions que le Romanisme condamne. Il pourrait se faire, en effet, que ces mêmes

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profM)ftiiianft se rencontrassent en propres termes dans lesPëresde l'Église; on a donc jugé plus simple et plus expéditif de tuer d'un seul coup tout auteur qui n'est pas vendu au système du Romanisme.

Nous pouvons citer, parmi les victimes de la politi* que antichrétienne de cette soi-disant congrégation, un grand-vicaire de Paris, Tabbé Lequeux. Son livre sur le drmi eanmi^ plus savant et plus libéral que ceux (pi'on publie a Rome, était, depuis plusieurs années, adopté pour l'enseignement dans quelques diocèses de France. Tout à coup survient contre la personne de ce grand^vicaire, ou plutôt contre celle de son archevêque, une foudroyante condamnation. Le Romanisme montrait par là une fois encore que les évéques ne sont plus rien devant lui!...

Cette sévérité illogique fait que Tlndex, redouté jadis, alors qu'il se respectait encore, n a plus aujourd'hui aucune valeur. C'est même une fortune pour un livre qui n'est ni impie, ni hérétique, ni immoral, d'être mis k l'index, car le public est sûr de trouver dans ce livre, condamné a Rome, quelques documents curieux ou des opinions libérales.

6* Les ordres religieux.

La vie monastique fiit établie dans les premiers siècles du Christianisme par des personnes pieuses qui se séparaient entièrement du monde pour vivre dans la solitude.

Le nomttre de ces emUteê ou moines deviiA bientôc si gi<and, que quelques-uns parmi eux ccHdçurafit la pensée de les réunir dans des établissemoits où les né*^ cessités de l'existence leur deviendraient moing lourdes par la vie en commun : de là les mona$lèreê ou conmii' naulés religieuses.

Toutefois, ces ermites ou moines se tenaient entier rement séparés du monde, et ilti n'allaient dans les villes et dans les bourgades voisines que d'après Tordre des supérieurs, et afin de s'y procurer les chose» nécessaires k leur subsistance.

La société civile des peuples chrétiens devenant tous les jours plus nombreuse, ses besoins s'accroissaient aussi : les évéques songèrent donc a former de ces rendus des ordres religieux dont la mission serait de visiter les pauvres, de soigner les malades, et d'aider répiscopat dans ses fonctions charitables*

Le.Romanismene tarda pas a s'emparer de cés^ ordres; il en fit d'aveugles instruments de ses desseins, . et les multiplia <& l'infini sous des dénominations étranges, quelquefois même scandaleuses.

Ces ordres, quoiqu'ils se détestent, quoiqu'ils se dér chirent mutuellement, n'ont maintenant qu'une seule et même destination, V accomplissement du but du Ro^ manisme.

Celui-ci s'empara donc par leur concours si dévoué des deux plus puissants leviers de la société: « Venseifinement, et la presse. »

Un très-sérieux journal de Paris, le Siech^ publia,

il y a environ deux ans, une série d'articles ptr lesquels il constatait que rien quen France^ les Rrnna^ nUies se sont emp^résdes trou quarts des élMissemènts destinés à l'instruction pitbliqw: qu'on juge de ce €[a'ils ont Êtit dians les autres pays de l'Occident !...

Leur témérité même, dans quelques contrées, s'est diangée en une espèce de droit : c'est ainsi qu'à Rome, par exemple, Us refusent encore de reconnaître la Faculté de la Sorbonne de Paris.

De mwie ils prétendent dominer l'autorité épisco* pale par l'envahissement» de la chaire et par celui du confessionnal.

Ils se glissent surtout dans le fbyer domestique, comme précepteurs, comme gouverneurs ou comme hommes d'affiiires, et ils finissent par y dominer entiè< rement.

Toujours dans la lice pour y détruire ce qui est bien , ils substituent, aux oeuvres admirables des anciens, de pitoyables rapsodles, aussi propres à fausser l'intelligence qu'à pervertir le çceur.

Ils refont l'histoire à leur gré; ils établissent une chronologie fantastique, et, sous le &llacieux prétexte de défendre la religion par l'arme si terrible de la presse, ils transforment le journalisme en théâtre de marionnettes ou en arène de goujats !

V Les cofiyrégalions laïques.

Ces congrégations ont été établies sous le séduisant

prétexte de venir en aide aux classes souffrantes de la société chrétienne.

La plupart d'elles» ainsi que la plupart des ordres religieux, n'eurent sans doute, dès l'origine de leur fondation, ^'autre but que ce but humanitaire; mais, à en juger par la manière dont agissent aujourd'hui les membres de ces véritables soeiéiég secièles, on ne peut s'empêcher de croire que les congrégations laïques ne tendent qu'à propager, sous le manteau de la bienfeisance, les principes du Romanisme le plus absolu. En effet, si vous leur signalez une de ces famiHes que la honte de sa misère retient au logis, ils commenceront par s'enquérir si les chefs de cette famille fréquentent l'église, et surtout s'ils sont prat%q\tanii ; autrement, point de secours ! . . . Les principales de ces congrégations ont pour nom : la Propagation de la Foi, dont le centre est à Lyon, et la Conférence de Saint^Vineent de Paul, dont le chef-lieu est Paris. On aurait de la peine à s'imaginer la masse des capitaux qu'engloutissent ces deux congrégations.

Par une distraction, ou, pour mieux dire, par une faiblesse inconcevable des gouvernements, on les a laissés établir un impôt réel sur tous les peuples chrétiens; et cet impôt est d'autant plus productif qu'il est prélevé sur la bienfaisance toujours active de la classe laborieuse.

L'assistance que donnent les conférences se borne a peu près à des bons de pain ou à des bons de viande, secours ré» Is, il est >Taî, mais qui ne sont jamais dis-

tribués que (luns un tout autre but que celui qu'a toujours la yéritable charité chrétienne. . .

On dit que le gouvernement français, il y a environ trois ans» fit appeler les membres de l'administration supérieure de la conférence de Saint-Vincent de Paul, et leur signifia que, comme il était de son devoir de connaître le système d'administration morale et matérielle de cette société si répandue dans le pays, il désirait en nommer au moins le président. A sa proposition si juste et si loyale, le gouvernement n'eut pour toute réponse que la répétition du téméraire axiome que Laurent de Ricci, général des jésuites, opposait à LfOuis XV, lorsque ce souverain l'engageait à porter quelques modifications a l'influence que sa comi)agnie avait en France : a Sint ul sunl^ aut non sinl (qu'elle

soit comme elle est, ou qu'elle ne soit pas). »

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