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TENTÉS DE NOS JOURS

Les événements de 1818 elles progrès de notre sîecle avaient déjà jeté assez de lumières sur les falsihcatîons religieuses par lesquelles le Romanîsme voulait subjuguer les peuples, pour que ceux-ci ne reconnussent pas tous ces pièges. D'un autre côté, rinconduîte,la rapacité et Végoïsme des adhérents de ce» système antichrétien avaient tellement contribué à dessiller les yeux aux masses, que rindififérenlisme religieux s'était déjà propagé par tout rOccident. Le Romanisme , craignant alors de perdre même Tunique piédestal de sa domination, crut devoir, tout en conservant ses anciens moyens de détail, recourir à d^autres plus généraux, plus conformes à Tesprit du siëcle, et plus énergiques. C'est là le principal motif qui lui dicta les quatre différents coups de main que nous Savons vu tenter dernièrement;

1° Les soulèveinenls des peuples contre les

souverains.

Le premîeF coup de maîn auquel le Romanîsme eut recours fut tenté en iSiS.

L'impatience des peuples opprimés par la compression des principes libéraux, et les terreurs inspirées aux gouvernements despotiques par le sentiment de leur propre faiblesse, étaient connues de tout le monde. C'était donc pour le Romanisme un sûr moyen de captiver de nouveau les sympathies des peuples, que de faire semblant d'épouser leur cause : le loup se fit alors berger, et, tout a coup, Rome s'institua la protectrice des nationalités et des droits des chrétiens opprimés!.,»

Les sentiments libéraux du prince-évêque actuel, Pie IX, devaient malheureusement servir de point de départ au calcul de ces gens. Aussitôt que ce grand (mpe eut proclamé la constitution dans ses Etats, le tlbmanisme arbora sur la coupole de Saint- Pierre Tétendard de la révolte des peuples d'Occident contre leurs souverains au nom des libertés nationales de TÉgllse!...

La joie brilla alors dans le cœur de tous les peuples ! Tous applaudirent sincèrement aux généreuses résolutions de Pie IX, tous saluèrent avec enthousiasme les libertés nationales proclamées par le prince-évêque dé Rome, mais personne ne voulut plus du Romanisme^ fût-ce même sous les noms les plus flatteurs !

Le Romanisme battit alors en retraite, et effrayd

tellement Pie IX, qu il lui fit abandonner sa capitale et ses projets libéraux, et implorer derechef la force du bras séculier pour se rétablir dans ses droits divins.

Le précieux sang des peuples coula partout, et surtout à Rome.

Mais la terreur des gouvernements leur fît croire, cette fois encore, que, pour, dominer les peuples et se conserver, il fallait soutenir tout despotisme, et le Romanisme fut encore absous de cette dernière tentative.

Apres la victoire, le pape Pie IX (on sait s'il avait été vainqueur) fut reconduit à Rome en triomphe militaire, soutenu par des baïonnettes françaises et autrichiennes, mais ayant la douleur et le désespoir dans rame : Sa Sainteté marchait sut* les cadavres de ses chères brebis ! . . .

Au lieu d'une amnistie, que tous les souverains temporels accordent toujours k leurs peuples soulevés par des instigations étrangères et reconquis par eux, le Romanisme obligea le souverain-pontife, l'infortuné Pie IX, de punir comme des criminels les Romains, ses sujets et ses diocésains, qui n'avaient fait que suivre les impulsions généreuses de leur saint évéque et libéral souverain!

Enfin, ce vicaire de Jésus-Christ, au lieu de pardonner à ses semblables comme son maitre le lui a ordonné et comme son noble cœur le lui inspirait, fut forcé par le Romanisme de verser cruellement le sang des brebis confiées à sa garde et de transformer en horribles prisons les écoles, les hôpitaux et les forteresses du patrî-

moîne de saint Pierre, pour y enfermer des chrétiens innocents qui y meurent, comme du temps de Néron, rongés par la vermine, accablés de tourments, et maudissant leurs oppresseurs ! . . .

Chose déplorable, mais vraie! le Romanisme, qui était le seul instigateur de tous ces crimes et qui en était seul coupable, fut le seul qui resta impuni!...

Le Romanisme a même, par la pusillanimité des gouvernements, immensément gagné a cette terrible secousse de la société!... Mais pouvait-il croire que son triomphe serait de longue durée ?

2° L'Immaculée Conception.

Le Romanisme, rentré dans ses casernes et soutenu dans sa double domination, directement par la France et l'Autriche, et indirectement pas tous les gouvernements, voulut attaquer le Christianisme en lui portant un coup décisif dans la base même qui fait son exis^ tence. — Ce second coup de main fut la promulgation de Y Immaculée Concepimi comme dogme de foi.

Quoique ceux qui, les premiers, mirent en avant cette idée, ont prétendu s'appuyer sur la croyance des Pères de l'Église orientale ;

Quoique le R. P. Passaglia ait cherché, avec beaucoup d'adresse, à se faire un arsenal de tous les passages, de toutes les phrases, de toutes les expressions louangeuses dont abondent les hymnes, les prières, les

cantiques, les antiennes que Ton trouve dans les Bré* vlaires de cette Église ;

Quoique toutes ces phrases, tous ces termes entassés dans quatre volumes in-A^ dont se compose Youvrage latindxx savant jésuite, aient été présentés par lui comme étant l'exposé fidèle de la croyance de l'Église orientale, on ne peut y voir que ce qui s'y trouve réellement, c'est-à-dire ces exagérations passionnées dont l'imagination des Asiatiques fait un si fréquent usage en l'honneur de la Sainte Vierge.

Du reste, pour se faire une juste idée de l'opinion que l'Église orientale avait de l'Immaculée Conception, et pour reconnaître en même temps le "véritable but qu'on se proposait lorsqu'on voulut ériger en dogme cette ancienne opinion de plusieurs vénérables Pères de l'Eglise universelle, il n'y a qu'à parcourir leurs doctes et profonds écrits.

On y verra que les uns admettaient l'Immaculée Conception, que les autres la contestaient, qu'une partie doutait, que l'autre s'abstenait, mais qu'en définitive on reléguait cette grave question parmi ces questions de théologie auxquelles il est sage de ne pas toucher , et que nul n'avait jamais songé à prendre l'initiative d'en faire un dogme de foi nécessaire au salut.

Aussi, lorsqu'après le 8 décembre 1855, les chrétiens d'Orient, excités par les immamlistes, demandèrent au clergé de Constantinople si l'Église orientale admettait ou non le dogme de l'Immaculée Conception, les évoques, tenant d'une part à ne pas froisser lessen-

timents du peuple a l'égard de la Sainte Vierge, et de l'autre, ne voulant pas admettre l'Immaculée Conception comme dogme indispensable au salut, répondirent : a Cette question est une opinion très-ancienne tf parmi différents Pères de l'Église ; et si Rome ne s'en a occupe qu'aujourd'hui, elle fait preuve d'une grande a Ignorance de l'histoire de l'Église , ou elle a tme a arriêre^ensée, »

Deux faits bien significatifs justifièrent la prévision du clergé byzantin. Voici le premier. Avant le prétendu concile tenu à Rome pour la promulgation du nouveau dogme, le pape Pie IX avait ordonné a tous les évoques de l'Église occidentale de faire connaître, par écrit, leur opinion sur ce sujet. La plupart de ces vénérables prélats répondirent conformément à Vancienne opiniofi de l* Église orientale; néanmoins, le dogme fut proclamé, et l'on ne publia que les lettres de la minorité des évêques, dont les sentiments s'étaient trouvés d'accord avec la volonté de Rome.

Quant aux évêques latins dissidents , leurs lettres ne furent imprimées qu'au nombre de quatre cents exemplaires, lesquels furent distribués aux évêques romanistes Seulement, pour qu'ils en fissent la réfutation (1).

Le second fait fut, comme on va le voir, la réalisation véritable de cette arrière^ensée, prévue avec tant de sagacité par les évêques orientaux ! . . .

Les gens bien informés savent aujourd'hui que la

(1) Nous avons eu Toccasion de parcourir un de ces exemplaires par faveur.

promulgation du dogme de l'Immaculée Conception ne fut qu'un prétexte par lequel les Romanistes espéraient arriver à définir le dogme, bien autrement important pour eux, de V infaillibilité du pape !

La position que nous occupions en ce temps-là à Rome ne nous permit pas d'ignorer que, dans ce soidisant concile > uniquement composé des Romanistes, ou du moins d'évêques passant pour tels, un cardinal se leva, au nom du Saint-Siège , et proposa, puisqu'on se Irauvail ainsi réunis, de définir enméine temps ^ sam plus de façons f le dogme de Vinfaillibililé du pape. Un morne silence accueillit d'abord cette brusque proposition Puis s'élevèrent des murmures « C'est

une surprise!... C'est un piège! !... » se disaient entre eux les prélats... — Tout à coup deux évêques, l'un d'Allemagne et l'autre de France, se levèrent pour protester, et la question, pour le moment du moins, en resta là.

Inutile de dire que le secret de cet incident fut sévèrement imposé à l'honorable assistance.

La voilà donc avortée cette arriére^ensée devinée parles évêques orientaux; mais d'autres avaient soupçonné avec raison qu'en proclamant le nouveau dogme, les Romanistes avaient l'espoir de faire une diversion aux tendances politiques des peuples, en détournant leur attention vers des discussions religieuses.

De plus, les Romanistes avaient calculé que l'égoïsme du beau sexe serait flatté du privilège accordé à sa nature ; enfin les Romanistes crurent battre monnaie. De

tous ces calculs il n* y a que le dernier qui leur ait par-* faitement réussi.

3° Les concordais.

Rome donna ce nom aux traités qu'elle faisait avec les autres puissances sur ses droits matériels, qualifiés par elle de droits de l'Église. Par ces concordats, Rome transigeait avec les souverains, toutes les fois que la lutte entre elle et ces princes s'envenimait et devenait menaçante, ou lorsque Rome trouvait l'occasion favorable d'usurper quelque droit des peuples ou des princes chrétiens.

Les plus remarquables de ces concordats sont dans les anciens temps :

1*» Celui de Worms, que le pape Calixte II avait , en H22, fait avec Henri V, empereur d'Allemagne, quoique ce fut dans un sens tout opposé : car, par ce concordat, le pape reconnut a l'empereur le droit dit des investitures régales^ et il ne se réserva que la remise à l'évêque de la crosse et de l'anneau ;

2** Celui de Bologne, que le pape Léon X avait, en 1516, fait avec lé roi de France François l«^ A l'aide de ce concordat, le pape Léon réussit . à faire annuler par ce jeune prince, âgé alors de 22 ans, la pragmatique sanction, ordonnance par laquelle saint Louis avait, en 1269, décrété que la France, ne relevant que de Dieu seul, avait le droit de la libre élection de ses évéques sans Vintervention du pape. Cette pragmatique-sanction, con-

firmée plus Iwà, en 4488, par le concile de B&le» et appliquée a tous les États chrétiens , fut publiée dans la même année par le roi de France Charles YII, en trente-huit articles.

Dans les temps modernes, nous pouvons citer le concordat fait en 4801, entre Bonaparte, premier consul de France, et le pape Pie VIL Par ce concordat, Bonaparte fit passer de nouveau entre les mains du gouvernement français, suivant les anciennes institutions de ce pays et de l'Eglise chrétienne , le droit de l'élection des évéques de France, que le Romanisme avait de nouveau usurpé. Bonaparte ne laissa au pape que ce qui hii appartenait proprement comme évéque de Rome, c'cst-k-dire le droit de confirmation ecclésiastique.

Mais de nos jours , le Romanisme employa le moyen des concordats comme un coup de main propre à relever son pouvoir. Il espérait que l'état d'affaiblissement où se trouvait rinfluence des gouvernements despotiques vls-k-vis de leurs peuples, rendrait de nouveau indis^ pensable aux souverains l'alliance du Romanisme. C'était donc a celui-ci de profiter de l'occasion et de les obliger a des concordats avantageux pour lui.

Aussi le Romanisme commença-t-irpar proposer un concordat a l'Autriche, la puissance la plus despotique, et (lui conservait encore dans son clergé les germes d'anciennes institutions trop gênantes pour la prépon^ dérance romaine (1).

(I) Ces inslilulions ecclésiastiques étaient celles de Joseph II, qni portèrent au Romanisme des coups bien graves.

Mais, malheureusement pour le Romanisme, le cabinet de Vienne de 1855 ne pouvait point se laisser prendre dans ses filets comme y avait été pris le jeune roi de France François l^^"^. Ce cabinet accepla donc avec empressement la proposition de Rome.

Le cardinal-prince deRaucher, archevêque de Vienne, alla discuter avec le cardinal Antonelli et Mgr Barnabo les points et les expressions de ce bizarre traité : on joua au plus fui pendant quinze mois, et le temps prouvera que ce ne fut pas le gouvernement autrichien qui perdit réellement à ce jeu.

L'année suivante , Rome fit des instances réitérées auprès du sultan Abdul-^Medjid pour lui persuader de £ûre aussi avec le Saintr-Siége un pareil concordat, dans l'espoir de s'immiscer par le gouvernement du sultan dans les affaires de l'Eglise grecque. Mais ce souverain, après avoir consulté les diplomates de son cabinet et les gens de loi de sa propre religion, s'y refusa nettement.

4" V enlèvement de V enfant Mot tara.

Tout le monde cria contre cette horreur!... toutes les autorités, toutes les sociétés philanthropiques adressèrent d'humbles suppliques au pieux, au généreux, au charitable, au sensible Pie IX , en faveur de la famille désolée (i).

(4) Cependant, ce n'étail pas la première fois que la cour de Rome commeltait un tel crime en plein dix-neuvième siècle. Le

Tous les souverains amis de Sa Sainteté, y compris même le sultan, adressèrent des remontrances, des observations ou des conseils bienveillants k leur collègue de Rome. Le public ne savait plus que penser, voyant ce silence absolu du Saint-Père et cet apparent stoïcisme de Pie IX.

Enfin, après deux ans de silence, le bon, le pieux, le sensible Pie IX , fatigué de jouer en face de tout le monde l'indigne comédie que le Romanisme, a cause de sa dignité de monarque mitre, lui imposait, se décida a parler une fois pour toutes.

Or ce martyr de sa tiare, pour repousser à la fois les justes récriminations de tous les peuples chrétiens et les sages conseils des souverains catholiques, et pour

docteur anglais Melingtzen, mcdocin du sultan, s*était, vers Tan 1830j marie à Conslaiilinoplc avec une Arménienne catholique romaine dont il avait eu deux enfants, qu'il faisait élever à Rome dés l'an 1840. Le docteur, ayant su que les jésuites voulaient faire prendre Thabit à ses deux Gis, alla lui-mémo les chercher; mais on refusa de les lui remettre, en alléguant qu*ilnéiait pas leur père^ et que V épouse de V Anglais ayant confessé qu'elle avait eu ces deux enfants par un adultère avec un catholique romain f on les avait fait entrer dans le sein de V Eglise catholique, apostolique et romaine , à laquelle ces enfants appartenaient de droit. Le docteur anglais avait fait intervenir le gouvernement de la reine d'Angleterre et celui du Sultan, lesquels firent plusieurs instances près la cour de Rome. Celle-ci persista dans son refus; mais la révolution de 1848 arriva, et le docteur Melingl7.cn n'eut rien de plus pressé que de profiter de ses bienfaits humanitaires. Il alla à Rome, reprit ses enfants, et revint à Constanlinople. Faut-il que le père de l'enfant Mortara attende le second acte du drame de 1848, pour avoir aussi son fils?

rendre en même temps hommage a la vérité, leur fit la très-laconique, mais aussi très-signlficatîve et trèséloquente réponse : a non possumm f) (je ne puis pas), leur dit-il, et il se renferma dans son morne silence!... Pie IX n'a pas dit qu'il ne comprenait point toute rhorreur de ce crime antisocial et souverainement antichrétien, il n'a pas dit qu'il ne voulait pas restituer à sa mère éplorée l'enfant volé, et tranquilliser ainsi la société sur le retour de telles horreurs, mais il a avoué sincèrement qu'il était désolé de ne pouvoir pas y porter remède! nonpossumus!... (je ne puis pas).

Par cette expression laconique. Pie IX récapitulait devant les grandes puissances, devant les peuples contemporains, et surtout devant le tribunal impartial de l'histoire, l'état précaire auquel le Romanisme a depuis tant de siècles réduit l'Eglise de Rome!... Il leur répétait tous les efforts qu'il avait faits pour y apporter un changement radical. Il leur rappelait l'opposition opiniâtre qu'il avait rencontrée de la part du Rornanisme, et l'abus que les prétendus défenseurs de l'Eglise avaient fait de ses sentiments libéraux pour consolider, par une révolte générale des peuples contre les souverains, leur domination ébranlée. Il reprochait aux puissances chrétiennes l'entier abandon dans lequel elles l'avalent laissé au moment suprême de sa généreuse entreprise. Il leur déclarait enfin bien énergiquement que si des horfeurs comme celle de Mortara se renouvellent en plein Xix« siècle, la faute en est et en sera toujours aux souverains qui pourraient faire cesser l'influence du Roma-

nisme sur l'Eglise de Rome, et par celle-ci sur tous les peuples chrétiens de TOccident , mais qui ne le font pas, entraînés qu'ils sont a se jservir eux-mêmes aussi parfois du despotisme romaniste dans une intention déloyale!... mais que lui, pape, ne le peut pas {non possumus!...) Et Dieu et l'histoire tiendront compte de cet aveu chrétien du grand pape Pie IX,

Toutefois, ces quatre coups de main n'ont pu être d'aucune utilité au Romanisme, liî empêcher la grande crise qui se préparait depuis bien longtemps, et qui se déclara chez le moribond au moment où on s'y attendait le moins.

CHAPITKE XXII.

LA CONrÉDÉRATlON CONSTITUTIONNELLE DE TOUTES LES ÉGLISES ORIENTALES, ET L'AUTOCRATIE ABSOLUE DE LA PAPAUTÉ ROMAINE SUR LES ÉGLISES d'oCCIDENT.

Sî Ton jetait un coup d'œîl sur radmînîstratîon de chacune des deux Églises orientale et occidentale, auxquelles il conviendrait plutôt de donner les noms à* Église byzantine et d* Église romaine ; sî, disons-nous, on jetait un coup d'œil sur l'administration de ces deux Églises, depuis l'émancipation du Christianisme par Constantin le Grand jusqu'à nos jours, on constaterait

un fait très-frappant.

Dans l'espace des quinze siècles que ces deux grandes communautés chrétiennes ont parcourus unies ou séparées, à l'apogée de leur puissance ou esclaves, florissantes ou dépérissantes, enfin sous toutes leurs phases politiques et morales, chacune de ces deux grandes Églises a toujours conservé un système administratif diamétralement opposé à celui de l'autre. La première a toujours été administrée par un système

eonslilutionnel et fédéral, tandis que le système absolu et monarchique est le cachet perpétuel de la seconde.

Sans doute on ne saurait dire que la cause principale de cette constante opposition du système administratif des deux Eglises se trouve exclusivement, d'un côté, dans la ferme et continuelle persistance de tous les prélats orientaux à suivre ponctuellement les institutions libérales de l'Église primitive, ainsi que dans les vertus individuelles de ces prélats. On ne saurait dire non plus qu'elle réside dans le despotisme absolu, dans le manque de zèle chrétien ou dans les vices personnels de ceux de l'Occident; car il est bien notoire, et nous l'avons nous -même constaté dans tous nos ouvrages (1), que l'Eglise byzantine eut aussi ses Romanistes, ses Octaviens, comtes de Habsbourg, ses Hildebrands, ses Innocents 111, ses Âlexandres VI, de même que la Romaine eut ses Chrysostômes, ses Photius, ses Genadius, ses Samuels (2), ses Pierre le Grand. Cette cause se trouve dans les principes constitutifs que les circonstances spéciales de la fondation de chacune de ces deux Eglises avaient imposés à l'une ou à l'autre.

En Orient, la religion chrétienne n'a pas été imposée, pas même introduite par le gouvernement; au contraire, l'empereur Constantin P^ ayant reconnu

(1) Surtout dans celui intitulé le Chrétien d' Orient {oAvxroktth; XptdTixvoç), imprimé à Malte en 1852, et dans celui VEglise Orientale^ publié à Rome en 1856.

(2) Ce grand patriarche fut le réformateur du système intérîeut' du patriarcat en 1764.

qu'il n*y aurait que les libertés du Christianisme qui pussent le maintenir sur le trône des Césars, appuya tout son système politique sur les principes de cette religion. Il fit plus encore : comprenant combien il lui serait difficile d'introduire ces principes libéraux au sein de Rome, déjà trop imbue de son ancien système despotique , il transporta sa capitale sur un nouveau territoire, et fonda l'Empire byzantin rien que sur les bases du Christianisme.

Ainsi l'Eglise byzantine, non-seulement ne fut point forcée par le grand fondateur de la dynastie chrétienne et par ses successeurs d'abandonner le système libéral et constitutionnel établi par les apôtres du Seigneur; mais quand même ses administrateurs auraient essayé d'en dévier , les empereurs de Byzance avaient un grand intérêt à les y contenir. De plus, la vanité même de ces souverains^ qui (nous l'avons dit dans notre livre L'Église Orientale) voyaient dans le faste de l'Église de Constantinople un agrandissement de leur propre gloire, se combinait parfaitement avec l'ambition démesurée des évèques; aussi favorisaient'-' ils toutes leurs démarches (1).

D'un autre côté, le peuple oriental, qui avait aidé le gouvernement de Constantin à s'appuyer sur les principes libéraux du Christianisme, à les adopter, et à proclamer leur inviolabilité, s'était dès lors constitué le gardien de ces principes.

(1) Iw partie, pi 2.

De inanieing que rÉglise byzantine, n'étant pas forcée d'abandonner ni les principei^ constitutiontielB^ ni radtninistration fédérale de l'Église primitive» ne pôu^ >'ant {>as eti dévier quftnd même elle l'aurait voulu, continuait k les garder inaltérables»

Quant à Jérusalem» Alexandrie, Ântioche, Corinthe» et toutes les autres Églises orientales» elles âVâtetit ^lenient contiuué à s'administrer nuivant les mêmes principes qu'elles avaient adoptés des leur fondation, et qui étaient les mémêd que ceux de Goâdtantinople.

Si parfoid un ou deut parmi led évéqued by:^tltins essayèrent d'empiéter sur les droits de quelqu'une de ces Églises , ainsi que le patriarche Âcaciun prétendit le faire en 478(1), ces déviations, n'étant que personnelles k ced évêques , ne pouvaient Jamais prendre racine et s'ériger en système dans la fédération byzantine.

C'est ainsi que touten les Églises byzantines ont Jus^ qu'à nos jours conservé le système constitutionnel et fédéral de l'Église primitive, c'est-à-dire que toutes ces Églises ont toujours basé et basent encore aujourd'hui leur administration sur deux principes immuables, d'où dérivent deux lois fondamentales sur lesquelles repose tout leur système.

Le premier de ces deux principes est de conserver immuablÉê toutes les institutions apostoliqms H tous ks ûttnùné des conciles tiecuméniqùes ^ ces conciles étant les assemblées constituantes de l'Église universelle. Mais^

(1) Voyez notre ouvrage VEglise Orientale^ ht partie, p; 6i

comme les principes de ces institutions apostoliques, ainsi que tous les conciles, consacraient l'égalité, la /

liberté et la fraternité de tous les chrétiens , il dérive naturellement de ce principe, que la première loi fondamentale de toute Église byzantine est d'être administrée eùnêtitutionnellement.

Le second de ces deux principes est Vunim de toute t Église. Mais, pour que plusieurs membres ou plusieurs corporations puissent former une véritable union, il feudra d'abord que chacun de ces membres, chacune de ces corporations contracte librement cette union. Ensuite» pour que c^tte union soit stable, il faudra que • chacun des membres conserve son indépendance pendant toute la durée de ce lien spontanément contracté; car l'union qui se fait par la force est une conquête , et celle qui fait perdre leur indépendance a ceux qui se sont unis, même de bon gré, est un asservissement. Or, Tunion des Églises orientales étant spontanée , et leur indépendance leur restant toujours tout entière, une telle union donna chez elles naissance à la seconde loi fondamentale de leur système, laquelle ne saurait s'exprimer que par le nom de confédération ecclésiastique.

Pour donner maintenant une idée de V indépendance dont chaque Église confédérée de TOrient jouît dans son intérieur, ainsi que de 1* inviolabilité des libertés locales de chacune d'elles de la part de ses autres confédérées et surtout de la part de l'Église présidentielle de Constantinople, examinons quelques faits historiques retotife à ce sujet. Nous les prenons parmi ceux

que tout le monde connaît et qui sont authentiquement constatés.

En premier lieu se présente l'institution du Saint- Synode de Russie par Pierre le Grand. Ce souverain, voulant, pour des motifs que nous avons exposés dans notre livre V Église Orientale (1) , régler Tadministration de l'Eglise de son pays, créa un conseil d'évèques russes, lequel, sous la présidence du métropolitain de Saint-Pétersbourg , devait diriger désormais toutes les affaires ecclésiastiques de Russie : aussi donna-t-il à ce conseil le nom de Synode dirigeant. Pierre alors adressa, en 1721 , au patriarche oecuménique de Constantinople une lettre, dans laquelle il lui disait que (( la Russie Ta toujours reconnu comme chef sua prême de toute l'Église orthodoxe, et qu'il le priait, « comme tel, d'approuver et de confirmer cette mesure (( nécessaire à l'administration de l'Église russe, et de « daigner donner ses conseils à ce collège d'évêques en « toute occasion (2). »

Le patriarche Jérémie n'avait rien répondu alors à ce souverain. Mais lorsqu'après un an, le clergé russe s'adressa à ce même patriarche pour lui demander que a l'Eglise universelle reconnût la consti tution du synode (( dirigeant les affaires ecclésiastiques de la Russie, « suivant les institutions apostoliques et les canons « des conciles, » le patriarche ne put, en sa qualité de

(1) II® partie, chap. vi.

(2) Voyez la correspondance de Pierre le Grand et celle du synode de Russie avec le patriarche de Constantinople Jérémie.

président de la confédération ecclésiastique de l'Orient (1), que faire droit à la demande du clergé d'une Église orthodoxe. Aussi reconnut-il et confirma-t-il le Synode dirigeani de Russie par une lettre synodale adressée, non pas à Tempereur, mais à ce même chapitre ecclésiastique et au clergé russe. Dans cette lettre, il ne faisait pas même mention de celle que l'empereur lui avait écrite, et il envoyait au clergé russe, qu'il reconnaissait comme ayant seul le droit de fonder un synode, le règlement de l'Eglise orientale. Il lui prescrivait même, à titre de chef religieux, de ne point «'('carier de ce règlement (2).

Dès cette époque, l'Église de Russie est rentrée, par l'établissement de son synode dirigeant, dans la confédération ecclésiastique de l'Église universelle byzantine ou d'Orient.

Trente ans plus tard, c'est-k-dire en 1752, l'Église de Constantinople avait, pour des raisons spéciales, introduit l'usage de rebaptiser les chrétiens des autres communions qui entraient dans son sein.

Toutes les Églises byzantines avaient également adopté cette mesure pour les mêmes motifs ; mais la Russie, qui n'en avait aucun pareil, continua de garder,

(1) Sans prétendre aucunement nous ériger en scrutateur des pensées d* autrui^ nous croyons que lorsque, dans sa profonde sagesse, Napoléon III nomma dernièrement le pape président de la confédération Italienne^ il s'était rappelé Tinstitution de eo synode dirigeant et avait pressenti le bien immense qu'une institution identique ferait un jour à toute la chrétienté.

(2) Lettre du patriarche Jérémie au synode dirigeant de Russie.

pour l'admission des chrétiens séparés qui voulaient rentrer dans l'orthodoxie, l'ancien usage de VÉglise orientale, c'est-à-dire de ne pas les rebaptiser. Or, cette différence de discipline existe et se pratique chez elle jusqu'à présent sans le moindre scandale (1).

De même, d'après la discipline générale de rÉglise byzantine, l'usage du poisson est sévèrement défendu pendant tout le carême et tous les mercredis et y&or dredis du reste de l'année; cependant, en Russie, à cause de la naUire du pays, il était absolument nécessaire de permettre l'usage du poisson, surtout à quel* ques populations et à quelques couvents du nord de cet empire. Donc, le synode dirigeant de Saint-Pétersbourg ne s'était pas cru dans le droit de modifier cette discipline, malgré les raisons plausibles qu'il avait, mais il s'était adressé à l'Église présidentielle de Constanti*nople, qui lui accorda cette autorisation exceptionnelle, vu le cas de nécessité.

En 1849, le patriarche de Constantinople avait pu^ blié une circulaire par laquelle il imposait à tous les chrétiens byzantine de couvrir les morts pendant les convois funèbres, prétendant que c'était là une ancienne discipline de l'Église; mais quoique cette modification eût été introduite dans la juridiction du patriarche, ni la Russie, ni aucune des autres Églises orientales ne s'étaient cru obligées de l'admettre. Le patriarche

(l) Maintenant que les raisons politiques qui, en 1752, avaient provoqué la disposition de rebaptiser les hérétiques et les schismatiques n'existent plus en Orient, toutes ees Eglises s'occupent de la supprimer.

même d'Alexandrie, Jerothée, manifesta qu'il garde** rait, dans les paya placés sous sa juridiction, la discipline' contraire consacrée par Vusage, et il Ta réellement fait (l).

Il faut de même faire observer que, quoique le trône patriarcal de Gonstantinople, pour des motifs bien connus, ne fut malheureusement pas toujours occupé par des Pbotius, des Genadius ou des Samuel, néanmoins,^ dans les questions générales et graves, l'Église byzantine donna le plus souvent de| très* frappants exemples de son indépendance séculaire. Aussi, lors^ qu'en 1854 la Sublime-Porte ordonna au patriarche de Gonstantinople , Antbimus YI, de proclamer que la « Russie s'était séparée de son Église et avait intro* u duit dans le culte des innovations étrangères aux tt doctrines de l'Église byzantine, » malgré la force des circonstances de la guerre qui existait à cette époque entre la Russie et le sultan, le patriarche œcuménique répondit « qu'une telle sépai^ation de l'Église de Russie a de celle de Gonstantinople n'existe point, que l'iden- « tité parfaite dans Texplication des dogmes continue « toujours à exister dans ces deux pays, et que, quant tt a lui, il donnerait plutôt sa démission que de pro^ « clamer le contraire (2). »

Que les défenseurs de l'autocratie papale nous disent quel est, depuis Octavien , le souveraine-pontife qui ait jamais osé faire un pareil refus, non pas à son despote

(1) Voyez VEglise Orientale^ V^ partie, p. 105. (t)Id., !!• partie, p. 7î.

TEglise du royaume de Grèce proposa, en 1849, de ré^ gler de nouveau les points de ces relations entre toutes lesËglises confédérées d'Orient. L'archimandrite Apof^ tolidës, professeur de théologie à l'université d'Athènes , fut envoyé à cet effet auprès de toutes les. Eglises byzantines. Il vint à Constantinople pour arrêter les nouveaux statuts de l'ancienne confédération ecclésiastique de l'Eglise orthodoxe en 1850, sous le nom de . Tiynie synodique, et pour passer ensuite en Russie dans le même but. Mais quelques méfiances s'étant manifes^ tées de la part de l'Eglise de Grèce, à cause de l'égoisme de quelques évéques de Constantinople, peu s'en fallut que ce projet n'avortât : les autres Eglises confédérées étant intervenuest toutes les difficultés fu« rent aplanies,

Tel fut dans son origine et tel est encore aujourd'hui le système administratif de l'Eglise universelle byzan^ tine, ou orientale.

Les Eglises qui composent maintenant cette confédération ecclésiastique sont ; celte de Constantinople, celle d'Alexandrie, celle d'Antioche, celle de Jérusalem, celle de l'Empire russe, celle du royaume de Grèce, celle du Monténégro, celle de la République ionienne, celle des principautés Danubiennes, celle de Servie et celle de Carlovitz, en Autriche.

Toutes ces Eglises reconnaissent pour chef spirituel de leur confédération le patriarche œcuménique de Constantinople , mais elles ont chacune leur administration séparée , suivent , chacune, leurs coutumes na-

tiooales et leurs formules rituelles, et règlent leur ad-« miniatratioa comme chacune d'elles Veatend, sans que l'une puisse prétendre imposer ses usages aux autres.

Tout ce que nous avons exposé dans les chapitres précédents de ce livre, tout ce que l'histoire avoue et tout ce que tout le monde connaît constate évidemment que le système administratif de TÉglise romaine est absolument le contraire. La forme de l'administration est monarchique absolue, elle domine les autres, et exige d'elles,en despote autocrate , une entière obéis** sance a ses ordres et à ses caprices.

Sans doute ce système de l'administration de l'Eglise romaine s'est tout à fait identifié en Occident avec la religion ; les Eglises, les peuples et les souverains s'y sont tellement habitués, que tout le monde a fini par croire que la religion ne peut exister sans le despotisme arbitraire; qu'on ne saurait être chrétien, évêque, prêtre ou souverain, sans être esclave de l'autocratie romaine. Aussi le système constitutionnel et fédératif des Eglises orientales paraîtrait incompréhensible aux chrétiens de l'Occident. Mais les faits n'ont pas besoin de preuves; l'histoire des premiers siècles de l'Eglise universelle, ainsi que celle des deux Eglises , byzantine et romaine, est là, et nos lecteurs n'ont qu'à se donner la peine de la consulter : nous sommes sûr qu'après qu'ils seront dûmenW convaincus de tout ce que nous avançons, ils avoueront avec nous que , depuis la séparation des deux Eglises et l'envahissement de celle de l'Occident

TEglise du royaume de Grèce proposa, en 1849, de régler de nouveau les points de ces relations entre tt^utes les Eglises confédérées d'Orient, L'archimandrite Apo»tolidès, professeur de théologie à Funiversité d'Athë^ nés , fut envoyé a cet effet auprès de toutes les. Eglises byzantines. Il vint à Gonstantinople pour arrêter 1^ nouveaux statuts de l'ancienne confédération ecclésiastique de TEglise orthodoxe en 1850, sous le nom de . Tome synodique, et pour passer ensuite en Russie dans le même but. Mais quelques méfiances s'étant manifes^ tées de la part de l'Eglise de Grèce, à cause de l'é^ goïsme de quelques évêques de Gonstantinople, peu s'en fallut que ce projet n'avortât : les autres Eglises confédérées étant intervenues, toutes les difficultés fu« rent aplanies,

Tel fut dans son origine et tel est encore aujourd'hui le système administratif de l'Eglise universelle byzan^ tine, ou orientale.

Les Eglises qui composent maintenant cette confédération ecclésiastique sont ; celte de Gonstantinople, celle d'Alexandrie, celle d'Antioche, celle de Jérusalem, celle de l'Empire russe, celle du royaume de Grèce, celle du Monténégro, celle de la République ionienne, celle des principautés Danubiennes, celle de Servie et celle de Garlovitz, en Autriche,

Toutes ces Eglises reconnaissent pour chef spirituel de leur confédération le patriarche œcuménique de Gonstantinople, mais elles ont chacune leur administration séparée, suivent, chacune, leurs coutumes na-

tiooales et leurs formules rituelles, et règlent leur ad-« miniatratioa comme chacune d'elles Veatend, sans que Tune puisse prétendre imposer ses usages aux autres.

Tout ce que nous avons exposé dans les chapitres précédents de ce livre, tout ce que l'histoire avoue et tout ce que tout le monde connaît constate évidemment que le système administratif de l'Eglise romaine est absolument le contraire. La forme de l'administration est monarchique absolue, elle domine les autres, et exige d'elles,en despote autocrate , une entière obéis** sance a ses ordres et à ses caprices.

Sans doute ce système de radministration de l'Eglise romaine s'est tout à fait identifié en Occident avec la religion ; les Eglises, les peuples et les souverains s'y sont tellement habitués, que tout le monde a fini par croire que la religion ne peut exister sans le despotisme arbitraire; qu'on ne saurait être chrétien, évêque, prêtre ou souverain, sans être esclave de l'autocratie romaine. Aussi le système constitutionnel et fédératif desEglises orientales paraîtrait incompréhensible aux chrétiens de l'Occident. Mais les faits n'ont pas besoin de preuves; l'histoire des premiers siècles de l'Eglise universelle, ainsi que celle des deux Eglises , byzantine et romaine, est la, et nos lecteurs n'ont qu'à se donner la peine de la consulter : nous sommes sûr qu'après qu'ils seront dûmenW convaincus de tout ce que nous avançons, ils avoueront avec nous que , depuis la séparation des deux Eglises et l'envahissement de celle de l'Occident

par les Romanistes, celle-ci» quoique politiquement libre et souveraine, a perdu toutes ses libertés, ainsi que tous les principes constitutifs du Christianisme. L'Eglise byzantine, au contraire , quoique politiquement esclave, les conserve inaltérées et telles qu'elle les a reçues des apôtres. C'est pour cela que depuis leur séparation, le passé appartient à l'Eglise romaine, qui s'est identifiée avec les mœurs envahissantes et les principes despotiques du moyen âge; mais l'avenir appartient k l'Eglise byzantine , laquelle a eu en tout temps pour programme de ses principes constitutifs la devise des peuples civilisés: liherié^ égalité, fra(erni(é!.,.

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