VI PREFACE
] récrits en espagnol ou en italien, et ne met ' au*un moment à côté d'eux les vieux essais du roman antique.
Le chef-d'œuvre de Rabelais, étant tout personnel et aussi bien sans ancêtres que sans descendance, reste, bien entendu, en dehors de tous les cadres ; mais, à part ce formidable éclat de bon sens, de gaîté, de raillerie, de gravité et de merveilleux style, — dont nous sommes peut-être aujourd'hui, avec la reculée du temps et le mûrissement de la postérité, meilleurs juges et plus justes admirateurs que ne le fut son propre temps, qui ne lui a pourtant marchandé ni reloge ni le succès, — il faut dire qu'entre le vrai cycle poétique du moyen âge français qui , depuis Constantinople jusqu'à l'Islande, a été le maître, le modèle et le fournisseur du monde littéraire européen encore plus que ne l'a été depuis notre grande et saine école de Louis XIV, et de l'autre côté les romans quintessenciés ou bourgeois du xvn* siècle, l'histoire littéraire de la France ne présente pas de romanciers n'étant pas des conteurs, autres que l'auteur du Petit Jehan de Saintré, celui des Quinze jqyes et celui de Jean de Paris,
Il n'avait pas de grandes prétentions; en réalité son œuvre était, pour l'écrivain comme pour ses premiers lecteurs, la distraction de quelques heures, une œuvre intime maigre sa qualité royale, en un mot