PREFACE. XXXVII
presque considérable en face ^u silence complet de La Croix du Maine.
Est-il besoin d'ajouter combien il serait naturel que l'ouvrage ait été écrit à Lyon, même par quelqu'un d'étranger au pays par sa naissance, lorsqu'on songe combien ont été fréquents et longs les séjours d'Anne \ de Bretagne dans cette ville, où elle a fait 1 autre chose que passer, où elle a réellement vécu ? La raison de sa préférence était le voisinage des Alpes, et c'est là qu'elle a demeuré le plus souvent pendant les guerres d'Italie, pour avoir aussitôt que possible des nouvelles de Charles VIII, et ensuite de Louis XII. Sa maison et la cour même y étaient avec elle, et, par suite, il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'un de ses familiers ait pensé à l'y distraire des inquiétudes de l'attente en écrivant pour la reine une de \ ces œuvres où le déguisement de la per- ^ sonnalité^ en se dérobant et en grandissant sous le voile complaisant d'une fiction de roman, ne peut manquer de plaire à la personne à laquelle on s'adresse. En tout cas, si c'est par nasard que Jean de Paris et la ville de Lyon se trouvent ainsi associés l'un à l'autre dans une certaine mesure, il n'en est pas moins vrai que le fait matériel était assez réel pour mériter d'être signalé. Un dernier rapprochement, et j'aurai fini. Il y avait à la vente du roi Louis- Philippe, sous le numéro 1 304, un manuscrit qui était un abrégé en prose du roman de Tristan. Il était de Sala, clerc de
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la chambre de François I", qui l'avait signé.
n vous plaira d'excuser rescripvain,
Vostre Sala, très-humble en vostre chambre,
Qui vous requiert que de lui vous remembre.
Est-ce le même que le Pierre Sala des Hardiesses de divers rois? Le fait de cet abrégé de roman, dont il deviendrait curieux d'étudier le style, serait alors tout à fait important.
\ Serait-ce donc le nom de Pierre Sala \ qu'il faudrait mettre sur Jean de Paris, ce qui lui donnerait pleinement droit de cité dans Tiiistoire littéraire, pour avoir écrit une aussi \o\iq nouvelle? Une étude, fciite dans ce but, sur les Hardiesses de divers rois et sur Y Abrégé de Tristan^ une poursuite dans les Comptes des faits et des dates relatifs à Sala, mettraient seules à même de se faire là-dessus une opinion.
Ce qui est possible, c'est, après avoir entrevu au dernier moment la possibilité de la supposition, de ne pas s'en taire, mais de se borner à l'exprimer, sans la défendre et sans y croire, dans l'espérance que la question posée pourra recevoir d'un autre une réponse,