‹ Le romant de Jehan de Paris, roy de FranceChapitre 9 sur 40 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

la grande église. Aux premiers qui débouchent on s'attend à voir arriver Jean de Paris, mais ce ne sont que ses fourriers.

On leur offre ce qui peut leur être nécessaire de linge, de vaisselle et de tapisserie ; mais ils n'ont besoin de rien, et préparent les logis comme pour une armée.

On le voit, on ne peut mieux poser une situation, mieux exciter la curiosité et l'intérêt. A partir de là, le nœud et la valeur du roman reposent sur une seule scène, toujours la même et cependant toujours inattendue^ dont la répétition et la variété renouvelle incessamment l'intérêt. Il y a là, sous une apparente naïveté, une grande habileté littéraire; car l'histoire, sans jamais finir et sans paraître avancer, augmente, à chaque répétition, de force et d'intérêt.

A chaque fois que recommence une nouvelle troupe, tout le monde croit voir arriver Jean de Paris, qui n'arrive jamais. Ce ne sont, toujours par vingt-cinq,queleschariots de la tapisserie , ceux de la cuisine, ceux des robes, ceux de la vaisselle, c'està-dire ce qui est nécessaire aux grands offices d*une maison royale, escortés de deux cents hommes d'armes, et, après un entr'acte nécessaire pour raviver la surprise, les archers de la garde, deux mille d'aoord, suivis de deux mille autres, puis les cent pages d'honneur, puis le grand écuyer en tête de six cents hommes d'armes.

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