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LES ESSAIS SELON QUELQUES NOUVEAUX GUIDES

Ce son n’est pas celui qui vibrait dans les Contes d'Espagne » : voilà tout ce dont Musset se sent assuré au début de 1830 (18). Du coup, Byron, que pourtant il continue d'aimer (19), lui devient suspect. L’exemple de l’Anglais ne Pa-t-il pas poussé à cette démesure qu’il condamne? N’a-t-il pas retrouvé, avec impatience (20), dans presque tous les comptes rendus des Contes d’Espagne, cette insinuation qu'il avait adapté Don Juan à la mode française? C’en est assez pour qu’il cherche ailleurs son inspiration. Mais où? Jusqu’à présent, chaque fois qu’il a composé quelque poème, Musset sentait un guide devant lui : Hugo, Chénier, Byron. Contraint de pousser plus avant, sans le secours de ce dernier, il dut éprouver un temps ce sentiment de vertige que bien des poètes ont connu. Rappelons-nous Corneille, obligé par ses ennemis à rééditer, sans Guilhem de Castro, le coup de génie du Cid. I] tergiversa trois ans, et chercha dans Tite-Live, que dis-je? dans le Cid même, le modèle qu’on lui refusait. Encore, ne manquait-il ni d’expérience, ni de maturité. Musset lui, n’a pas vingt ans. Aussi dut-il se tourner vers de nouveaux guides possibles.

(16) La première livraison du Spectacle, parue à la fin de décembre 1832, et la Dédicace à Tattet.

A7) Non qu’il ait fermé l'oreille aux conseils qu’on Jui donnait, mais il voulait ne s’affilier à aucune secte. N’écrivait-il pas à son frère, le août 1831 : « Ils disent tous que je suis converti. Converti à quoi? S’imaginent-ils que je me suis confessé à l’abbé Delisle ou que j’ai été frappé de la grâce en lisant Laharpe?… Bagatelle pour bagatelle, J'aimerais encore mieux recommencer les Marrons du Feu et Mardoche. »

(18) Cf. la lettre à l’oncle Desherbiers.

: (19) La preuve en est que, plus tard, il se rapprochera à nouveau de PAnglais (avec La Coupe et les Lèvres, 1832.)

DL De 1à ses protestations de la « Dédicace ». (Cf. Poésies, I, P. :

Précisément, on a découvert dans ses papiers (21) un certain nombre de fragments inspirés de quelques modèles. Ils remontent, sans doute (22), à cette période d’hésitations. On y relève, en effet, une docilité que Musset, en possession de son génie, ne connaîtra plus. Mais une certaine maîtrise permet de les situer, avec plus d’exactitude (23), entre les Contes et le Spectacle. C’est l'opinion de tous les Mussetistes avertis, et notamment de M. Allem, dont l’avis fait autorité en la matière.

Une demi-incertitude subsiste pourtant; surtout pour Pun de ces fragments, intitulé le 8 Mai 1814 (24). L'influence de Victor Hugo y apparaît à plein

Ce fut un triste jour : les soldats de l’Empire Comme des peupliers se penchaient sans rien dire. Oh! la froide Russie aux éternelles neiges!

C'était d’un autre pas que marchaient ces cortèges Où l’homme au manteau gris leur servait de drapeau... Son sceptre était de fer, mais c'était une épée! La Seine est trop paisible à qui passa le Rhin. Si du temple de gloire hérite Magdeleine, Amis, les aigles noirs de la colonne reine Vont fermer leurs ailes d’airain.

Oh! c’est qu’à ce grand peuple il fallait sa grande âme... Maintenant dans leur cœur tout est désert et vide C’est que tout grand vaisseau veut l’aquilon pour guide, Toute main ferme un gant d’acier.

Nul disciple n’a serré le maître de plus près; même souci de l’évocation historique, même frisson bonapartiste (25), même balancement de l’antithèse, même sonorité de la forme. Pareille similitude atteste une maîtrise que Musset ne possédait pas avant 1830. Mais ce petit pastiche apparaît alors isolé. Rien à cette date, dans l’œuvre d’Alfred (26), ni dans

(21) Et l’on a publié depuis quelques années, soit dans le volume des Œuvres Complémentaires, livré au public en 1910 par M. Maurice Allem, soit dans diverses revues.

(22) La plupart de ces fragments ne portent pas de date précise; beaucoup même n’en ont aucune.

(23) D’autant mieux que certaines de ces influences (celle d’Ossian, notamment) se retrouvent dans d’autres poèmes datés avec précision.

(24) Ce poème se trouve dans les Œuvres Complémentaires. (De M. Maurice Allem, Paris, 1910.) Il avait déjà été publié auparavant par les soins de Paul de Musset (novembre 1859).

(25) Frisson qui ne saisit Victor Hugo qu’à partir de 1827, dans l’Ode à la Colonne. Encore était-ce là une manifestation unique, déterminée chez le poète par l'attitude de l’ambassadeur d'Autriche Apponyi. L’admiration d'Hugo pour l'Empereur n’éclatera pleinement qu’à partir de 1830. Il y a là une raison de plus de considérer que ce poème du « 3 Mai 1814 » fut composé après les Contes d'Espagne.

(26) Du moins dans l’œuvre que Musset publia de son vivant.

ses inédits, ne révèle l'influence de Victor Hugo. Une hypothèse se présente alors à l’esprit. Ne serait-ce pas le jeu d’un moment? Une gageure destinée à faire sourire ses amis du groupe Tattet? La chose n’aurait rien de surprenant. Quoi qu'il en soit, Alfred ne s’essaya jamais plus à faire ainsi du Victor Hugo.

Ossian, par contre, exerça sur lui (27) une influence plus durable. Nous l’apercevons dans deux essais. L'un a été publié dernièrement par M. Maurice Allem (28). C’est l’Oubli des Injures (29), une série de fragments, une sorte de Saule plus incomplet. Le dessin du poème ne se dégage pas, ni même l'intrigue. Il devait s’agir d’une histoire de vengeance; on ne sait rien de plus. Pourtant, le poète y a travaillé avec obstination : certains passages se présentent sous deux ou trois versions (30). Puis, il s’est arrêté, soit découragement, soit qu’à la longue son sujet ne le passionnât plus. Et nous gardons seulement ces quelques motifs. Aussi bien suffisent-ils à nous renseigner sur l'inspiration du moment. Le poème se déroulait à une époque fort reculée (31), moyen âge ou siècle plus primitif encore. Autrefois, dit Musset

Autrefois le pardon fut connu des humains, L’offenseur demandait grâce pour son offense; L’offensé l’accordait, et Dieu joignait leurs mains (32).

Mais ces temps sont passés. Le héros de l’aventure n’aspire qu’à se venger. Il s’adresse à son arme favorite :

A moi, vieux florentin! Viens, que ta froide lame

Glisse sur mon sein nu : tu m’éveilleras mieux

Que des vins sans chaleur ou que des cris de femme; Viens sur mon cœur, et là, reste silencieux.

Nous sommes offensés! —— Offensés, vas-tu dire?

Oui, par Brenna (33), le jour où tu m’abandonnas; L’outrage fut cruel et suivi d’un sourire;

Je frappai ma poitrine, et ne t'y trouvai pas.

(27) Et à la même époque, entre 1830 et 1832.

(28) Dans le Manuscrit autographe. (Chez Blaizot, numéro de septembre-octobre 1927.)

(29) Le titre même sonne comme une exception dans l’œuvre de Musset.

(30) Et voilà encore qui fait justice de la légende de Musset incapable d'effort technique.

(31) Mais que le poète, dans les fragments qui nous sont parvenus, ne songe pas à préciser.

(32) Sans doute la répétition des mots : offense, offenseur, offensé, choqua-t-elle le poète. On lit dans la seconde version Quand Dieu joignait leurs cœurs et le prêtre leurs mains, Le pardon d’une offense était connu jadis.

(33) Il ne s’agit point ici d’une invocation. Brenna est l’adversaire de Renaud, le héros du poème,

Cette mentalité de primitif, les noms des personnages (34), la mythologie qui apparaît parfois. (Renaud ne jurera-t-il pas, tout à l’heure, par « Eblis », esprit vengeur?), tout dit l'influence d’Ossian. Déjà, dans le poème du 3 Mai 1814, Musset écrivait, à propos de Louis XVII

Tel un pâtre, héritier de la harpe d’un barde (35).

Donc Alfred lit alors les poèmes de Macpherson. Le cadre où Renaud rencontre son adversaire paraît, à cet égard, plus révélateur encore :

L’ouragan nuit et jour sur une eau désolée

Bat cette âpre forêt qui pend échevelée.

De loin elle ressemble à ces grands éperviers

Qu’on voit se balancer au vent. (36).

Jamais en aucun temps, jamais bois plus funèbres N’ont sur une eau plus morte épaissi leurs ténèbres. Rien ne bouge à l’entour, si ce n’est par instant

Des hérons voyageurs qui pêchent dans l’étang,

Ou quelque proie horrible au revers d’un roc sombre (37). Son ombre, c’est la nuit; et son soleil, c’est l’ombre.

Poésie embrumée, secouée de passions à demi-sauvages, et qui évoque de sinistres paysages. L'influence d’Gssian apparaît ici manifeste. Elle domine encore un autre fragment de l’époque, Rolla et le grand-prêtre (38). Ce titre trahit les hésitations du poète : le grand-prêtre, et nous nous sentons encore en plein romantisme ossianique; Rolla, et voici que s'annonce la poétique de demain. Il s’agit d’un dialogue. Le vieillard s’efforce de calmer Rolla, déjà découragé comme son futur homonyme (39) :

Mon fils, pourquoi toujours chercher la solitude? Ne viendras-tu jamais, aux premiers feux du jour, Quand notre dieu paraît pour commencer son cours, Contempler avec nous le soleil et sa gloire?

As-tu donc oublié tes frères plus heureux,

Et les travaux du jour, les combats et les jeux,

Le tranquille bonheur de nos belles campagnes

Et le repos du soir auprès de nos montagnes?

{34) Renaud, dont le nom évoque des souvenirs épiques; Brenna, aux consonances nordiques.

(35) C’est 1là encore une raison de plus d’admettre que le 3 Mai 1814 fut composé, lui aussi, entre 1830 et 1832.

(36) Le manuscrit du poète est ici difficile à suivre; on croit dire :

Au vent, sur les graviers.

(37) Ce vers encore est très difficile à lire sur le manuscrit.

(38) Publié par M. Maurice Allem dans la Minerve française du 1° décembre 1919.

(39) Sans doute le nom de « Rolla » éveillait-il chez Île poète une impression de jeunesse et de détresse à la fois.

L’atmosphère reste la même que tout à l’heure (40). Laisse en ces rocs déserts mourir un malheureux.

répond Rolla. Car, dans cette pierraille, ïl cache son tourment (41); cœur romantique qui souffre de la solitude morale, qui se nourrit de la souffrance, par là-même la nourrit, et appelle de tous ses vœux la délivrance, c’est-à-dire la mort. Ce Rolla sent et parle comme Musset

Bonheur, plaisir, repos sont passés sans retour, Et j'ai tout désappris, tout, excepté l’amour.

Avec cela, dès qu’il évoque les souvenirs de sa jeunesse, l’homme du xix° siècle et ses goûts et ses inquiétudes (42) apparaissent

Oui, quand j'étais Rolla, j'aimais le poids d’un glaive… Jamais Rolla, de fleurs n’a su parer sa tête;

Mais quand léclair brillait, quand Vhorrible tempête Faisait gronder les vents et gémir les forêts,

Lorsque l’homme avait fui (43) sous le feuillage épais, Alors je gravissais le sommet des montagnes

Et d’un roc élevé, regardant les campagnes,

Je souriais de loin au tableau destructeur.

Mon âme s’élançait jusqu’à son créateur (44).

Je confondais ma voix aux échos du tonnerre,

Des éléments entre eux je contemplais la guerre,

Et le roi des forêts, fuyant épouvanté,

Me prenait, en passant, pour sa divinité.

Cet amoncellement de rocs au sommet desquels la silhouette de Rolla s’immobilise, ces hommes tremblant de peur, ces hordes d'animaux sauvages, cet ouragan qui soudain enveloppe la terre : c’est encore un souvenir d’Ossian. Et l'influence fut plus profonde qu’on ne le dit communément. Rappelons-nous, dans le Saule (45), le vieux manoir écossais de la famille Smolen, le château de Tiburce, et le paysage où ils s'élèvent, non loin de la mer; enfin l’invocation à

(40) Pénétrée d’un paganisme assez incertain et du sentiment de la nature.

(41) Du repos! des plaisirs! j’aime mieux ces forêts; Sous leur abri touffu, je puis souffrir en paix.

(42) Par exemple : le goût de îla solitude, le vague sentiment religieux, l’orgueïl humain dressé face aux éléments déchaînés.

(43) Cette différence même d’attitudes entre Rolla et les autres hommes permet de discerner ce qu’il y a de byronien dans le caractère du personnage.

(44) Il y a là encore une antithèse à remarquer; entre le paganisme que révélaient les discours du grand-prêtre et cet élan vaguement mystique.

(45) Ecrit et publié dès 1830.

l'étoile, inspirée indiscutablement de Macpherson (46). Quelques mois plus tard, en 1832, ce sera encore l’Invocation qui précède La Coupe et les Lèvres (47) : les Chœurs des Montagnards qui éclatent sur la scène (48), et tout ce Tyrol, si pareil à l’Ecosse, « terre d'hommes errants et de daims en voyage », de montagne, de demi-pauvreté, de gibier et de chasse, éclairée d’ « un pâle soleil », étoilée de « lacs vaporeux »; la lande y règne où Franck n’a trouvé comme proie que les ronces et les bruyères (49), chères à Macpherson. Quiconque fait ces rapprochements, se voit contraint de reconnaître qu’il y eut alors, dans l’inspiration de Musset, ce que nous appellerons l’heure ossianique, ou mieux l’heure écossaise; car, au même moment, Alfred relit aussi les romans de W. Scott, et s’en pénètre assez pour leur emprunter lintrigue de la Quittance du Diable. Sous cette double influence, surtout sous celle d’Ossian, nous voyons, pendant un temps, Musset s’attacher aux descriptions de la nature, célébrer le charme des paysages du Nord et proclamer, en s’adressant au Tyrol :

Pauvre hôtesse, ouvre-moi. Tu vaux bien l'Italie, Messaline en haïllons, sous les baisers pâlie, Que tout père à son fils paye à sa puberté... Je t'aime. Ils ne t’ont pas levé ta robe blanche. Tu n’as pas, comme Naple, un tas de visiteurs, Et des ciceroni pour tes entremetteurs (50).

Enfin, nous l’entendons, lui, le Parisien, exalter la campagne aux dépens des cités :

Oui, la liberté meurt sur le fumier des villes.

Oui, vous qui la plantez sur vos guerres civiles,

Vous la semez en vain, même sur vos tombeaux;

Il ne croît pas si bas, cet arbre aux verts rameaux (51).

Cette influence a donc, pour un temps, transporté Musset hors de lui-même; et elle a laissé en lui quelques traces plus durables. Dans le paysage familier du poète, ce paysage d'Ile-de-France, avec quelques coups de lumière italiens (52),

(46) Peut-être à travers la traduction de Baour-Lormian. Mais la source première reste la même.

(47) Il s’agit du poème liminaire de La Coupe et les Lèvres : Invocation.

(48) Dès le début du premier acte de La Coupe et les Lèvres (scène 1).

(49) Cf. La Coupe, I, 1 Moi, je n’ai rien tué; la ronce et la bruyère Ont déchiré mes mains...

(50) Invocation.

(51) Ibidem. Dans Brandel, par contre, le poète n’hésitera pas à chanter la grandeur des villes.

(52) Celui des Marrons du Feu et que nous retrouverons dans À quoi révent les jeunes filles et dans la plupart des comédies et dans les Nuits.

un détail vient toujours rappeler son enthousiasme écossais : les bruyères. Pas de description de sous-bois ou de sentiers sans qu’elles apparaissent : la biche poursuivie par le chasseur en rêve dans la Nuit de Mai (53), l’adolescent de la Nuit de Décembre se promène sur un champ de bruyère (54). Les enfants du. laboureur, dans la Lettre à Lamartine, courent cacher leur effroi dans la bruyère (55). La Muse d'Octobre ne placet-elle pas sur la bruyère la scène des amis trinquant à la joie? (56) Et la forêt de Franchart ne s’en emplit-elle pas pour en parfumer le Souvenir? (57) Mais, en dépit de ces échos, l'influence directe de Macpherson sur Alfred ne s’est pas prolongée longuement : née comme toujours d’une découverte, elle s’est traduite, un temps, dans une admiration exclusive et a dominé les œuvres du moment. Mais cette admiration, essentiellement intellectuelle, ne mord ni sur son cœur, ni sur sa personnalité (58). De là, quand il suit son modèle de très près, une certaine froideur; de là aussi, quand il verse un peu de lui-même dans les vers ainsi inspirés, le conflit que nous signalions en lisant Rolla et le grandprêtre. Or, fatalement, avec les années, ce cœur et cette personnalité se font plus impérieux (59). Voilà pourquoi le 3 Mai 1814, pourquoi les Essais ossianiques n’ont jamais été publiés de son vivant. Ils n’en comportent pas moins deux enseignements : le premier s’adresse à la critique. Pour le comprendre, il suffit de lire l’Oubli des Injures, tel que l’a reproduit le Manuscrit autographe (60); de voir les ratures qui surchargent le texte; de retrouver là des sentiments, des formules repris ailleurs par le poète (61); l’on reste convaincu

(53) 1835. Cf. Poésies, II, p.102.

(54) 1835. Cf. Poésies, II, p. 119.

(55) 1836. Cf. Poésies, II, p. 132.

(56) 1837. Cf. Poésies, II, p. 169.

(57) 1841. Cf. Poésies, II, p. 256.

(58) C’est surtout à son imagination qu’elle s’impose, en lui appor-

tant soit le sujet sur lequel elle brode, soit le cadre des intrigues qu’elle construit.

(59) Pour deux raisons; d’abord, à partir de 1830 et jusque vers 1840, la conviction s’impose à lui qu’il n’y à pas de poésie vraie sans sincérité totale; ensuite, la vie lui apporte une matière de réflexions sans cesse plus riche.

(60) Numéro de septembre-octobre 1927. IL y à là une reproduction photographique intégrale du manuscrit.

(61) Ainsi Renaud raisonnant sur son malheur, s’écrie (deuxième fragment)

J’en suis sans aucun doute à l’instant redouté

Où le génie humain rencontre la folie;

Ils luttent corps à corps, sur un roc escarpé,

Où le génie arrive après un long voyage,

Et sur le haut duquel son ennemi l'attend;

Is y montent tous deux, mais un seul redescend.

Or, on lit dans un des fragments en prose retrouvés dans les papiers du poète : « Tous ces hommes tourmentés par le génie ont eu leur crise.

que Musset était capable de travailler longuement de son métier. Souvenons-nous que certains vers de Brandel repasseront dans La Coupe et les Lèvres, que pour cette dernière pièce, il existe nombre de variantes, dont certaines contiennent des vers qui reparaîtront dans Rolla (62). N’en est-ce pas assez? Quant à l’autre de ces enseignements, Alfred dut l’enregistrer le premier; il s’aperçut alors qu’à marcher dans les pas de quelque devancier, il ne ferait jamais œuvre qui le satisfasse. Dès lors, fermant les livres d’autrui, il écouta parler ses sentiments.

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