Bett., I
Beethoven au cours d’un premier séjour à Vienne, qui aurait eu lieu en 1804 (°). Il serait alors séduisant d’imaginer que Brentano ait pu entendre la Symphonie Héroïque chez le prince Lobkowitz et qu’il ait cherché à l’interpréter poétiquement dans une pièce intitulée Symphonie; six strophes, plus tard intercalées dans Gustave Wasa, célèbrent un musicien dont l'art fait jaillir des tombeaux les esprits qui par leur danse et leurs chants engendrent une œuvre musicale grandiose (”). Cette supposition ne repose en vérité que sur une interprétation arbitraire de la pièce de vers. C’est une base trop fragile pour qu’on puisse la retenir ($). Mais il est infiniment probable que, dès ce moment, Beethoven n’était pas inconnu de Brentano, ne serait-ce que par Sophie Mereau, qu’il avait épousée en 1803 et dont Beethoven avait mis en musique le Feuerfarb dès 1793 (°). D’autre part, c’est de cette époque que date le début des relations de Franz Brentano et de sa jeune femme Antonie Birkenstock, à Vienne, avec Beethoven (!°).
Il est probable que, par l’intermédiaire de son frère et de sa belle-sœur, Brentano aura, par la suite, obtenu des renseignements sur le mode d’existence de Beethoven et sur son caractère. Il n’a certainement pas ignoré la visite que fit Bettina à Vienne en 1810, sa rencontre avec Beethoven et l’impression profonde que le musicien produisit sur la jeune fille.
En 1810, la mort de la reine Louise de Prusse inspire à Brentano une cantate. Le 10 janvier 1811, il adresse son œuvre à sa belle-sœur à Vienne en l’accompagnant d’une lettre où il exprime le désir que l’impératrice ait communication de son poème et en accepte la dédicace (7’). l
On a bien retrouvé dans les papiers de Beethoven la cantate de Brentano. Beethoven songea sans doute à la mettre en musique, car la Bibliothèque nationale de Prusse conserve, parmi les papiers du musicien, deux feuillets d’esquisses d’un morceau de chant où le nom de Louise est inscrit à plusieurs reprises sous la portée et dans la marge (*). Mais la possibilité d’une rencontre du poète et du musicien, à cette époque et à cette occasion, est encore une simple supposition que rien ne vient étayer (°).
. KALISCHER, article cité, 39,
Ges. Schr., II, 346. — KALISCHER, art. cité, 41. . HEININGER, Cl. Brentano als Dramatiker, 12.
. L. Noxx, Beethovens Leben, 1, 235.