‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 106 sur 356 · HEININGER, ouv. cité · texte numérisé non relu

HEININGER, ouv. cité

11. AMELUNG, Beécihoven und die Brentanos (Tägliche Rundschau, P fingstbeilage, 14 Mai 1921).

12. AMELUNG, art. cité. — KALISCHER, att. cité, 42-45. 13. HEININGER, ouv. cité, 12. — AMELUNG, art. cité.

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Pendant l’été de 1811, Brentano et Beethoven ont pu se rencontrer à Teplitz et à Prague. Aucun document, nul témoignage de Varnhagen ou de Rahel ne permettent cependant de conclure qu'ils y soient entrés en relations directes (**).

Toutefois, voici qui prouve que, dès cette époque, Brentano avait sinon une connaissance précise, du moins une certaine conception du génie de Beethoven. Depuis janvier 1811, il faisait partie d’une association plus ou moins occulte fondée à Berlin par des artistes et des écrivains : la Christliche deutsche Tischgesellschaft (%). À une des réunions de la société, il lut une dissertation sur Le Philistin, où il protestait contre le caractère morbide des œuvres de certains romantiques, mais où il cherchait surtout à caricaturer et à ridiculiser les bourgeois, les « philistins ». Parmi les reproches qu’il fait à ces derniers figure celui de considérer Beethoven comme complètement SE OA Cr LR A lusion est trop vague pour qu’on s’y arrête longuement. Mais il n'est pas téméraire de penser que Brentano, estimant les philistins incapables de comprendre Beethoven, reflète la conception romantique de la musique, dont le sens n’est accessible qu'aux Âmes ingénues et poétiques et par le sentiment, non par la raison.

La seule période où il soit absolument certain que Brentano ait été en contact personnel avec Beethoven est celle de son séjour à Vienne, entre juillet 1813 et juillet 1814 (7). C’est évidemment après leur première rencontre, sans doute dans l’automne de 1813, que Brentano, craignant d’avoir produit sur Beethoven l'impression d’un fâcheux, lui adresse une lettre non datée où, en guise d’excuse, il dit reconnaître la nécessité intime de la solitude morale pour une Âme créatrice « qui est fatalement solitaire comme Dieu lui-même, parce qu’elle est omniprésente comme Dieu » (7). La lettre se termine par des protestations d'amour et d'enthousiasme causés par l’audition de la musique de Beethoven, et par l’annonce que bientôt Brentano ira rendre visite à Beethoven et lui remettra « sa muse » pour tel usage qui lui plaira.

Dans ces quelques lignes, l’idée que Brentano se fait de la persounalité de Beethoven est nettement exprimée. Elle n’est d’ailleurs pas en contradiction avec l’indication du Philistin Brentano voit en Beethoven un être plus grand que nature, une

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