AMELUNG, art. cité
15. GUIGNARD, La Vue et l'Œuvre de CI. Brentano, 238. 16. Ges. Schr., V, 426. — GUIGNARD, ouv. cité, 285. 17. AMELUNG, aft. cité. — KALISCHER, art. cité, 59. 18. AMELUNG, art. cité.
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âme véritablement divine que son caractère exceptionnel condamne à la solitude.
Le 8 et le 12 décembre furent données dans la salle de l’Université, au profit des invalides de la bataille de Hanau, deux auditions musicales au programme desquelles figuraient deux œuvres nouvelles de Beethoven : la Septième Symphonie et La Victoire de Wellington. Le 2 janvier 1814, ces deux œuvres sont également jouées dans un concert que Beethoven organise dans la salle des Redoutes (*°). Le 7 janvier, le journal de Carl Bernard, le Dramaturgischer Beobachter, publie cinq poésies de Brentano, intitulées Echos de musique beethovenienne (°°).
La première de ces pièces célèbre la solitude, « fontaine des esprits ». C’est dans la solitude que l’âme devient sonore et s’exprime tout naturellement par la musique. L'artiste s’humilie devant les trésors de son être intime, devant la pauvreté de sa vie, devant la toute-puissance de son effort et se souvient alors de Dieu.
La deuxième poésie invoque Dieu : le ciel et la terre se disputent l'artiste, comment préserver son cœur et les trésors divins qu’il renferme ? Sa plainte est comme une fontaine de flamme qui l'entoure d’une vaste mer (sic). Mais au milieu de cette mer, il prend pied et se dresse, telle la statue sonore de Memnon aux rayons de l’aurore. Les élus sont peu nombreux, mais la musique qui sort de lui invite tous ceux qui entendent à s’approcher.
La troisième poésie compare l'artiste, plutôt qu’à un navire qui flotte sur l’eau en réglant sa marche sur le vent qui souffle, à un esprit dépourvu des sens de l’homme. « Semblable à Dieu, ne sachant et n’exprimant que lui-même, il crée le monde qu’il est lui-même; dans ce monde l’homme pèche, et ce n’était pas sa volonté! Mais tout est réparti, aucun n’a tout reçu en partage, car chaque chose a un maître, seul le Seigneur n’en a pas; il est solitaire et ne sert pas; tel est aussi le chanteur! »
Le début de la quatrième pièce est : « Je ne sais rien de tof, o Wellingthon (sic), mais la vague donne à ton nom une sonorité britannique. » Suit un éloge de l'Angleterre, terre sacrée comme toutes les îles, asile de l’esprit.
La cinquième fait gloire à la fois à Wellington d’avoir remporté la victoire et d’avoir été célébré par une œuvre musicale, et à Beethoven d’avoir, par ses accords merveilleux, fait passer le char du vainqueur par des portes éternellement sonores. La fin proclame : « Wellingthon, Viktoria! Beethoven, Gloria! »