KALISCHER, art. cité
22. « Ich habe diese Lieder eine Stunde ehet Ich in ihre Musik gehe, geschwinde hingeschrieben, später würden sie besser geworden sein, das letzte Lied ist nicht geschlossen, denn Daniels Harfe, Gideons Posaune gehôrt Ihnen, Sie miüssen den hassenden Saul heilen, verzeihen Sie, es ist lauter Liebe und ich werde besser kommen. Ihr Clemens Brentano » (Zbhid., 58-59).
Les deux idées principales à retenir sont celle de la solitude de l'artiste et celle du caractère inconscient de l’inspiration, dont l’origine est extérieure à la personnalité de l'artiste.
On ne sait pas autre chose sur les relations personnelles que Brentano a eues avec Beethoven au cours de l’année qu’il a passée à Vienne.
De retour à Berlin, Brentano fait paraître quelques critiques théâtrales dans la Spenersche Zeitung (**). Cette activité journalistique lui fournit l’occasion de s'occuper encore de Beethoven à l’occasion de la création de Fidelio à l'Opéra de Berlin, le 11 octobre 1815.
Dès le 17 octobre, trois jours après la deuxième représentation, où M°”° Milder-Hauptmann avait pris possession du rôle principal, Brentano, devançant de plus d'un mois son confrère de la Gazette de Voss, publiait sa critique.
Au début de son compte-rendu, Brentano indique la mauvaise réputation qu’on avait d'avance faite à l'œuvre : beaucoup trop difficile, elle exigerait de ses interprètes des efforts surhumains; ce serait d’ailleurs une œuvre de jeunesse, vide et extravagante, qu’à Vienne même on ne donne que rarement. Le soir de la première, il y a eu dans le public clairsemé des malins, venus dans l’espoir de voir Beethoven « se rompre le cou ». Le bruit courait que les interprètes étaient résolus à faire tomber la pièce. Mais la représentation a été magnifique. L'œuvre est certes difficile, car elle exige de ses interprètes d’autres qualités que celles qu’ils sont habitués à déployer dans le répertoire courant. Mais on a pu l’entendre comme si elle était facile, elle a produit une impression de noble et grandiose simplicité, tout a été compris et ressenti. C’est d’ailleurs « le rôle et le triomphe de l'art que d’humaniser ce qui vient d’en-haut ». Il nous transmet un message céleste et nous engage en même temps à lever les yeux vers le ciel. Le solitaire Beethoven doit être remercié pour son œuvre (**). Les interprètes qui ont bien défendu l’œuvre nouvelle ont droit également à des remerciements. S’il était chanteur et qu'il n’eût pas de rôle dans Fidelio, Brentano y chanterait une partie de chœur, de même que, lors de la première exécution de la Bataille de Vittoria à Vienne, des artistes éminents avaient tenu à honneur de figurer dans l’orchestre comme simples exécutants.
Le numéro suivant de la Spenersche Zeitung (19 octobre) contient, en guise de compte-rendu de la deuxième représentation, une poésie de Brentano dédiée à M"° Milder-Hauptmann. Bren-