III. — Rochlitz
Johann Friedrich Rochlitz (‘), ancien élève de la T'homas- Schule et directeur de l’Allgemeine musikalische Zeitung éditée à Leipzig par Breitkopf et Härtel, était assez musicien pour se rendre compte de l’originalité de Beethoven. Les comptes-rendus qu’il a publiés dans sa Gazette le montrent. Mais son contact avec Beethoven ne s’est pas borné à l’audition ou à la lecture de quelques œuvres. En 1822, âgé de cinquante-trois ans, Rochlitz a fait un séjour à Vienne. Il s’y est rencontré à plusieurs reprises avec Beethoven, à qui, s’il faut l’en croire, Breitkopf et Härtel l’avaient chargé de demander une partition de musique de scène pour le Faust de Gœthe, dans le genre de celle qu'il avait composée pour Egmont (°).
Le séjour de Rochlitz à Vienne a duré du 24 mai au 2 août 1822 (*). Malheureusement, les Cahiers de Conversation de cette période, qui ont dû garder trace des entretiens de Rochlitz et de Beethoven, ont disparu. Le seul document important que nous possédions est une lettre adressée de Vienne, le 9 juillet, par Rochlitz à Breitkopf et Härtel. Rochlitz l’a d’abord reproduite dans le récit de son voyage qu’il a publié dans Für ruhige Stunden (1828), puis dans Für Freunde der Tonkunst (‘). I] faut la compléter par deux lettres que Rochlitz écrivit de Leipzig à Haslinger, qui avait, à Vienne, servi d’intermédiaire entre lui et Beethoven : l’une du 10 septembre, l’autre du 28 décembre: x822" (9).
Dans sa longue lettre à Breitkopf et Härtel, Rochlitz raconte trois entrevues qu’il a eues avec Beethoven. On ignore si, postérieurement à la date de cette lettre, ils se sont revus.
Trois jours après son arrivée, Rochlitz exprime déjà à Haslinger le désir de faire la connaissance de Beethoven. Haslinger