‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 118 sur 356 · RATE · texte numérisé non relu

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Beethoven va ensuite rejoindre Rochlitz et l’emmène dans une petite salle où ils pourront causer à l’aise. I] fait l’éloge de Leipzig et des belles exécutions musicales qu’on peut y entendre. Par contre, il se montre très mécontent des Viennois qui ne jouent pas ses œuvres, sont d’ailleurs incapables de les exécuter convenablement et les jugent démodées. Il songe ensuite que Rochlitz habite Weimar, lui demande s’il connaît Gœthe et, sur sa réponse affirmative, exprime une admiration enthousiaste pour le poète avec qui il s’est rencontré jadis en Bohême (°).

Rochlitz saisit alors l’occasion de lui demander, de la part de Härtel, une musique de scène pour Faust, comme il en avait fait une pour Egmont. Cette idée frappe Beethoven et semble lui plaire. Mais il s’excuse en invoquant divers travaux importants qui l’occupent actuellement et en alléguant que, depuis quelque temps, il compose avec moins de facilité (°°).

La troisième entrevue a lieu à Baden. Cette fois, c’est Beethoven qui rend visite à Rochlitz. Il est vêtu avec une véritable élégance, mais au cours d’une promenade dans l” « Helenental », où on rencontre une foule de gens parmi lesquels il peut y avoir de très hauts personnages, il s’avise d’ôter son beau frac noir et de l’accrocher au bout de sa canne qu’il tient sur l’épaule, pour circuler plus à l’aise, en bras de chemise. Il est épanoui, fantaisiste, insouciant et naïf. C’est un bourru bienfaisant qui parle avec respect des maîtres, mais n’admet pas qu’on lui fasse la leçon à propos de ses propres œuvres. Rochlitz constate que cet homme de génie si durement frappé par le sort vit au milieu des rêves que lui inspire son art et a des heures de grande Jjo‘e (°°).

9. « Seit dem Carlsbader Sommer lese ich im Gœæthe alle Tage — wenn ich nämlich überhaupt lese. Er hat den Kiopstock hei mir totgemacht. Sie wundern sich ? Nun lachen Sie? Aha, darüber, dass ich den Klopstock gelesen habe ! Ich habe mich Jahre lang mit ihm getragen; wenn ich spazieren ging und sonst. Ki nun : verstanden hab’ ich ihn freilich nicht überall. Er springt so herum; er fângt auch immer gar zu weit von oben herunter an; immer Maestoso ! Des dur! Nicht? Aber er ist doch gross und hebt die Seele. Wo ich ihn nicht verstand, da riet ich doch — so ungefähr. Wenn er nur nicht immer sterhen wollte ! Das kômmt so wohl Zeit genug. Nun : wenigstens klingt’s immer gut usw. Aber der Gæœthe : der lebt, und wir alle sollen mitleben. Darum lässt er sich auch komponieren. Es lässt sich keiner so gut komponieren, wie er. Ich schreibe nur nicht gern Lieder» (Zbid., IV, 233). — Beethoven ou Rochlitz fait erreur : c’est à Teplitz qu'a eu lieu la première rencontre de Gœthe avec Beethoven, en 1812.

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