‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 124 sur 356 · Jbid · texte numérisé non relu

Jbid

wood, mais éprouve une sensation déchirante lorsque Beethoven, voulant lui faire apprécier la sonorité de l'instrument, plaque, sans regarder le clavier, un accord horriblement dissonant.

Une troisième fois, la veille de son départ, Rellstab va voir Beethoven pour lui faire ses adieux. Il regrette de n'avoir, pendant son séjour à Vienne, entendu qu’une symphonie (*) et un quatuor. Il regrette aussi qu’on ne joue plus Fidelio à Vienne. Beethoven, en réponse, se plaint de l’engouement des Viennois pour la musique italienne. Le public, dit-il, ne s'intéresse qu'aux chevaux et aux danseuses. Le bon temps est passé, 1l se contentera d’écrire désormais pour son plaisir. D'ailleurs tout lui serait égal s’il avait la santé (°°).

Lorsque Rellstab prend congé, Beethoven exprime l'espoir qu’il se reverront et l’embrasse. Rellstab, très ému, a l’impression que l’affection de Beethoven répond à la sienne. Le sentiment qu’il éprouve n’est d’ailleurs pas différent de celui de milliers d’auditeurs qui doivent à Beethoven « les émotions les plus profondes, les ébranlements les plus exaltants de leur âme (**).

Les indications de Cahiers de Conversation confirment en partie les dires de Rellstab. Il y est question des sujets d’opéras proposés à Beethoven (*°) et des poésies que Rellstab espère qu'il mettra en musique (*°). Quant à la lettre de Beethoven à Rell-

12. Sans doute la Septième Symphonie, dirigée le 14 avril 1825 par Piringer au Concert spirituel. Cf. T,. Non, Becthovens Leben, XII /IT, 350.

Page 1