‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 128 sur 356 · JACOBS, art. cité · texte numérisé non relu

JACOBS, art. cité

1812, une chute de cheval mortelle (‘°). Beethoven, soucieux de préserver ses intérêts, songea d’abord à attaquer les héritiers de son protecteur devant les tribunaux et voulut faire établir ses droits par des témoins. C’est encore Oliva qui s’entremit : par une lettre du 27 janvier 1813, il exposait la situation à Varnhagen et lui demandait son témoignage en faveur de Beethoven (!:).

L'intervention auprès du prince Kinsky n’est pas la seule que Varnhagen ait faite en faveur de Beethoven. Le 5 juillet 1812 — par conséquent à la même époque — il écrivait à Gœthe, lequel était sur le point de partir pour Teplitz, une lettre où se trouve une allusion à la surdité de Beethoven, « qui n’est que trop favorable à sa sauvagerie native et le rend presque insociable pour ceux à l’affection de qui il ne se fie pas déjà ("?).

Quant à Oliva, dans sa lettre du 3 juin 1812 à Varnhagen, il envisageait l'éventualité de se trouver sans emploi et ajoutait : « Peut-être accepterai-je l’offre renouvelée de Beethoven et partirai-je avec lui pour l’Angleterre » (*).

Précédemment, Oliva avait servi d’intermédiaire entre Beethoven et Gœthe. C’est lui qui, passant par Weimar au début de mai 1811, avait remis à Gœæthe la lettre de Beethoven du 12 avril et lui avait joué au piano des fragments d’Egmont ("*).

Les relations entre Beethoven d’une part, Varnhagen et Oliva de l'autre, ont donc été assez familières et confiantes, voire même intimes. Leur caractère est confirmé par l’unique lettre de Beethoven à Varnhagen dont on possède le texte (5).

10. lettre de Bentheim à Varnhagen, 6 novembre 1812 (JACOBS, art. cité, 400).

11. JACOBS, 400 et suiv. — Beethoven finit par obtenir des héritiers ce qu’il demandait, non par voie judiciaire, mais par arrangement amiable. Cf. TDR, III, 123 et suiv., et FRIMMEI, Beethoven-Handbuch, article Kinsky, I, 260-267.

12. « Mein Freund Beethoven träsgt mir auf, Ew. Kxcellenz seine Verehrung zu bezeugen; er wird aufs neue die Heïlkräfte des Tôplitzer Bades gegen seine unglückliche Taubheit versuchen, die seiner angeboraen Wildheit nur zu günstig ist und ihn für Solche; deren Liebe er nicht schon vertraut, fast ungesellig macht; für musikalische Tône behält er nichtsdestoweniger die leiseste Empfänglichkeit, und von jedem Gespräch vernimmt er, wenn auch nicht die Worte, äoch die Melodie » (Gæœthe-Jahrbuch, XIV, 6o).

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