‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 130 sur 356 · Îbid., VI · texte numérisé non relu

Îbid., VI

représentation d’un drame où il a cherché à calmer l'agitation de son cœur en écoutant l'orchestre (?’). La même année, le 15 septembre, il écrit de Nuremberg qu’il a assisté à une représentation de La Flûte enchantée : « L//orchestre très bien; le jeu et le chant véritablement pas mauvais. » Ce qui l’a surtout intéressé, c’est l’organisation du théâtre qu'il décrit avec assez de détail (*’). Le 11 février 1820, il écrit avoir assisté à Cassel à une représentation de la Famille suisse, de Joseph Weigl, et trouve seulement que l’œuvre était « bien donnée », avec deux interprètes « très bons » (”). Quelques jours plus tard, 1l se déclare peu partisan de vers écrits sur de la musique déjà existante (*). Une lettre du 22 mars 1820, répondant à des opinions musicales exprimées par Rahel, indique qu’il se contente de suivre son avis (**). Ajoutons que les Ecrits divers de Varnhagen reproduisent une défense de Spontini, écrite en 1837 à propos de la publication d’une lettre du musicien sur la décadence de la musique dramatique. Les expressions musicales y abondent, mais au fond il s'agit plutôt de polémique que de véritable critique musicale (°°).

Rahel, dans le jugement artistique de qui Varnhagen montre tant de confiance, semble bien, du point de vue musical, lui avoir été un peu supérieure. Mais la Correspondance ne paraît pas indiquer qu’elle ait été véritablement musicienne. Le 10 juillet 1813, elle écrit de Prague qu’elle habite sur le même palier que C.-M. Weber et déclare apprécier ses lieder, bien qu’en général elle aït ce genre de composition en horreur (**). Le 29 septembre 1815, elle se vante d’avoir expliqué à une pianiste médiocre « ce que c’est que la musique » (7). Le 7 mars 1820, elle décrit l’impression qu’a produite sur elle un concert de Paganini (*). Un peu plus tard, le 13 mars 1829, elle établit une comparaison entre J.-S. Bach, Gluck et Mozart. Bach l’ennuie. Elle le compare à Kant, lui trouve un don poétique, de l’imagination. C'est un grand architecte, une âme pure qui s’élance vers Dieu. Il est toujours sublime lorsqu'il suit sa propre inspiration. Maïs ces qualités disparaissent lorsqu'il s’agit de mettre en musique des paroles dont il n’est pas l’auteur. Pour Rahel,

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