‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 146 sur 356 · AMZI,, VII, n° 14, col · texte numérisé non relu

AMZI,, VII, n° 14, col

Un peu plus d’un an après, la même Gazette, rendant compte des concerts du début de 1806, mettait la Symphonie en ré majeur sur le même niveau que des symphonies de Mozart et de Haydn et déclarait qu’on l’aime « d’autant plus qu’on l'entend davantage — exception faite pour le final vraiment trop confus One

Aucun de ces comptes-rendus ne représente une tentative pour pénétrer réellement l'esprit de l’œuvre. À mesure que la Deuxième symphonie va se répandre, la Gazette en signalera les exécutions dans les concerts des grandes villes allemandes, mais sans qu'aucun de ses correspondants accorde à l’œuvre autre chose que la simple mention de son succès. Une seule exception est à signaler : celle du compte-rendu de sa première audition à Munich, à la fin de 1811. Le critique y relève l’originalité de Beethoven et insinue que cette originalité l’éloigne de la clarté et du chant. Il lui attribue un caractère « humoristique », et déclare qu’un musicien a autant de droits qu’un écrivain à ce qualificatif (°°).

Voici donc Beethoven qualifié d’humoriste. L’appréciation paraît bizarre et le sens auquel est employé ce terme n’est pas très clair. Cependant, il semble bien, d’après le contexte, que le critique ait voulu désigner par là l’originalité de Beethoven, poussée jusqu’à la bizarrerie, et le sentiment éprouvé par l’auditeur d’être élevé au-dessus du monde terre-à-terre de ses préoccupations quotidiennes. Si cette interprétation est exacte, on peut voir dans ce compte-rendu un vague reflet des idées de Hoffmann sur la musique et de son interprétation des œuvres de Beethoven.

32. « Von alten Sinfonien gelangen vorzüglich : die von Mozart aus € dur mit der Fuge, (bey der zweyten Aufführung) die beyden neuesten aus Es dur von Havdn, und die aus D dur von Beethoven, welche Finem, je ôfter man sie hôrt, je lieber wird — nur etwa das gar zu krause Finale ausgenommen » (AMZI,, VIII, n° 28, col. 435).

33. « Eine grosse Symphonie aus D dur von Beethoven erôffnete das erste, am 9. December gegebene Concert. Noch sind die Werke dieses, in seiner Art einzigen Künstlers hier nicht ganz bekannt. Man ist an Haydns und Mozarts Werke gewôühnt, und darf sich nicht wundern, wenn diese seltnen Producte Beethovens, die sich so sehr von dem Gewôühnlichen entfernen, im Allgemeinen nicht immer ihre Wirkung auf den Zuhôrer hervorbringen. Es ist hier der Ort nicht, diese Compositions-Weise zu würdigen : dass aber eine glühende Phantasie, dass ein hoher Schwung kraftvoller und sinnreicher Harmonien, durchaus in denselben herrsche, gestehen auch jene, welche das Klare und Singbare für das Hôchste der Kunst halten. Uebrigens lässt jedoch das Andante dieser Symphonie auch von dieser Seite nichts zu wünschen übrig. Der Menuet, sowie dem letzten Allegro hängt zwar etwas sehr Bizarres an : doch wenn uns das Humoristiche in so manchem unserer Schriftsteller anzieht, warum wollen wir denn von dem Componisten, der das ganze, so wenig erforschte Gebiet der Tonkunst in Anspruch nimmt, erwarten, dass er nur an hergebrachte Formen hange; nur immer dem Ohre schmeichle;

nie uns erschüttere, und über das Gewohnte, wenn auch etwas gewaltsam, erhebe? » (AMZI,, XIV, n° 8, col. 124).

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