‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 148 sur 356 · AMZI,, IX, n° x, col. 8 et suiv · texte numérisé non relu

AMZI,, IX, n° x, col. 8 et suiv

37. « Das Finale hat manchen Werth, welchen ich ihm abzusprechen weit entfernt bin : allein dem Vorwurf grosser Bizarrerie kann es wol nicht entgehen. Wenigstens hat z. B. vor Beethoven noch kein Komponist es gewagt, ein Stück aus Es dut so anzufangen, dass die Instrumente al unisono auf dem subsemitono anheben, und in Gängen, welche ganz der Tonleiter von G moll angehôren, fortzufahtren, bis endlich der vierte und die folgenden Takte so barmherzig sind, unser Ohr aus der Verlegenheit zu reissen und uns in die eigentliche Tonart zu versetzen ! Das gleich darauf folgende, zweymal pizzicato wiederholte Thema ist der Neuzeit zu Liebe doch auch wol ein wenig zu leer ausgefallen. Ob alle diese Sonderbarkeiten nôthig sind : per festeggiare il Sovvenire

d’un grand Uomo — wie Hr Beethoven den Zweck seines Werkes auf dem Titel angibt? » (AMZL,, IX, n° 18, col. 286).

38. « Es lässt sich vielleicht denken, dass Komponisten von Talent, vielem Studium und unermüdlichem Fleiss, etwas hervorbrächten, das Atbeiten, wie jener erste Satz, an die Seite gesetzt werden kônnte; Stücke, wie dies zweyte aber, empfängt, gebiert, und erziehet kein Mensch in solcher Vollkommenheit, ohne wahres Genie, und jede, seibst die geschickteste Nachahmung, woran es nicht fehlen wird, wird sicher nicht gehôrt werden kônnen, ohne an dies Original und dessen Superiorität zu erinnern. Feyerlich und tief ergreifend ist das Ganze; edel klagend und düster das Minore, beruhigend und lieblich das Majore, wo Flôte, Hoboe und Fagott — mit Luther zu reden — in süssén Melodieen gleichsam einen himmlischen Toureigen führen » (AMZL, IX, n° 21, col. 324).

trop long pour un public non éduqué. D'ailleurs, la longueur de toute la symphonie rend son exécution pénible et difficile (°°).

Il n’est plus question ici de reprocher à la Symphonie héroïque d’être confuse et obscure. On souligne simplement sa longueur, avec, pour le final, cette atténuation que cette impression ne peut être ressentie que par des auditeurs dépourvus d’éducation musicale. Le compte rendu qualifie la Marche funèbre de géniale et d’inimitable, il relève le caractère de ses divers épisodes, avec le contraste du majeur et du mineur. Le critique, invoquant une opinion de Luther, trouve que, dans le passage en majeur, les instruments à vent font « une sorte de ronde musicale céleste ». Hoffmann ou Bettina ne trouveront pas mieux pour indiquer que la musique nous transporte dans un univers supraterrestre.

Au début de 1807, la Gazette du monde élégant de Leipzig annonçait, toujours sous la signature M-s, la publication d’une réduction pour piano à quatre mains de la Symphonie héroïque. Après avoir signalé le succès remporté par cette œuvre orchestrale à Leipzig et dans d’autres grandes villes, le compte- -rendu cherchait à en préciser le caractère et indiquait la nécessité de plusieurs auditions pour la pénétrer (*°). La conclusion était qu’en raison de la rareté des bonnes exécutions orchestrales de l’Héroîque, sa réduction pour piano à quatre mains rendrait service à ceux qui désireraient l’entendre plus souvent.

L'expression « contenu esthétique » indique bien que, pour l’auteur du compte rendu, il ne s’agit pas ici de musique pure

le titre de l’œuvre suffit d’ailleurs à l’indiquer. Mais ce contenu n’est malheureusement pas dégagé avec précision. D’autre part, le critique attribue à la musique une action à la fois sur l’imagination et sur le cœur de l’auditeur. Il s’agit donc bien ici, pour lui, de musique ‘expressive.

Cependant le succès de l’Héroïque s’affirme de plus en plus et l’idée de sa valeur expressive va se préciser. Rendant compte de trois auditions renouvelées à Leipzig en peu de semaines, la Gazette du mois d’avril 1807 indique qu’un effort a été tenté pour suggérer aux auditeurs l'impression que les divers mouvements devaient produire sur eux (“).

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