Cf. plus haut, p
tendu la Symphonie héroïque, il la juge plus difficile encore que la Symphonie en sol mineur de Mozart et persiste à en réclamer une refonte (“’).
Pourtant, les multiples exécutions de l’Héroïque indiquent bien que ses auditeurs l’acceptaient sans difficulté. En 1813, à propos de concerts donnés à Leipzig, la Gazette écrivait qu’elle plaisait « de plus en plus, surtout les trois premiers mouvements » (**).
Dans les nombreuses informations qui, par la suite, signalent les exécutions de la Symphonie héroïque dans diverses villes, il n'y a guère d’appréciation à relever. Le succès de l’œuvre n’a fait que grandir et, au bout de quelques années, personne ne songeait plus à faire des réserves à son sujet. En 1820, la Gazette de Leipzig recevait de son correspondant viennois une information qui montre qu’il avait changé d’avis au sujet de
l’Héroïque... ou que la Gazette avait changé de correspondant (“).
Deux ans après, le correspondant de la Gazette à Francfortsur-le-Mein exprimait son admiration pour l’Héroïque à l’aide du seul adjectif « colossal » (°°).
La même année, le correspondant de Dresde déplorait que sa ville eût été privée pendant dix ans d’une organisation permanente de concerts et souhaitait à la société nouvellement fondée un peu d’audace pour faire figurer dans ses programmes un
certain nombre d'œuvres de Beethoven encore inconnues à Dresde, dont l’Héroïque (°?).
L'interprétation expressive de l’Héroïque, suggérée d’ailleurs par le titre même, ne perdait pas ses droits. En 1825, la Gazette musicale de Berlin publiait quelques pièces de vers signées
47. « Ref. muss, trotz allem, was über dieses Kunstwerk geschrieben worden, seine, gleich bey der ersten Darstellung geäusserten Meynung treu bleiben, dass die Sinf. ailetdings des Erhabenen sowol als des Schônen sehr Vieles enthalte, dass dies aber auch mit manchem Grellen und allzu Breiten vermischt sey, und nur bey einer Umarbeitung die reine Form eines vollendeten Kunstwerks erhalten kônne » (AMZI,, X, n° 15, col. 239).