AMZI,, VIII, n° 29, col
sique. L'auteur de l’article estime que Beethoven s’est montré incapable d'apprécier comme il l’aurait fallu un livret dénué de valeur. C’est le livret seul qui est rendu responsable des défauts
de l’œuvre et de l’échec de l’opéra (°°).
Et voici, toujours répété, le reproche de bizarrerie. En 1806, signalant la publication de la Sonate pour piano en ut, op. 53, dans le Répertoire des clavecinistes de Nägeli, la Gazette de Leipzig rééditait cette critique traditionnelle à propos du premier et du troisième mouvements (°°).
Aucun autre compte-rendu n’a été consacré, à notre connaissance, à la sonate op. 53 du moment de sa publication. Mais en 1826 la Gazette musicale de Berlin en signalait un arrangement pour piano à quatre mains et, après avoir fait des réserves sur l'opportunité de cet arrangement, proposait une interprétation de l’œuvre dans le sens romantique et fantastique, qui pourrait s'appliquer sans grandes modifications à telle page de l’illustration musicale du Songe d’une nuit d’été par Mendelssohn (°).
En revanche, la Sonate pour piano, op. 54, est, dès sa publication, signalée par un compte-rendu assez grincheux dans la Gazette de Leipzig. Les deux pièces dont se compose la sonate sont jugées originales, elles sont le produit d’un art très mûr. Mais elles sont pleines de bizarreries, et l’auteur du compterendu déplore naïvement que Beethoven ne tienne aucun compte des remarques qu’on lui fait sur ce point (°?).
59. « Es fehlt Hrn B. gewiss nicht an hoher ästhetischer Finsicht in seiner Kunst, da er die in den zu behandelnden Worten liegende Empfindung vortrefflich auszudrücken versteht, aber die Fähigkeit zur Uebersicht und Beurtheilung des Textes in Hinsicht auf den Totaleffekt scheint ihm ganz zu fehlen. Die Musik ist jedoch meisterhaft, und B. zeigte, was er auf dieser neu angetretenen Bahn in der Zukunft wird leisten kônnen. Vorzüglich gefallen das erste Duett und die zwey Quartetten, die Ouverture hingegen missfällt wegen der unaufhôrlichen Dissonanzen und des überladenen Geschwirres der Geigen fast durchgehends, und ist mehr eine Künsteley als wahre Kunst » (Wiener Theater-Zeilung, X, n° 46, 55).
60. « Die Beethovensche Sonate ist schon früher in anderm Verlage herausgekommen…., sie wird daher hier nur genannt, und man begnügt sich hinzuzusetzen, dass der erste und letzte Satz unter die ausgeführtesten, brillantesten und originellsten gehüren, die man diesem Meister verdankt, dass sie aber auch voller wunderlicher Grillen und schwer auszuführen sind » (AMZI,, VIII, n° 17, col. 261).
61. « Das herrliche Werk ist allen Klavicinisten längst bekannt, mit seiner originellen Kraft, Hoheit und Lieblichkeït des ersten Satzes; mit dem Frühlings-Odem des zweyten Satzes, der wie aus seeligen Gefilden herüber lächelt; ein Thema, wie ein Thautropfe an der jungen Rose, in dem sich eine kleine Welt abspiegelt, sanfte, abendliche Zephyre bewegen ihn, und drohen, ihn abzuküssen; er verlängert sich wol, quillt aber nur desto voller hervor, und wird stets wieder ergänzt, selbst wenn er entfällt » (BAMZ, 1826, n° 20,
62. « Es ist über beyde Arten der Kigenheiten B-s, die zu rühmenden wie die zu tadelnden, schon so oft von Andern in diesen Blättern gesprochen worden, und auch anderwärts klagten selbst die eifrigsten Verehrer seines wahrhaîft tiefen Geistes darüber: et zeigt jedoch, besonders dadurch, dass er — wie hier — ganz wirkungslose Sonderbar-
La critique s’occupe rarement des œuvres de musique de chambre. Pourtant, en 1$07, la Gazette de Leipzig annonce la publication des trois quatuors dédiés au comte Rasoumovsky en quelques lignes qui relèvent que les deux premiers « ne sont pas intelligibles à tous », tandis que le troisième « doit plaire à tout amateur de musique (°°).
Au début de 1807, la Gazette du monde élégant de Leipzig signale, sous la signature M-s, la publication à Vienne de la Sonate pour piano, op. 33, en mi bémol, déjà publiée ailleurs sous un autre numéro d'œuvre, définitivement cataloguée plus tard comme op. 31 n° 3. Le critique estime qu’elle « parle au cœur ». Il est donc inutile d’insister sur la valeur expressive qu’il lui attribue (‘“).
Presque en même temps paraît à Vienne la Sonate pour piano op. 57, composée en 1804. La Gazette de Leipzig en publie une analyse qui reprend bien quelques-uns des reproches adressés aux premières œuvres de Beethoven et parle de romantiques « mauvais esprits » déchaînés par Beethoven (*). Mais ce qui caractérise surtout cette interprétation de la sonate comme expressive et romantique, c’est l’affirmation que cette musique va « du cœur au cœur (*). Il est curieux de rencontrer ici l’expression même dont Beethoven se servira plus tard dans la Messe en ré.
Moins sûrement romantique, mais pourtant avec une allusion à la musique descriptive, est le compte-rendu des Trente-deux
keiten und gesuchte Sehwierigkeiten selbest in kleinen Stücken, folglich nicht blos da anbringt, wo er seinen Stoff ganz und auf alle nur môgliche Weise zu wenden und zu erschôpfen sucht — er zeigt dadurch, sag’ ich, wie er alle dergleichen Bemerkungen verachte : so bleibt denn freylich Ref. nichts beyzufügen, als eben die Anzeige, dass eben dieses neue Werk wieder gar manchen Stoff zur Wiederholung des von Andern Gesagten darbietet » (AMZI,, VIII, n° 40, col. 639-640).