‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 16 sur 356 · SUR CRE · texte numérisé non relu

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par Dieu à l’homme pour embellir sa vie, qu’elle permet, par conséquent, d'échapper à la réalité et d’avoir accès à un monde idéal (*); puis 1l déclarait que l’impression musicale transmise par les sens est uniquement du domaine du sentiment et n’a rien à voir avec la raison; il a estimé d’ailleurs que l’art musical a une fin morale et que le plaisir de l’oreille élève notre âme vers Dieu par le moyen de la vertu (°). Plus tard, Mattheson évoluera nettement vers le rationalisme et soutiendra que le but de l’art musical ne peut être que d'exprimer les passions observées par le musicien, pour provoquer chez l'auditeur des émotions correspondantes, tout comme peut le faire le langage poétique par les combinaisons de mots dont il use (*).

Dans le camp opposé, le prince des rationalistes est, bien entendu, Gottsched. Pour lui, la beauté est du domaine rationnel, on ne peut parvenir à un jugement sur la beauté que par la transformation de la sensation en perception ("). Après lui, Marpurg, à la fois compositeur et auteur d? ouvrages théoriques sur la musique, réduira l’invention musicale à un jeu ingénieux, consistant à rechercher des motifs « dont l'expérience aurait prouvé le succès » et à les combiner de façon à les rendre « agréables à l’oreille » et « touchants » (°). C’est dans le même esprit rationaliste que J. G. Sulzer recherchera les fondements de l’art musical (*). Entre temps, les arguments des rationalistes s’étaient trouvés renforcés par l’autorité de l’abbé Batteux, dont le traité des Beaux-arts réduits à un même principe avait paru en France en 1743. S'il est excessif de considérer Batteux comme un rationaliste pur, on souligne cependant qu’il a maintenu, tout au moins à la base de ses théories, le principe de ses devanciers rationalistes, d’après lequel l'art aurait pour objet l’imitation de la nature (°°).

Cependant, d’autres théoriciens s’insurgeaient contre le rationalisme de Gottsched. Johann Elias Schlegel, d’abord disciple de Gottsched et commentateur de Batteux, puis partisan de Haller et adversaire de Gottsched, conçoit la musique comme devant parler au sentiment. Il a puissamment contribué à ruiner en Allemagne l'influence de Batteux et à répandre celle de Rameau (‘*). Johann Adam Hiller subit l’influence de Schlegel et lutte pour la même cause (*?). Rüetz se montre même plus radical que Schlegel et

. Das neu erüffnete Orchester, 1713. Cf. GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 59. . Das forschende Orchester, 1721. Cf, GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 60-62. . Der vollkommene Kapellmeïster, 1738. Cf. GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 63-65. . Versuch einer kritischen Dichtkunst, 1729. Cf. GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 80-82, Citations d’après GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 150-152. . Allgemeine Theorie der schônen Künste, 1793, reproduction et systématisation d'écrits divers publiés entre 1751 et 1767. Cf. GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 150-152. 10. Cf. GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 69.

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