Cf. 2bid., 131-134 12. Cf. 2bid
lo ϝ ou R
eh: ae
Hiller (*). Enfin, les musiciens Quantz et Philippe-Emmanuel Bach émettent des théories expressives qui se rapprochent des conceptions du Sturm und Drang (*).
Kant a exposé ses idées sur l'esthétique dans la Critique du Jugement, parue en 1790. La place qu'il y assigne à la musique dans la hiérarchie des arts suffirait à montrer que l’art des sons n'avait guère d’intérêt pour lui. Dans un premier groupe, il place les arts de la parole, éloquence et poésie; dans un deuxième, les arts plastiques; dans un troisième, enfin, les arts « du beau jeu des sensations » : musique et peinture. Cette troisième catégorie est nettement considérée comme inférieure, son but n'étant pas d'évoquer des représentations, mais seulement de susciter, par le jeu des sensations, des impressions agréables. L’audition musicale est pour Kant un simple phénomène physique, et non intellectuel. Cependant il ne nie pas la possibilité d’une beauté musicale. Il ne ramène pas uniquement cette beauté à l'harmonie, plus ou moins nettement perçue, des rapports mathématiques entre les sons, comme le lui suggéraient les théories d’Euler et de Leibniz. Il estime que le plaisir esthétique produit par la musique dépend de la « forme », de la composition des sensations sonores produites par l’harmonie et la mélodie. Enfin Kant essaie, malgré sa conception sensualiste de l'audition musicale, de donner à la musique le caractère de langage des émotions, d'expression généralement intelligible du sentiment. [1 compare la musique à la voix humaine, qui exprime les émotions à l’aide de sonorités particulières, lesquelles provoquent chez l'auditeur une émotion correspondante. Ainsi le langage contient ‘un élément musical et la musique est une sorte de langage, mais un langage dépourvu de concepts et qui communique seulement les idées esthétiques liées aux émotions en vertu du principe d'association.
La conception kantienne de la musique est donc hétérogène. Assez naïvement sensualiste pour limiter l'impression musicale à un simple jeu de sensations physiques, elle s'apparente au formalisme dans la mesure où elle donne de l’importance aux rapports mathématiques entre les sons, et est d'autre part naturaliste, un: peu à la façon des théories de J.-J. Rousseau sur l’origine de la musique, lorsqu'elle fait dériver des inflexions naturelles de la voix l'expression musicale du sentiment. Elle est donc impossible à ranger soit parmi les théories rationalistes, soit parmi les théories expressionnistes. Son caractère hybride fait que, par la suite, des conceptions assez diverses ont pu se réclamer d’elle (!°).