AMZI,, XI, n° 17, col
95. AMZI,, XIV, n° 19, col. 307 et suiv. — Cette analyse, longtemps attribuée à Hoffmann, figure dans HWG, XV, 70-74, d’où sont extraites les citations utilisées ici.
posée ». Si chaque artiste digne de ce nom en usait ainsi et s’asservissait moins à la tyrannie des formes, « toute fantaisie serait une véritable autobiographie et permettrait de jeter un coup d’œil clair dans l'intimité de son action créatrice, de contempler son travail et son activité, de pénétrer pour ainsi dire dans l’atelier de sa pensée » (°°).
C’est donc un véritable portrait psychologique de Beethoven pes lui-même que cette Fantaisie. Son aspect général montre
« l’effort d’un génie aux pensées profondes pour s’élever de la mer des harmonies infinies jusqu’à la suprême clarté et à la suprême contemplation de soi-même » (7. La première partie consiste en un adagio pour piano seul où l’abondance parfois chaotique des idées peut être considérée comme représentant le bouillonnement d’idées à la fois exubérantes et incertaines qui prélude à une carrière d’artiste (°°). Le chœur fait passer la Fantaisie au langage parlé, « de même que le génie, parvenu à la conscience de lui-même, aspire maintenant à se livrer dans la plus grande clarté possible ». Il parle non seulement au sentiment, mais aussi à l'intelligence. Le sentiment, ainsi occupé d’impressions variées, « est contraint de se perdre et de se dissoudre lui-même en sonorités, par sympathie » (°°). -
Les strophes que chante le chœur sont jugées heureusement choisies, elles ajoutent la satisfaction de l’intelligence à celle de l’ême qui a .déjà perçu les harmonies de l’artiste. Ce final, « jusqu'ici tout à fait inattendu dans une fantaisie », produit un effet magnifique. « [1 ne peut manquer d’émouvoir tout le monde et. d’engendrer le plus bel état d'âme » (°°°).
L'abondance des impressions nouvelles que cette Fantaisie produit sur l’auditeur est telle que celui-ci « finira par s’oublier luimême dans leurs cercles magiques ». Son étude d’un point de