‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 166 sur 356 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

98. « Man kann sich dies als eine Vorrede des Künstlerlebens zu seiner Laufbahn denken. Bilder und Träume drängen sich unter und durcheinander, verlieren sich in dicht geschiungenen Wechseltanz, und die Entwickelung ist noch vorbehalten — das Selbstbewusstsein scheint noch zu fehlen » (Zbid., 71).

99. « Diese Idee ist nun offenbar originell, neu, und auch glücklich. Der Künstler, seinem Gefühl überlassen, beginnt sich in seiner Schôpfung selbst erst allmählich zu ahnen und zu erkennen. Er wählt und wühlt, dahergetrieben im Meere der Tône. Allmählich konzentriert er sich auf ein Hauptgefühl, das er dem grôssern Zirkel verwandter Klänge mitzuteilen strebt. Dieses Streben erweitert sich und dringt in raschem Fluge vorwärts, immer deutlicher, immer bestimmter, und gelangt endlich zur vollen Wortsprache aus klarer Selbstheschauung. Der Genius, der erst in unartikulierten Tônen unmittelbar zum Gefühl sprach, redet jetzt zugleich in artikulierten Worten zum Verstande, und beschäftigt das Gemüt mit einer Vielseitigkeit, der es nicht entgehen kann, in der es sich verlieren und in freudiger Teilnahme selbst in Tône sich auflôsen muss » (Zbzd., 72).

DO IARE

vue artistique n’épuise d’ailleurs pas l'intérêt qu'elle présente elle renferme « une grande quantité de traits psychologiques du caractère artistique de Beethoven » (°°°).

I1 n’est pas trop surprenant que ce compte-rendu ait été attribué à Hoffmann. Les idées en sont bien voisines des siennes. Ce caractère d’effusion directe du génie, reconnu ici à la fantaisie, cette distinction entre la fantaisie libre et la rigide sonate, ce portrait du génie par lui-même, cette prédominance de l’élément aftectif, auquel les paroles viennent ajouter un élément rationnel pour achever de produire sur l’auditeur une impression totale à laquelle toutes ses facultés auront part, tout cela constitue une interprétation romantique de la Fantaisie avec chœur, une interprétation expressive et en quelque sorte magique que Hoffmann n'’aurait sans doute pas désavouée.

On trouve une autre interprétation expressive de la même œuvre dans le Leipziger Kunstblatt, à propos d’une exécution à Breslau, le 1°” août 1818. Sentiment, peinture musicale, monde des esprits, mystère de l’âme beethovenienne dont la production s'adresse au cœur : c’est encore une interprétation romantique que l’auteur du compte-rendu propose à ses lecteurs (°°?).

Le 26 février 1822, à Paris, Moscheles prit part à un concert donné à l’Académie royale de musique. Sous le titre d’' Hommage à l'harmonie, dit la Gazette musicale de Vienne, il y joua avec beaucoup de brio la Fantaisie. Mais l’exécution du chœur fut mauvaise et l’œuvre reçut un accueil incertain, où les murmures et les sifflets se mêlaient aux applaudissements. Le correspondant interprète, lui aussi, la Fantaisie avec chœur dans un sens hoffmannien, en soulignant qu’elle groupe piano, orchestre et finale-

101 «Sie muss den Zuhôrer so sehr in die Neuheit und den Wechseltanz er Gedanken, denen er immer, jedoch vergebens nachzugehen versucht, verflechten, dass er sich endlich in ihren Zauberkreisen vergisst. Nächst dem Studium der Kunst ist hier eine reichhaltige Menge psychologischer Züge von Beethovens Künstlercharakter niedergelest, deren Entwickelung freilich hier zu weit führen müsste, aber zu interessanten Aufschlüssen führen kônnte » (Zbid, 73).

102. «.. eine Phantasie von Beethoven, originell, geistreich, mitunter phantastisch, aber dennoch im Ganzen kôstlich. In dieser Phantasie ist ein Wunderreich von harmonischen Tônen aufgeschlossen. Sie streift bald keck bis zur Sphäre des Geisterhaften hin, bald kehrt sie wieder sanft wie ein Frühlingsgesang zur Erde nieder, das stillauflauschende Herz mit Blumen zartester Empfndung überschüttend. Môge der treffliche Künstler hier und da, besonders in der musicalischen Malerei sich in den Farben vergreifen, sie oft zu grell und wie im niederländischen Stil auftragen, so dass die Färbung fast barock erscheint : ist er doch ein hôchst seltner Mann von reicher bildsamer Phantasie. Er steht uns noch zu nah, die Tiefen seines Geistes sind für die grosse Masse noch viel zu geheimnissreich, und die Bahn, die er unstreitig mit ganz eigenthümlicher Originalitât gebrochen, ist noch zu fremd. « Grossen Geistern muss man sich », wie Tieck meint, « erst demüthigen, ehe man sie ganz empfinden und dann beurtheilen will». Die Phantasie wurde.., mit einer seltenen Kunstfertigkeit, mehr aber noch mit Gefühl, Geist und sprechendem Ausdruck vorgetragen. Nur ein Künstler, der selbst etwas treffliches schaffen kann, vermag in den Geist eines kunstverwandten Meisters einzudringen » (Leipziger Kunstblati, n° 154 [24 septembre 1818], 628).

ment chœur comme pour mieux rendre hommage à la déesse de l'harmonie par la réunion de tous les procédés de composition musicale à sa disposition (1°).

Enfin, en 18 823, la Gazette de Rochlitz signalait une exécution de la Fantaisie à Leipzig en un compte- -rendu où on retrouve un certain nombre d'idées ou d'expressions romantiques : le « bariolage fantastique », l’ « étrange », le « légendaire » indiquent que le critique a attribué à la Fantaisie une valeur expressive selon des conceptions analogues à celles de Hoffmann (°°).

Il y a donc, au fond, accord entre les principaux de ces comptesrendus de la Fantaisie at vec chœur. Cet accord n’est pas surprenant : l’œuvre favorise cette interprétation expressive et romantique par la façon originale dont Beethoven a traité le piano d’abord seul, puis avec accompagnement d’orchestre, pour faire enfin intervenir le langage articulé dans le chœur, si “bien que la pièce, dans son ensemble, a l’air d’être une ascension vers l’expression nette d’un sentiment que les paroles viennent préciser sans équivoque. La critique romantique ne pouvait guère, à son sujet, exprimer d’autre opinion.

EGMONT. LE QUATUOR op. 74. LIEDER.

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