LE CHRIST AU MONT DES OLIVIERS
Lorsque Hoffmann publia, en 1813, sa critique de la musique de scène d’Egmont, ce n’était pas la première fois que la Gazette de Leipzig signalait cette œuvre. D’autres revues auraient même pu la devancer. Mais, chose curieuse, lors de la première représentation d’Egmont avec la musique de scène de Beethoven à Vienne, le 24 mai 1810, la partie musicale ne semble pas avoir beaucoup frappé la critique. Le seul journal viennois qui rende
103. « Es würde schwer seyn, eine Erklärung über das Werk des originellsten Compositeurs in Deutschland zu geben. Es scheint, so viel man davon urtheilen kann, wenn man in die Ideen eines solchen Meisters eixzudringen versucht, dass er glaubte der Gôttin der Harmonie nicht besser huldigen zu kônnen, als wenn er alle Gattungen der Musik, die ihr zu Gebothe stehen, zu ihrem JIobe vereinigte. Man findet darin von allem : eine Ouverture, Märsche, Andante’s, Rondo’s, Variationen, Gedanken von bewundernswürdiger Kraft, begleitet von seltsam gearbeiteten Passagen, Echo’s des Pianofortes und des Orchesters, Stellen, wo man nur die Kunst empfindet, und sehr anmuthige Gesänge, Accorde die, so zu sagen, unbekannt sind, und doch von sehr einfacher Art » (AlUlgem. musikal. Zeitung, Vienne, 1822, n° 27, col. 209-210):
104. « Das mit dem Fortepiano allein ganz einfach tanhebende Werk webt in bunt phantastische Gruppen gar herrlich variirte Melodieen. Oft tritt es dem Hôrer wie ein angenehm reizendes Geschwätz entgegen; oft hebt es sich bis zum hôchst Genialen und oft bis zum mährchenhaft Sonderbaren » (AMZI,, XXV, n° 25, col. 400).
compte de la soirée, Der Sammler, n’en fait aucune mention (SUR Deux ans après également, Egmont ayant été donné au Burgtheater, un autre journal, l’Oesterreichischer Beobachter, signalait encore la représentation sans citer le moins du monde Beethoven et sa partition (°°°).
C’est le correspondant munichois de la Gazette qui, en 1812, fait la première allusion à la musique d’Egmont. Il reconnaît dès le début la manière originale et caractéristique de Beethoven. Il regrette toutefois de ne pas trouver dans l’ouverture « cette disposition intime et cette clarté qui seule peut émouvoir notre sentiment ». Il regrette aussi que la mise en scène du songe d’Egmont ait supprimé l’apparition allégorique, ce qui a rendu les intentions du compositeur incompréhensibles à bien des gens. Quant à la Symphonie de victoire qui termine l’œuvre et qui constitue déjà le final de l’ouverture, il reproche à Beethoven d’avoir été « tellement pénétré par son sentiment » qu’il fait monter les violons à l’extrême limite de l’aigu, ce qui, dans beaucoup d’orchestres, produira de fâcheuses sonorités (*°7).
Les quelques expressions signalées suffisent à montrer que l’auteur de ce compte-rendu est partisan de l’interprétation expressive de la musique et qu’il recherche dans la partition d’'Egmont l'expression de sentiments.
Fin mars 1814, la Gazette publie, sous la signature K. B., une série de poésies dont chacune est consacrée à l’un des numéros de la partition d’'Egmont et cherche à en préciser la valeur expressive (°°).
En 1815, le correspondant de la Gazette à Mannheim signale une exécution au concert de l’ouverture d’Egmont. Il la déclare inintelligible à qui n’a pas un souvenir précis du drame de Gæœthe et pense qu’elle représente surtout « le triomphe auguste de l’élément supra-terrestre » (°°).
En 1821, le correspondant de la Gazette à Francfort, rendant compte de la première représentaion dans cette ville du drame de Gœthe accompagné par la musique de Beethoven, juge cette musique « magnifique et jaillie d’un esprit profond et inspiré ». Tantôt elle exprime « la lutte pour la liberté », tantôt elle fait