‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 184 sur 356 · Cäcilia, Mayence, 1828, n° 33, 22 et suiv · texte numérisé non relu

Cäcilia, Mayence, 1828, n° 33, 22 et suiv

sance créatrice que la Missa solemnis ni ne possède « une telle force qui enchaîne aussi complètement l’âme de l’auditeur ». Le critique appuie son affirmation d’une citation de Jean-Paul : toute œuvre d'art est un poème, sur l’ensemble qu’elle offre doit planer le romantisme « comme un parfum de fleur invisible, mais puissant » (*°*).

Recherchant alors la signification de la Missa solemnis, l’auteur de l’article estime que Beethoven l’a conçue comme exposant surtout la rédemption de l’homme et a traité le texte sacré comme une œuvre poétique (°°).

Ces deux articles sont d’inspiration incontestablement romantique. Le second surtout ne peut être considéré autrement, car la citation de Jean-Paul suffirait à déterminer l’esprit dans lequel la Messe en ré y est considérée.

Les critiques plus ou moins importantes consacrées à la Neuvième symphonie sont assez nombreuses. On lit, par exemple, dans le Sammler, après la première exécution de l’œuvre, que Beethoven est, de loin, le meilleur symphoniste de l’époque et que, dans ce domaine, il fait l’effet d’un géant à côté de pygmées (*°°). Les trois premières parties de la symphonie sont ensuite jugées pleines de beautés harmoniques et mélodiques. Le scherzo est un véritable modèle du genre. Mais le critique trouve fâcheuse l’intervention du chant dans la dernière partie.

Une semaine après, revenant sur la Neuvième symphonie, la même revue répétait que la musique instrumentale était l’élément où Beethoven se trouvait le plus à l’aise et reprenait l’éloge du scherzo, où Beethoven s’est livré à un « badinage sublime » avec les instruments à vent, dont les « mouvements folâtres » sont accompagnés « de la façon la plus gracieuse » par les timbales (*°7). Quant au final, l’intervention des voix humaines et du poème de Schiller y était déclarée nouvelle et la composition du morceau jugée « très expressive ». On louait Beethoven d’avoir

204. « Wenn die Griechen die schônen Künste eine Musik nannten : so ist die Romantik eine Sphârenmusik. Sie fordert das Ganze eines Menschen, und zwar in zartester Bildung, die Blüthen der feinsten, hôchsten Zweige; und ebenso will sie im Gedichte — was jedes Kunstwerk seyn muss — über dem Ganzen schweben, wie ein unsichtbarer, aber mächtiger Blumenduft » (Zbid., 28).

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