‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 190 sur 356 · QUATUORS. ŒUVRES DIVERSES · texte numérisé non relu

QUATUORS. ŒUVRES DIVERSES

Au mois de mars 1825, Schuppauzigh fait entendre un nouveau quatuor de Beethoven : l’op. 127 (mi bémol). La Gazette de Leipzig en signale la difficulté, indique que peu d’auditeurs ont pu comprendre après une seule audition ce quatuor écrit dans le style symphonique et appelle Beethoven « notre Amphion » (?**).

Le compte-rendu de la Gazette théâtrale de Vienne se contente de signaler la difficulté de l’œuvre, qu’il faut entendre plusieurs fois pour voir se déchirer « le voile de brume jaloux » qui dissimule la beauté du quatuor. Il n’en propese aucune interprétaton (7): |

Un mois plus tard, Rellstab, appréciant dans la Gazette musicale de Berlin le « dernier quatuor » (en date) de Beethoven, en donne une interprétation nettement expressive et romantique.

Il proclame d’abord que l’œuvre produit une grande impression « d’exaltation et de ferveur ». Puis il ajoute qu’il y voit l'expression de l’âme de l’auteur : « le génie a voulu seulement se réaliser lui-même ». Il remarque que Beethoven n’a plus de commune mesure avec ses auditeurs, car il est sourd depuis quatorze ans. Pourtant une communication subsiste, grâce à un langage commun « pour nos sentiments ». Maïs ce langage n’est pas toujours intelligible. Recherchant enfin la signification de l’œuvre, Rellstab y voit l'expression de la lutte d’une âme blessée contre sa souffrance, qu’il compare à « la douleur virile d’un Laocoon » et qui doit produire sur nous une impression profonde, surtout dans le scherzo où « elle semble se moquer d’ellemême » (?*).

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