‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 205 sur 356 · WSD, III · texte numérisé non relu

WSD, III

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Wagner ne cherche pas à rapprocher l'ouverture de Coriolan du drame de Collin. Beethoven a, selon lui, concentré comme au foyer d’une lentille le contenu sentimental du fameux épisode de l’histoire romaine, l’a dégagé de tout élément anecdotique et l’a exprimé d’une façon « purement humaine » en s'adressant au sentiment « purement humain » des auditeurs. Wagner affirme qu’on peut sans erreur considérer presque toutes les œuvres symphoniques de Beethoven comme ayant pour « objet plastique de leur expression » des scènes entre homme et femme. Le « type primitif » de ces scènes, ajoute-t-il, se trouve dans la danse, d’où est issue la symphonie. L'ouverture de Coriolan, qui pourrait être accompagnée et matérialisée par une pantomime, est la traduction musicale de la scène entre Coriolan, sa mère et sa femme sous les murs de Rome. Wagner en analyse les développements successifs pour y montrer l’expression de la lutte entre l’orgueil du héros et les tendres sentiments auxquels sa mère et sa femme font appel, jusqu’à la conclusion : Coriolan tourne contre lui-même la force qu’il dirigeait contre sa patrie, se perce de son épée et tombe aux pieds de la femme qui implorait de lui la paix. Wagner termine en déclarant : « C’est ainsi que Beethoven a écrit en musique le poème de Coriolan (**). »

Pour la Symphonie héroïque, Wagner reprend une partie de la discussion qui lui est consacrée dans Une heureuse soirée. Il faut entendre par « héros » l’homme complet, « capable de tous les sentiments purement humains — l’amour, la douleur et la force — dans leur suprême plénitude » (**). Son héroïsme tendra à concilier ses sentiments divers où même opposés. Au final, le héros a trouvé son équilibre, son harmonie. La conclusion montre l’homme complet, chez qui la force s’unit à l’amour et qui, plein d’allégresse, nous crie l’aveu de sa divinité.

L’adagio par où débute le Quatuor en ut dièze mineur est pour Wagner la « mélancolique prière matinale d’une âme souffrante ». Lallegro qui suit évoquerait une « gracieuse apparition, éveillant un nouveau désir de vie ». L’andante varié exprimerait « charme, douceur, désir, amour », le scherzo serait « fantaisie, humour, pétulance ». Le final montre le « passage à la résignation » et un « renoncement douloureux » (°°).

A # ® Pendant la même période, Wagner a encore adressé, en février 1852, à son ami le violoniste Uhlig, resté à Dresde, une

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