‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 215 sur 356 · ME · texte numérisé non relu

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comme un reflet de la musique devenu visible, où la parole et le discours appartiennent uniquemnt à l’action et non à l’idée

poétique » (°°).

Wagner précise en terminant le sens qu’il a voulu donner à son étude : ce n’est pas l’œuvre de Beethoven qu’il a voulu mettre en valeur, mais l’acte extraordinaire par lequel Beethoven a créé une forme d’art libérée de toute convention, à la fois « purement humaine » et conforme à l’esprit allemand, une forme d’art que l'antiquité a connue, mais qui manque encore au monde moderne.

Dans un développement terminal, Wagner glorifie encore Beethoven d’avoir mis fin à la domination de la mode sur l’art et célèbre les victoires de l’armée allemande devant Paris, capitale de cette mode dont la frivolité changeante avait établi sur l’esprit des artistes allemands une domination funeste.

I] n’est pas nécessaire de s'étendre longuement sur le passage consacré à Beethoven dans la conférence intitulée Sur la destination de l’opéra. Wagner y rapproche encore Beethoven de Shakespeare et affirme que la musique du premier et le drame du second jaillissent d’une même source. Leurs moyens d’expression diffèrent : pour Shakespeare c’est le jeu des acteurs, pour Beethoven la sonorité vivante. Leur but à tous deux est l’œuvre d’art véritable, mais ils ne font qu’eñ établir le plan, qui est réussi dans la mesure où il tient compte des moyens d’expression particuliers à mettre en œuvre (°’). Le parallèle établi ici est simplement à rapprocher de celui qui figure dans Beethoven.

Une dernière fois, au début de 1873, Wagner étudie la Neuvième symphonie, dont il a dirigé l’exécution quelques mois auparavant lors des manifestations organisées à Bayreuth pour la pose de la première pierre du Théâtre des Fêtes. L'article, intitulé À propos de l'interprétation de la Neuvième symphonie de Beethoven, est destiné -à faire comprendre aux chefs d’orchestre la différence qui sépare les symphonies de Beethoven de celles de Haydn et à leur donner des conseils pratiques sur le style d'exécution à exiger des instrumentistes. Wagner y répète que l’orchestre de Beethoven ne diffère pas, par sa composition, de celui de Haydn. La difficulté de l'interprétation de ses œuvres provient du fait que, s’il a conservé l’orchestre de ses devanciers, sa conception musicale les a de beaucoup dépassés (°*). Les œuvres de Beethoven sont nées uniquement « du besoin divin et dévorant de nous révéler, à nous pauvres mortels, les mystères les plus profonds de son intuition du monde » (°°). Ici encore,

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