‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 23 sur 356 · Tbid., V · texte numérisé non relu

Tbid., V

37. « Die Frage ist, ob in der Oper, oder überhaupt, ob bei Singemusik die Poesie oder die Musik herrschen soil. Gluck hat bei weitem der Poesie den Vorrang gegeben, nach ihr ais ein gehorsamer Diener gearbeitet, und dadurch die grosse Menge der Tonkünstler und Liebhaber beleidigt, Ir selbst widerlegt sich aber am besten : denn eben in seinen guten Opern herrscht die Musik mehr, ajs in andern; nur flattert sie nicht herum, und treibt kein Spielwerk, sondern drückt die Gefühle mit mächtiger Entscheidung aus. Und so herrscht im Gegenteil die Poesie hei manchem Italiäner; denn wenn man die Worte nicht wüsste, so fühlte man oft gar nichts » (ibid, V, 314).

Se

ses, au dix-huitième siècle, par les premiers partisans de la musique expressive (°°).

Il ne faut pas séparer de Heinse le poète philosophe et musicien Chr. Fried. Daniel Schubart, pittoresque représentant du Sturm und Drang, qui, au cours de sa longue captivité dans'la forteresse de Hohenasperg, dicta ses Idées pour une esthétique de la musique (°°).

Pour Schubart, il est absurde de supposer que la musique est née de l’imitation des voix de la nature. Il la considère comme d'essence céleste et destinée à émouvoir l’auditeur. I] énumère les divers styles possibles, les rapproche des styles littéraires correspondants, essaie de déterminer la part de valeur expressive qui revient à chaque art particulier dans des manifestations collectives comme la danse ou le chant. Il essaie enfin, comme Heinse, de fixer la valeur expressive de chacune des tonalités de notre système musical. Il cite les principaux musiciens et philosophes qui, avant lui, en Allemagne et en France, se sont engagés sur le terrain de l’esthétique musicale, et donne des travaux de chacun d’eux une caractéristique générale. Parmi les musiciens, il admire Bach et ses fils, Haendel et Haydn; il parle à peine de Mozart et reconnaît l’importance historique et la grandeur de Gluck, mais non sans faire des réserves sur ses harmonies et sur la prédominance qu’il accorde à la déclamation sur la musique.

Plus nettement que Herder et que Heinse, Schubart s’oppose à la conception rationaliste de la musique et à celle de Kant. Entre ses idées et l’esthétique musicale romantique, les points de contact seront nombreux (“°).

Dans cette discussion esthétique qui se déroule à la fin du XVIII" siècle et au commencement du XIX°, on ne peut guère citer les classiques que pour mémoire. C’est à propos des poésies de Matthisson que Schiller a exprimé ses idées sur l’art musical (“).

Dans la 22° des Lettres sur l’éducation esthétique (‘?) à peu près contemporaines de sa critique de Matthisson, il a bien, en disciple orthodoxe de Kant, déclaré que « même la musique la plus ingénieuse a plus d’affinité avec les sens que n’admet la véritable liberté esthétique ». Mais à mesure que chacun des arts s'élève vers la perfection, Schiller pense que les impressions qu’ils produisent sur nous deviennent plus semblables les unes aux autres :

38. Cf. H. GOLDSCHMIDT, ouv. cité, 186-200; W. HILBERT, ouv. cité, 30-39; P. Moos, ouv. cité, 21-36.

39. Ideen zu einer Asthetik der Tonkunst. L'ouvrage, composé en 1784-85, a été édité en 1806 par le fils de l’auteur, Ludwig Schubart.

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