Ibid
caractère des mouvements précédents est rappelé par des citations. Mais tandis que dans la Cinquième Beethoven s’était borné À citer quelques mesures du scherzo, ici il rappelle successivement le début du premier allegro (**), puis le scherzo (*), puis encore l'adagio (**). Ces citations sont d’ailleurs beaucoup plus brèves que celle de la Cinquième symphonie : les deux premières n’ont que huit mesures chacune, la troisième est réduite à deux mesures. Mais elles montrent, en rappelant, au début de la dernière partie, chacun des trois mouvements qui l’ont précédée, l’unité de pensée qui a présidé à la composition de la symphonie.
L'analyse détaillée des trois premiers mouvements de la Neuvième symphonie y montre de curieuses réminiscences des œuvres antérieures (*). On peut donc les considérer comme un résumé des expériences accumulées, d’où va se dégager une vision d’avenir. Le choix des tonalités et des rythmes et surtout les fréquentes modulations donnent à ces trois mouvements une allure à la fois sombre et inquiète. C’est de cette inquiétude ramassée et comme concentrée par les citations du début du final que vont peu à peu surgir les thèmes que les voix humaines reprendront et enfleront pour chanter la Joie. Malgré tout ce qu’apporte de nouveau la Neuvième symphonie, elle reste fidèle à la formule déjà si souvent utilisée par Beethoven : celle de l’épreuve, condition de l’héroïsme individuel ou collectif et du triomphe.
Cette idée d’épreuve se retrouve encore dans de nombreuses compositions de Beethoven. Son dernier quatuor (op. 135, fa majeur) montre qu’il lui est resté attaché jusqu’à la fin. Le dernier mouvement est précédé de l’indication suivante
Der schwer gefasste Entschluss A112
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Sur ces deux formules, l’une interrogative, l’autre affirmative, est construit le final. 11 débute par la répétition de l’interrogation (Grave, ma non troppo tratto, 3/2, fa mineur), puis passe au
Muss es sein ? ! muss selin