Beethovens Werke, série 6, II
pe dre
ton de fa majeur, au mouveinent d’allegro et au rythme 2/2 pour développer la réponse (‘7). La question reparaît encore dans les mêmes conditions qu'au début (*), suivie de la réponse joyeuse ment répétée jusqu’à la fin du morceau (*°).
Des anecdotes diverses prétendent expliquer la question et la réponse sur lesquelles Beethoven a construit son final par des épisodes domestiques. Leurs explications ont en commun le caractère trivial des circonstances qui auraient fourni à Beethoven le point de départ de son final (°°). Peu importe leur exactitude ou leur vraisemblance. En admettant même qu’une circonstance vulgaire, négociation avec un amateur de musique peu généreux ou réclamation d’une cuisinière, ait fourni à Beethoven les deux éléments qu'il a utilisés, il les a dépouillés de tout caractère accidentel et de toute vulgarité en les transposant sur le plan purement musical. I] n’y a pas lieu de se demander en quoi consiste cette décision, où même, si on accorde leur importance maxima à tous les mots du titre, « la » décision.
La question est posée, dans un mouvement lent, avec une solennité et une sévérité impressionnantes. Elle ne peut être considérée comme évoquant une circonstance vulgaire quelconque. La réponse a un accent d’acceptation joyeuse qui s'affirme à la fois par le changement de tonalité, de rythme et de mouvement, par la répétition légère et babillante du motif Es muss sein! par les divers instruments du quatuor. Il n’y a pas ici, à proprement parler, de lutte. L'inévitable est accepté avec bonne humeur, avec allégresse. C’est là une attitude philosophique différente de celle de la Symphonie héroïque. La première montre l’homme vainqueur du destin qui l’a cependant écrasé, le triomphe final du héros, de l’être d’exception qui brave la fatalité. La dernière est l’acceptation qui intègre la nécessité à l’Ââme de l’homme, qui résout en une harmonie intérieure et supérieure le conflit du déterminisme et du libre arbitre. Pas de victoire réelle de l’un sur l’autre avec écrasement du vaincu. Aucune lutte ne se manifeste à la surface. Le résultat est un équilibre serein, générateur de gaîté.
La révolte et l’acceptation de la nécessité : deux attitudes différentes en face de l’épreuve. L'une est celle de Werther, l’autre celle de Torquato Tasso à la fin du drame de Gæthe. Entre les deux se place toute l’évolution qui a fait passer la pensée allemande du Sturm und Drang au classicisme (1). Cette évolution,