Ibid
Un autre lied peut, à la rigueur, être considéré aussi comme consacré à l'amitié : l’op. 99, L'homme de parole (1815), sur des vers de Kleinschmid où le poète reproche à un ami d’avoir négligé un rendez-vous malgré sa promesse et fait l’éloge de la fidélité À la parole donnée, considérée comme une vertu proprement allemande (*“). La seule indication expressive à y relever est l’alternance, prescrite par Beethoven, de piano et de forte « conformément à l'expression diverse dans les vers ». On ne peut en tirer aucun renseignement sur l’idée que Beethoven se faisait de l’amitié, sinon peut-être que le choix de la poésie s'explique par une conception sérieuse du devoir de loyauté et d’exactitude entre amis.
On ne peut non plus, à ce point de vue, extraire grand’chose de l'étude des canons, pour la plupart humoristiques, dédiés à Mälzel, à la comtesse Erdôdy, à l’archiduc Rodolphe, à Haslinger, à Schwenke, à Kuhlau, à l’abbé Stadler et au baron Pasqualati (*°).
Une seule œuvre instrumentale de Beethoven a été désignée par lui-même comme inspirée par l’amitié : la Sonate op. 8r a, en mi bémol majeur, dédiée en 1809 à l’archiduc Rodolphe (5°). Chacun de ses mouvements porte une épigraphe, le premier Das Lebewohl, le deuxième Die Abwesenheit, le dernier Das Wiedersehen. C’est donc une sorte de composition à programme, mais non une œuvre descriptive; la seule sonate, en tous cas, à chaque partie de laquelle Beethoven ait donné un titre (°!).