‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 250 sur 356 · K. WEINMANN, article cité · texte numérisé non relu

K. WEINMANN, article cité

68. « O Vorsehung — lass einmal einen reinen Tag der Freude mir erscheinen ! — So lange schon ist der wahren Freude inniger Widerhall mir fremd. — O wann — o wann, o Gottheit — kann ich im Tempel der Natur und der Menschen ihn wieder fühlen! — Nie? — nein — o, es wäre zu hart ! » (A. LEITIZMANN, Beethovens persünliche Aufzeichnun-

gen, 8).

69. « Fine mit Gottes Hülfe. — O Mensch, hilf dir selber .» — Cf. TDR, III, 430.

70. Th. FRIMMEL (Beethoven-Handbuch, II, 115 et suiv.) conclut à l’authenticité probable du propos. Cf. aussi ibid, I, 178. I/opinion contraire est soutenue par A. SCHMITZ, Das romantische Beethovenbild, 19. T/expression est sans doute empruntée à un ouvrage rationaliste de SPITTLER, Geschichte der christlichen Kirche, où il est question de « la révolution que fit un juif de naissance, nommé Jésus ». Cf. A. SCHMITZ, ouv. cité, 84.

71, « Socrates und Jesus waren meine Muster. » Cité d’après À, SCHMITZ, ouv. cité, 89.

72. « … Ist es doch, als ob jeder Baum zu mir sprâche auf dem Lande : Heïilig, heilig ! Im Walde Entzücken ! Wer kann alles ausdrücken?.. » (A. LEITZMANN, ouv. cité, 19).

Une autre nuance de l'expression du sentiment religieux de Beethoven est due à l'intérêt qu'éveillèrent en lui les travaux d’un groupe d’orientalistes, dont le principal est Hammer-Purgstall, et surtout leurs traductions d'ouvrages persans ou hindous. I1 fit de quelques-unes de ces traductions une lecture attentive, prouvée par des passages qu’il a relevés dans le drame de Sakontala, de Kalidasa, et dans d’autres ouvrages qu’on n’a pas pu encore identifier tous, mais dont l’origine orientale est certaine. Des textes relevés en 1815 expriment la toute-puissance et l’éternité de Dieu, son omniscience et son omniprésence, et peuvent par conséquent être rapprochés des textes panthéistes cités plus haut. Ils indiquent aussi chez Beethoven une préoccupation morale (7*).

Sur la fin de sa vie, rapporte Schindler, Beethoven avait écrit lui-même les phrases suivantes, qu’il avait fait encadrer et qu’il gardait toujours sous les yeux sur sa table de travail :

« Je suis ce qui est. — Je suis tout ce qui est, qui fut et qui sera Aucun mortel n’a soulevé mon voile. — Il existe seul par luimême et à cet Unique toutes choses doivent leur existence (5). »

La première partie de cette inscription se rapporte à Isis et vient de Plutarque. Ces textes d’origine égyptienne, fort à la mode au dix-huitième siècle, qui leur donnait un sens panthéiste, sont parvenus à Beethoven par une voie longtemps considérée comme obscure. Il est probable qu’il les a trouvés dans deux conférences faites dans une loge maçonnique viennoise par Reinhold et publiées plus tard par lui sous le pseudonyme de Frère Decius (7°). Faut-il voir dans le fait que Beethoven leur accordait une importance particulière l’indication d’une sympathie pour la maçonnerie ou celle d’un penchant vers le panthéisme? Pour un esprit philosophique et systématique, le choix serait sans doute

73. « Allmächtiger im Waide! Ich bin selig, glücklich im Wald; jeder Baum spricht durch dich. O Gott! welche Herrlichkeit! In einer solchen Waldgegend, in den Hôhen ist Ruhe, Rubhe, ihm zu dienen » (A. LEITZMANN, ouv. cité, 25). Texte déjà reproduit, précédé de l'indication : « Aufm Kahlenberg 1815 Ende September », dans TDR, III, 505, note.

74. « Auf deiner Wanderschaft über der Erde, wo die Pfade bald hoch, bald niedrig gehen und der rechte selten kenntlich ist, wird allerdings die Sput deiner Tritte nicht immer gleichfôrmig sein; aber die Tugend wird dich in gerader Richtung immer vorwärts treiben. Der wahre Weise kümmert sich nicht ums Gute oder Bôse in dieser Welt. Befleissige dich also, diesen Gebrauch deiner Vernunft zu erhalten, denn solcher Gebrauch ist im Leben eine kôstliche Kunst » (TDR, III, 192 et suiv.; A. LEITZMANN, ouv. cité, 22-24 [extraits cités, 24]).

75: « Ich bin, was da ist. — Ich bin alles, was ist, was war und was seyn wird. Kein sterblicher Mensch hat meinen Schleier aufgehoben. — Er ist einzig von ihm selbst, und diesem Einzigen sind alle Dinge ihr Daseyn schuldig » (A. SCHINDLER, Biographie, 240).

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