A. SCHMITZ, Das romantische Beethovenbild
81. L. SCHIEDERMAIR, OU. Cité, 329; À. SCHMITZ, ouv. cité, 90.
82. BBr-KAL, IV, 114, 115, 329; BBr-PREL, IL, 326, 328; III, 69.
CE
Sur son lit de mort, Beethoven demanda l’assistance d’un prêtre et reçut les derniers sacrements avec ferveur. Soit avant, soit après, suivant deux traditions divergentes, 1l aurait dit à ses familiers présents : « Plaudite, amici, finita est comædia », paroles où certains biographes ont voulu voir une expression d’athéisme GP) Pareille attitude morale immédiatement après l’extrême-onction est peu vraisemblable chez Beethoven. Mais même si ces paroles ont été prononcées après le sacrement, il ne semble pas qu’elles doivent nécessairement exprimer la dérision d’une cérémonie religieuse. I1 n’est même pas certain qu’elles s'appliquent à l’impuissance de la médecine devant la mort. Elles peuvent signifier tout simplement : ma vie s'achève (°*)
Telle est donc la façon dont les principaux documents permettent de reconstituer l’attitude religieuse de Beethoven. Catholique par son origine et son éducation, il a, au fond de lui-même, gardé toujours l’orthodoxie de la croyance et le respect de la doctrine dans laquelle il avait été élevé. Mais il a aussi subi l’influence de divers courants d’idées de son époque. Il a concilié, sans trop se soucier des disparates, son catholicisme avec une tendance rationaliste et aussi avec une conception sentimentale voisine du panthéisme. Peut-être est-il allé parfois, tout au moins en paroles, jusqu’à quelques accès d’athéisme. Mais pour l'essentiel, il a gardé une foi simple, dépourvue de subtilité, et, lorsque les circonstances l’ont amené à manifester ses sentiments religieux, il s’est trouvé d’accord avec la doctrine catholique et ses représentants. Suivant les circonstances et les influences qui s’exercèrent sur lui, le sentiment religieux de Beethoven a pu prendre diffférentes nuances, parfois fort éloignées les unes des autres. Malgré ces variations explicables par des tendances de son époque, la religion de son enfance est restée la sienne.
I] serait difficile de prouver que l’expression musicale du sentiment religieux tient une grande place dans les deux cantates que Beethoven composa à Bonn, en 1700, l’une pour déplorer la mort de Joseph II, l’autre pour célébrer l'avènement de Léopold II. Dans la première, après un récit exposant les méfaits de l’hydre Fanatisme, vomie par l’enfer, un air de basse annonce l’arrivée de Joseph « avec une force divine » (*°). Un bref arpège ascendant en syncopes, fréquemment répété à l’orchestre, exprime sans doute l’énergie du héros. Mais on ne saurait affirmer que l’origine divine de cette énergie soit sensible ailleurs que dans les paroles. Un peu plus loin, après le triomphe de Joseph