‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 253 sur 356 · Cf. V. D’INDY, Beethoven, 104, note · texte numérisé non relu

Cf. V. D’INDY, Beethoven, 104, note

84. Cf. TDR, V, 484 et suiv.; Th. FRIMMEL, Beethoven-Handbuch, X, 344. 85. « Da kam Joseph mit Gottes Stärke » (Beethovens Werke, série 25, 13).

sur le monstre, un air avec chœur proclame que « le soleil envoya la chaleur de divins rayons » (**). La mélodie aux souples vocalises doit, par contraste avec ce qui a précédé, donner une impression de calme après la victoire. Mais on ne voit pas que l’idée de la puissance divine y soit soulignée d’une façon quelconque. Dans la cantate en l’honneur de Léopold II, le récit du début, rappelant la douleur du peuple allemand au moment de la mort de Joseph, mêle bizarrement la mythologie germanique et le nom du Dieu d'Israël : « Alors les fils de Teut crièrent aux étoiles : Malheur, malheur! Avec compassion Jéhovah abaissa les yeux sur eux » (*’). Un peu plus loin, un air de soprano, mêlant cette fois la mythologie grecque à la chrétienne ou à la juive, dit : « N’entends-tu pas retentir les saluts des anges, doux comme le murmure des harpes, parce que, pour te couronner de bénédictions, Jéhovah a regardé du haut de l’Olympe? » (**). La seule indication certaine d’expression d’un sentiment religieux est, dans cet air, une ample vocalise sur le mot Segen (°°). Il faut enfin signaler, dans le chœur final, un emprunt manifeste à lOde à la Joie de Schiller : « Prosternez-vous, millions d'hommes, devant l’autel fumant, levez les yeux vers le Maître des Trônes qui a fait naître pour vous cette félicité (°°). » La musique de ce chœur (un poco allegro e maestoso) exprime une joie solennelle sans qu'on puisse y discerner avec ceftitude la part que peut avoir le sentiment religieux. Il n’y a donc pas lieu d’insister autrement sur ces œuvres de jeunesse, qui n’ont guère d'autre intérêt que de montrer combien, à vingt ans, Beethoven maniait déjà avec sûreté, en vue de l’effet vocal ou sonore, les voix humaines et les instruments (°!),

Dans la série des lieder de Beethoven, le choix des textes mis en musique indique l’importance du sentiment religieux diversement exprimé. Les principaux de ces lieder religieux sont : À l'espérance, de Tiedge, deux fois mis en musique, vers 1804 (op. 32) et en 1815 (op. 94); six lieder de Gellert, en 1803 (op. 48) : Imploration, L'amour du prochain, Sur la mort, La louange de Dieu dans la nature, Puissance et Providence de Dieu, Chant de pénitence; le Chant du sacrifice, de Matthisson, quatre fois mis en musique sous des formes différentes entre 1795 et 1823; le

86. « Und die Sonne wärmte mit Strahlen der Gottheit » (Tbid., 28-20).

87. « Da riefen die Sôhne Teuts gegen die Sterne : weh ! weh ! Erbarmend sah Jehovah herab » (Zbid., 57).

88. « Hôrst du nicht der Engel Grüsse — süss wie Harfenlispel tôünen — weil mit Segen dich zu krônen — vom Olymp Jehovah sah? » (Zbid., 68-69).

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