Ibid
90. « Stürzet nieder, Millionen, — an dem rauchenden Altar — Blicket auf zum Herrn der Thronen — der euch dieses Heïil gebar » (Zbid., 96).
o1. P. BEKKER, Beethoven, 356.
Chant de la caille, de Sauter, publié en 1804, et le Chant du Soir sous le ciel étoilé, de Gæœthe, en 1820 (**). On peut en dégager les caractéristiques suivantes . la splendeur de la nature manifeste Dieu (À l'espérance, La louange de Dieu dans la nature, Puissance et providence de Dieu, Chant du sacrifice, Le chant de la caille, Chant du soir); le Seigneur est indulgent et miséricordieux (À l'espérance, Prière, L'amour du prochain, Chant de pénitence); la félicité dans l’au-delà récompensera la foi ici-bas (A l'espérance, Chant de pénitence, Le chant de la caille, Chant du soir); il faut songer à la mort (De la mort, Chant du soir); avec l'esprit religieux va de pair la préoccupation morale (L'amour du prochain, Chant du sacrifice). Au point de vue musical, l’étude de ces lieder fait apparaître chez Beethoven le souci d'exprimer le sentiment indiqué par les paroles au moyen de contrastes dynamiques (La louange de Dieu dans la nature, Puissance et providence de Dieu, Chant de flénitence, À l'espérance op. 94, Chant du soir), par l’usage du récitatif (Prière, De la mort, À l'espérance op. 94, Le chant de la caille), par le changement de mouvement où de rythme (Chant de pénitence, À l'espérance op. 94, Le chant de la caille), par le changement de tonalité (passage de la mineur à ré majeur, à sol majeur, à mi bémol majeur, ut majeur et sol majeur dans À l’espérance op. 94) et, bien entendu, par les inflexions de la ligne mélodique et par les enchaînements harmoniques (**). On peut donc conclure que Beethoven a montré par la valeur expressive de sa musique l’importance qu’avaient pour lui les faces diverses du sentiment religieux qu’exprimaient les poésies choisies par lui comme support de son inspiration (°*).
L'oratorio du Christ au Mont des Oliviers (op. 85) ne mérite pas, du point de vue de l’expression du sentiment religieux, une étude détaillée. L'œuvre, composée sans doute entre 1709 et 18017, exécutée pour la première fois en 1803, a remporté un succès considérable. Mais elle est inégale et, en bien des endroits, vise à faire briller le chanteur plutôt qu’à exprimer musicalement les sentiments profonds des personnages. Beethoven lui-même n’a pas admiré sans réserves son propre ouvrage. Le 23 août 1811, écrivant à Breitkopf et Härtel au sujet de l’édition du Christ au Mont des Oliviers, il juge le poème « extrêmement mauvais » (*5). Le 9 octobre de la même année, il écrit aux mêmes correspon-
92. Lieder avec accompagnement de piano dans Beethovens Werke, série 23; Opferlied (Matthisson) pour soli, chœur et orchestre (1823) (Tbid., série 25, 175).
93. L. SCHIEDERMAIR, Die Gestaltung weltanschaulicher Gedanken in der Vokalmustk Beethovens, 49-517.