BBr-KAÏI,, II, 31, n° 249; BBr-PREL, I, 252, n
dants qu'il s’agit là de son premier ouvrage de ce genre, composé rapidement, dans des circonstances peu favorables et dans un style qu'il n’emploierait plus aujourd’hui, et rappelle que Rochlitz a jugé comique le chœur des disciples en ut majeur (°°). Seul le début est intéressant par son sombre prélude en mi bémol mineur et par le premier récitatif de Jésus, où l’expression de l’angoisse et l’appel à la pitié de Dieu sont soulignés par une déclamation musicale qui ne manque pas de force dramatique, par des changements de mouvement et de rythme et par des modulations (°’). Dans le récitatif n° 3, le séraphin proclame la volonté de Jéhovah sur un ton solennel, soutenu par de larges accords des instruments à vent (°°). Le récitatif n° 4 exprime par le procédé de la déclamation musicale la résolution du Christ qui accepte la mort Fu la croix et promet aux défunts une résurrection glorieuse (°°). Jésus pourrait ici être considéré comme un héros Pt dont le sacrifice assurera la victoire. Mais ni le poème de Huber ni la musique n’insistent suffisamment dans ce sens pour donner quelque consistance à cette interprétation. Le reste de l’œuvre ressortit plutôt au style de l’opéra qu’à celui de l’oratorio. D’une façon générale, ce qui s’y exprime est moins un véritable sentiment religieux que l’angoisse humaine du Christ en face de sa tâche et le pittoresque de son arrestation au milieu de disciples qui ne le défendent pas, malgré les rodomontades de Pierre.
La Messe en ut majeur op. 86, composée en 1807 sur commande du prince Esterhazy, n’a été publiée qu’en 1812. Une anecdote célèbre prétend qu'après la première audition de l’œuvre, le 13 septembre 1807, le prince aurait exprimé sa surprise en face d’une œuvre dont le style lui paraissait s’écarter inexplicablement de ce qu’il considérait comme les règles traditionnelles du genre (°°). Le 8 juin 1808, Beethoven, proposant à Breitkopf et Härtel d'éditer sa messe, leur écrivait d’ailleurs
. Je crois pourtant que j'ai traité le texte comme il n’a pas été souvent traité » (101),
On peut penser que c’est cette originalité consciente de Beethoven dans l'interprétation musicale du texte liturgique qui avait provoqué l’étonnement du prince. Le style courant des nombreuses messes composées à l’époque est en effet contrapuntique. Par