‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 264 sur 356 · Tbid · texte numérisé non relu

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Malgré tout ce qui la sépare de la Messe en ut, ses proportions infiniment plus vastes et la différence des styles de composition, la Messe en ré ne semble pas indiquer de changement essentiel dans l’attitude de Beethoven vis-à-vis de la religion. Comme en 1808, Beethoven affirme la gloire et la toute-puissance du Seigneur. Toutefois, il marque ici une différence entre. le Père glorieux et le Fils plus accessible aux prières des hommes. On adore le premier, on implore le second qui a connu l’angoisse de l’épreuve et en a triomphé. Peut-être, dans le Credo, le peu d’insistance que met Beethoven à proclamer sa foi en l'Eglise catholique, au Saint-Esprit et au baptême (75) indiquet-il qu’il considère comme accessoires la troisième personne de la Trinité et l’organisation terrestre du catholicisme. Le fait est frappant, car justement le Credo met en valeur chacun des articles de foi essentiels en leur consacrant des développements distincts par la tonalité, le rythme et le style de la composition. Mais il est excessif de conclure que Beethoven considère comme négligeables ces éléments de la foi dont il accompagne l’énumération par la répétition de : credo, credo (7”). I1 semble plutôt que Beethoven, qui a cherché son inspiration surtout dans les éléments sentimentaux et mystiques de la religion, a ainsi été amené à moins insister sur l'Esprit et sur un rite ou une organisation dont rien ne permet de croire qu’il méconnaissait la valeur. Ce mysticisme est sans doute le plus clairement exprimé dans le Benedictus, précédé d’un prélude instrumental, comme si la parole était trop grossière pour le sentiment d’adoration qu’il s’agit de manifester, et accompagné par un solo de violon dont la mélodie court à travers tout le développement vocal. Cette foi mystique redoute les épreuves, elle implore la paix « intérieure et extérieure », la dernière étant menacée par la guerre (fanfare militaire), la première par l’opposition évidemment symbolique entre les groupes d’instruments et de voix. La puissance du Seigneur et sa bonté se manifesteront principalement dans cette paix intérieure et extérieure que les hommes implorent de lui, dans l’aide qu’il leur accordera pour surmonter l’épreuve. Comme dans la Messe en ut, Beethoven exprime une grande espérance, mais ce n’est pas seulement celle de la vie future. Le sentiment religieux rejoint l’idée d'humanité, la vraie religion, dont la Messe en ré a mis en valeur les éléments essentiels, doit instaurer la paix sous toutes ses formes.

Ce sentiment religieux, Beethoven ne l’a pas seulement exprimé, dans la Messe en ré, pour manifester sa conception per-

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