‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 265 sur 356 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

177. Cf, TDR, IV, 346-347, note, et aussi A. SCHMITZ, Das romantische Beethovenblld, 101, note.

sonnelle et en même temps honorer l’archiduc Rodolphe. Son but a été aussi l’édification des fidèlés. L’épigraphe du Kyrie l’indique, mais Beethoven s’est exprimé bien plus clairement encore dans une lettre à André Streicher, le 16 septembre 1824 (*"*).

Parmi les symphonies de Beethoven, il en est deux dont l’inspiration est en partie religieuse : la Pastorale et la Neuvième.

Le final de la Symphonie pastorale porte, conformément à l’édition de 1800, l'indication suivante : Chant de bergers. Sentiments de joie et de reconnaissance après la tempête (°"”). Cette reconnaissance ne peut évidemment s'adresser qu’à Dieu qui a fait cesser l’orage. D’ailleurs le manuscrit original de la partie de premier violon, conservé à Vienne par la société des Amis de la musique, porte une formule plus précise : Chant de bergers. Sentiments bienfaisants joints au remerciement à la divinité après la tempête (*°). Cette même formule est reproduite, d’après le programme du premier concert où la symphonie fut exécutée, par la Gazette de Leipzig (°°). Le passage de l’Orage au Chant de bergers attaqué sans interruption est marqué par le changement du mouvement (d’allegro à allegretto), du rythme (de 4/4 à 6/8), de la tonalité (de fa mineur à fa majeur) et de l’orchestration, où les grondements lointains du tonnerre, évoqués par les basses, font place à un orchestre calme et bucolique : clarinette, cor, violons, soutenus par les cordes et les bassons. La simplicité de la mélodie et de l’harmonie ainsi que la clarté sereine de l’orchestration évoquent des sentiments idylliques. Ce n’est que peu à peu que l’orchestre devient plus fourni. Un calme sentiment religieux s’épanouit chez des âmes simples, au sein de la nature, après l’épreuve de la tempête. Il faut noter cependant que Beethoven a d’abord parlé de « la divinité » et non de Dieu, tout comme dans le testament d’'Heïiligenstadt, et que la mention même de cette divinité vague a disparu de la formule définitive qui figure sur les parties gravées en 1800.

Le sentiment religieux n’est pas absent de l’Ode à la Joie, de Schiller, dont les strophes ont fourni à Beethoven les paroles de la partie chorale du final de la Neuvième symphonie. La joie y est dite fille du ciel, parmi les manifestations de la joie figure celle

178. « Ihrem Wunsche... gebe ich hauptsächlich darum gerne nach, weil diese Vereine bei Gffentlichen, besonders aber gottesdienstlichen Feierlichkeiten ausserordentlich viel wirken kônnen und es bei Bearbeitung dieser grossen Messe meine Hauptabsicht war, sowohl bei den Singenden als bei den Zuhôrenden religiôse Gefühle zu erwecken und dauernd zu machen » (BBr-KAL, V, 53; BBr-PREI,, IV, 172).

179. « Hirtengesang. Frohe und dankbare Gefühle nach dem Sturm » (Beethovens Werke, série 1, n° 6, 66).

110. « Hirtengesang, Wohlthätige mit Dank an die Gotthett verbundene Gefüfle nach dem Sturm. » -— Cf. J.-G. PROD’'HOMME, Les Symphonies de Beethoven, 231.

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