‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 266 sur 356 · AMZI,, XI, n° 17 (25 janvier 1809), col · texte numérisé non relu

AMZI,, XI, n° 17 (25 janvier 1809), col

du Chérubin en présence de Dieu. Les millions d’êtres qui peuplent le monde sont invités à s’embrasser, et cet embrassement doit donner au monde le sentiment qu’un Dieu paternel a son séjour au-dessus de la voûte étoilée. Le monde est invité à chercher ce Dieu par-delà les étoiles. I1 s’agit donc moins, ainsi qu’on peut s’y attendre de la part d’un poète, de l’expression d’une doctrine religieuse cohérente que d’une attitude sentimentale, du pressentiment d’un Dieu conçu à la fois comme créateur extérieur à sa création et comme éprouvant pour sa créature des sentiments paternels.

Dans le premier développement du chœur, allegro assai en ré majeur à 4/4, Beethoven donne de l'importance au dernier vers : Und der Cherub steht vor Gott, qu’il répète plusieurs fois, en tout ou en partie (***). Un peu plus loin, au mouvement allegro assa vivace, alla marcia qui scande l’exhortation aux hommes à parcourir leur carrière joyeusement, comme font les astres au ciel, et l'affirmation que la joie engendre la fraternité humaine, succède un andante maestoso, au 6/8 un 3/2, au ton de ré majeur celui de sol majeur (***). Ce changement correspond aux paroles : Seid umschlungen, Millionen! Diesen Kuss der ganzen Welt! chantées d’abord par le chœur masculin accompagné par les contrebasses, les violoncelles et le trombone basse, puis par le chœur entier accompagné par tout l’orchestre sauf les cors; le chœur masculin chante ensuite à l’unisson, soutenu par les instruments à cordes graves et par tout le pupitre des trombones : Brüder! überm Sternenzelt muss ein lieber Vater wohnen, phrase reprise par tout le chœur et tout l’orchestre, moins les cors, avec modulation en fa majeur. Puis le mouvement se ralentit encore, il devient adagio ma non troppo, ma divoto sur une modulation en sol mineur (***). Le chœur chante alors, d’abord piano, puis en enflant les sonorités jusqu’au fortissimo : Ihr stürzt meder, Millionen, Ahnest du den Schüpfer, Welt? puis, sur un pianissimo subit que suit un imposant crescendo : Such’ ihn überm Sternenzelt! über Sternen muss er wohnen. Peu à peu, l’orchestre presque entier s’est joint aux chanteurs, sauf le contrebasson, les violons et les contrebasses. Seul le contrebasson reste silencieux alors que tous les autres instruments réunis soutiennent pianissimo la répétition du dernier vers : über Sternen muss er wohnen. À cet épisode imposant succède une reprise du début de l’ode : Freude, schôner Gôütterfunken en ré majeur, à 6/4, allegro energico, sempre ben marcato (#5). À la fin de ce développement, au fortissimo de tout

182. Beethovens Werke, série 1, tome III, 209-210. 183. Ibid., 2

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