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le chœur et de tout l'orchestre va succéder brusquement un pianissimo où les basses, puis les ténors, puis les alti soutenus par les cordes et les clarinettes, auxquelles s’ajouteront peu à peu hautbois et flûtes, vont reprendre successivement, en enflant progressivement les sonorités : Ihr stürzt nieder, etc. Tout le chœur et presque tout l'orchestre répètera alors crescendo Such’ ihn überm Sternenzelt! puis, après l'appel répété sforzando : Brüder! Brüder, il reprendra piano, en diminuant encore ses sonorités jusqu’à la fin : Überm Sternenzelt muss ein lieber Vater wohnen (4%). Enfin dans le prestissimo délirant du final figurent aussi les paroles : Brüder, überm Sternenzelt muss ein lieber Vater wohnen, avec répétition insistante de : ein heber Vater (°°?).
Cette analyse sommaire montre combien, dans la Neuvième symphonie comme dans ses autres œuvres vocales, Beethoven a eu le souci de souligner par une musique appropriée chacune des idées essentielles exprimées dans le texte. Ici comme ailleurs, changements de rythme ou de mesure, de tonalité et de mouvement, indication de nuances et emploi des voix et des instruments mettent en valeur les divers éléments du texte. Beethoven fait ainsi ressortir les mêmes caractéristiques de la personnalité divine que Schiller : le Dieu du final de la Neuvième symbhonie est un Dieu personnel, créateur du monde et extérieur à sa création, dont les hommes peuvent s’aprocher par le sentiment et qui éprouve pour ses créatures un amour paternel. Le sentiment religieux ne semble pas ici être lié à une idée d’épreuve quelconque. II n’est d’ailleurs qu’accessoire dans le final de la Neuvième symphonie, consacré à chanter la joie d’une humanité future, réconciliée et fraternelle.
Les messes et la Neuvième symphonie mettent en présence de Dieu la foule des hommes, la Symphonie pastorale y met les paysans. Le Quatuor en la mineur op. 132 (1825) exprime, dans un de ses mouvements, les sentiments d’un individu dans une situation particulière : la troisième partie, molto adagio à 4/4, en ut majeur, porte comme épigraphe : Chant religieux de remerciement d’un malade guéri à la divinité, dans le mode lydien (°°).