Ibid
188. « Heiliger Dankgesang eines Genesenen an die Gottheit, in der lydischen Tonari » (Beethovens Werke, série 6, IL, 173). — Beethvoen n’a pas trouvé du premier coup la formule définitive. On lit dans le Cahier de conversation n° 85 (69), de mai 1825, p. 25 b, de la main de Beethoven : « Dank-Hymne eines Kranken an Gott bej seiner Genesung Gefüh1l neuet Kr[aft] auf u wieder erwachten Getühl ». — Un peu plus tard, dans le cahier n° 89 (2), d'août 1825, p. 15 b, toujours de sa main : « Heiliger Dankgesang eines wiedetgenesenen — beym 3/8 neue Kraft fühlend » (Cahiers de conversation, à la Bibliothèque nationale de Prusse).
Le malade guéri est évidemment Beethoven lui-même, qui fut gravement atteint d’une inflammation intestinale au printemps de 1825. Son action de grâces s'exprime par une sorte de choral attaqué en canon par les quatre instruments, plusieurs fois repris après divers épisodes dont l’un, en ré majeur à 3/8, au rythme alerte et ferme, porte l’épigraphe : Sentant des forces nouvelles (°°°). La fin du « chant d’actions de grâces » est un épisode molto adagio qui doit être exécuté avec le sentiment le plus profond (°°°). Il faut relever ici encore une fois que Beethoven s'adresse à la « divinité » et non à Dieu. Ensuite, qu’il s’agit d’une effusion sentimentale adressée directement au Créateur qui a préservé sa créature de la mort. L'emploi d’une tonalité ancienne, déjà projeté en 1818 pour une symphonie (°!),s "explique peut- être par le désir de donner un accent de plus grande gravité à une prière en utilisant un mode antique, le lydien, qui a survécu dans le plain- chant (*?), Il faut enfin signaler qu'ici aussi le remerciement à la divinité après une guérison suppose une maladie antérieure, donc une épreuve physique et morale victorieusement supportée grâce à l'assistance divine.
Le sentiment religieux que Beethoven a exprimé dans ses œuvres n’est guère différent de celui qu’il a éprouvé lui-même. Le fait qu’il a composé deux messes suffit à indiquer un catholicisme orthodoxe. Son but en les écrivant a été à la fois de chanter la gloire de Dieu et d’édifier les fidèles. En 1815, il l’écrivait déjà, peut-être à propos d’un projet d'établissement à Olmütz avec l’archiduc Rodolphe (7°).
189. Neue Kräfte fühlend (Beethovens Werke, série 6, tome II, 173). 190. Mit innigster Empfindung (Ibid., 178).