J.-G. PROD'HOMME, Les Symphonies de Beethoven
200. « Mein Vaterland, die schône Gegend, in der ich das Licht der Welt erblickte, ist mir noch immer so schôn und deutlich vor Augen, als da ich euch verliess ; kurz ich werde diese Zeit als eine der giücklichsten Begebenheiten meines Lebens betrachten, wo ich euch wiedersehen, und unseren Vater Rhein begrüssen kann » (BBr-KAI,, I, 47 [1800];
BBr-PREL,, I, 74 [1801}).
haite » (2). Le lettre à l’ « Immortelle bien-aimée » attribue à la nature une influence calmante (?*?). I1 faut rappeler aussi la dernière phrase du Testament d'Heiligenstadi, où Beethoven exprime le désir de retrouver la paix et la joie au sein de la nature)
On a déjà cité une partie d’une note inscrite par Beethoven sur une feuille volante en 1815, après qu'une convention ou, comme il dit, un « décret » de l’archiduc Rodolphe et des princes Lobkowitz et Kinsky lui eut assuré une pension lui permettant de vivre, à condition qu’il ne quitterait pas les Etats autrichiens. Le texte complet exprime un amour de la nature poussé jusqu’à l’exaltation et formule un projet d’établissement à la campagne (°°).
Nous avons déjà vu également l’explosion balbutiante du sentiment religieux suggéré par le spectacle de la nature, en septembre 1815, sur le Kahlenberg. L'année suivante, on retrouve sous la plume de Beethoven un projet d’installation à la campagne (°°°). I1 est formulé encore en 1818 sur un carnet d’esquisses (°°°).
Il ne faut pas négliger non plus l'influence qu’a eue sur Beethoven le livre déjà signalé de Sturm : Réflexions sur les œuvres de Dieu dans le domaine de la Nature et de la providence. Les passages qu’il a annotés ou marqués d’un trait au crayon sur son exemplaire sont très nombreux. Un des plus caractéristiques est,
2o1. « Wie glücklich sind Sie, dass Sie schon so früh aufs Land konnten! Erst am achten kann ich diese Glückseligkeit geniessen. Kindlich freue ich mich darauf; wie froh bin ich, einmal in Gebüschen, Wäldern, unter Bäumen, Kräutern, Felsen wandeln zu kônnen, kein Mensch kann das Land so lieben wie ich. Geben doch Wälder, Bäume, Felsen den Widerhall, den der Mensch wünscht ! » (BBr-KAL, I, 204 [1807]; BBr-PREL.. I, 235 [1811]).
202. « Blick in die schône Natur und beruhige dein Gemüt über das Müssende ! » (BBr-KAL,, I, 73; BBr-PREL, I, 138).
203. « O Vorsehung — lass einmal einen reinen Tag der Freude mir erscheinen ! So lange schon ist der wahren Freude inniger Widerhall mir fremd. — © wann — o wann. o Gottheit — kann ich im Tempel der Natur und der Menschen ihn wieder fühlen ! —
Nie? — nein — o, es wäre zu hart! » (A. LEITZMANN, Beethovens persônliche Aufzeichnungen, 8).
204. « Mein Dekret hat nur im Lande zu bleiben : wie leicht ist in jedem Flecken dieses erfüllt! Mein unglückseliges Gehôr plagt mich hier nicht. Ist es doch, als ob jeder Baum zu mir sprâche auf dem Lande : Heïlig, heilig! Im Walde Entzücken! Wer kann alles ausdrücken, Schlägt alles fehi, so bleibt das Land selbst im Winter wie Gaden, untere Brühl usw. I,eicht bei einem Bauern eine Wohnung gemietet, um die Zeit gewiss wohlfeil. Süsse Stille des Waldes! Der Wind, der beim zweiten schônen Tag schon eintritt, kann mich nicht in Wien halten, da er mein Feind ist » (Ibid., xo).
205. « Rin Bauerngut, dann entfliehst du deinem Elend ! » (Zbid., 25). 206. « Ein kleines Haus allda, so klein, dass man allein nur ein wenig Raum hat ! —
Nur einige Tage in dieser gôttlichen Brühl! — Sehnsucht oder Verlangen, Befreiung oder Erfüllung ! » (Tbid., 38).
à la fin du deuxième volume, celui du 8 décembre, sous le titre : La nature considérée comme une école pour le cœur (?°’).
Il ressort de ces textes que Beethoven n’a pas aimé la nature pour elle-même. Les beaux paysages des bords du Rhin semblent n'avoir eu de valeur, dans son souvenir, que parce qu’ils étaient inséparables de l’é vocation du milieu affectueux des familles Breuning et Wegeler, à qui il avait dû les plus belles heures de sa jeunesse. Il dit bien, dans sa lettre à Thérèse Malfatti, que la nature « rend l’écho que l’homme souhaite », c’est-à-dire que l'intérêt principal qu’elle offre est de s’animer en présence de l’homme et de se mettre à l’unisson de ses sentiments. Dans la nature, il cherche le calme, la joie, la force de se résigner, le soulagement du tourment de sa surdité croissante, la paix morale, le contact de Dieu. Beethoven au milieu de la nature n’est pas un visuel, mais un sentimental. C’est en fonction des sentiments qu’il éprouve ou voudrait éprouver qu’il interprète le spectacle qu’elle lui offre.
Conformément à cette attitude, il a cherché à préciser que sa Symphonie pastorale n’est pas une tentative de peinture sonore, mais l’expression de sentiments provoqués par la contemplation de la nature. Les différentes rédactions successives du « programme », avant que soient trouvées les formules définitives, le montrent d’une façon incontestable.
Dans un carnet d’esquisses de 1807 ou 1808, Nottebohm a trouvé, au milieu de la notation de diverses idées musicales destinées à la Symphonie pastorale, un texte où Beethoven indique qu’il ne faut pas pousser trop loin la peinture dans la musique instrumentale et que le titre devrait suffire à aiguiller l’auditeur dans la direction souhaitée (?*), Un autre carnet d’esquis-
207. « Die Natur als eine Schule für das Herz. — Ich kann mir nicht vorstellen, dass ein Mensch niederträchtiger Empfindungen fähig sein sollte, der überall in der Natur die erhabene Denkungsart des hôchsten Wesens betrachtet, dessen Absichten ebensowohl auf das besondere Gute eines jeden Wesens, als auf das grosse und allgemeine Gute der Welt gehen.
« So eine herrliche Schule ist die Natur für das Herz! Wohlan, ich will ein Schüler in dieser Schule sein, und ein lehrbegieriges Herz zu ihrem Unterrichte darbringen. Hier werde ich Weisheit lernen, die einzige Weisheit, die nie mit Ekel verbunden ist, Hier werde ich Gott kennen lernen und in seiner Erkenntnis einen Vorgeschmack des Himmels finden. Und unter diesen Beschäftigungen werden meine irdischen Tage sanft dahinschleichen, bis ich in jene Welt aufgenommen werde, wo ich nicht mehr ein Schüler, sondern ein Kenner der Weisheit sein werde. » — Reproduit dans I,. Nonx, Beethovens Brevier, 145-146.
208. « Man überlässt es dem Zuhôrer, die Situationen auszufinden, Sinfonia caracteristica — oder eine Erinnerung an das Landleben. Jede Malerei, nachdem sie in der Instrumentalmusik zu weit getrieben, verliert. — Sinfonia pastorella. Wer auch nur je eine Idee vom Landleben erhalten, kann sich ohne viele Ueberschriften selbst denken, was der Autor will. — Auch ohne Beschreibung wird man das Ganze, welches mehr Empfindung als Tongemälde, erkennen » (G. NOTTEBOHM, Zweite Beethoveniana, 375). Reproduit par A. LEITZMANN, ouv. cité, 9.
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ses de la même époque contient, au milieu de notes musicales destinées à la Fantaisie avec chœur, quelques lignes où Beethoven marque son intention d'exprimer des impressions champètres et, à ce propos, de dépeindre quelques sentiments de la vie à la campagne (2**). Le manuscrit original de la symphonie porte des indications analogues (?"°). Celles qui figurent sur la partie de premier violon conservée par la société des Amus de la musique, à Vienne, sont plus développées (°°).
Le programme, auquel il a déjà été fait allusion, publié en janvier 1809 par la Gazette de Leipzig, n'offre pas de différence importante avec cette dernière rédaction. Celui qui figure sur la partie gravée de premier violon publiée en avril 1809 par Breitkopf et Härtel n’en diffère pas non plus pour l'essentiel, sauf dans la dernière indication où l’allusion à la divinité a disparu (?"). I1 n’y a pas d'autre modification à signaler dans les indications portées sur la partition d’orchestre éditée, toujours par Breitkopf et Härtel, en 1826 (**).
Le motif essentiel du premier mouvement est, à peu de chose près, identique à celui d’une danse slave. Il est vraisemblable que ce n’est pas la danse qui a fait un emprunt plus ou moins déformé à la symphonie, laquelle n’a été vraiment populaire qu’assez tard. C’est donc plutôt Beethoven qui aura fait un emprunt au folklore (*’*). Ce motif de danse donne à l’allegro ma non tropbo un caractère rustique que ne dément pas une orchestration où ne figurent, outre le quatuor à cordes, que des instruments traditionnellement considérés comme bucoliques : deux
flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors.
Le deuxième mouvement, andante molto moto en si bémol majeur à 12/8, évoque les bords riants d’un ruisseau par de
209. « Pastoralsinfonie keine Malerei, sondern worin die Empfindungen ausgedrückt sind, welche der Genuss des Landes im Menschen hervorbringt, wobei einige Gefühle des Landlebens geschildert werden » (G. NOTTEBOHM, ouv. cité, 504; A. LEITZMANN, ouv. cité, 9).
210. « Angenehm heïitre Empfindungen, welche bei der Ankunft auf dem Lande im Menschen erwachen. A0 ma non troppo — nicht ganz geschwind » (J.-G. PROD'HOMME, Les Symbhonies de Beethoven, 230-231).
211. « Sinfonia pastorella. Pastoral Sinfonie oder Erinnerung an das Landleben. Mehr Ausdruck der Empfindung als Malerei :
« 19 Angenehme heïitre Empfindungen, welche bei der Ankunft auf dem Lande im Menschen erwachen. Allegro ma non troppo.
« 29 Scene am Bach. Andante mollo moto quasi Allegretto.
« 3° Lustiges Zusammensein der Landleute. Allegro.
« 4° Donner, Sturm. Allegro.
« 5° Hirtengesang. Wohltätige, mit Dank an die Gottheit verbundene Gefühle nach dem Sturm. Allegretio » (NOTTEBOHM, ouv. cité, 378; J.-G. PROD'HOMME, ouv. cité, 232):