‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 275 sur 356 · Beethovens Werke, vol. cité · texte numérisé non relu

Beethovens Werke, vol. cité

226. Ibid., 72 (clarinettes); J.-G. PROD’HOMME, ouv. cité, 244.

227. 20 SANDBERGER, Ausgewählte Aufsätze zur Musikgeschichte, II, 154 et suiv. : Zu den geschichilichen Voraussetzungen der Pastoralsinfonie.

sonore est encadrée d’autres mouvements destinés à évoquer la nature calme et ensoleillée (°°).

La grande originalité de Beethoven dans la Pastorale consiste à avoir utilisé des matériaux sonores déjà existants et consacrés par l'usage à la description de scènes champêtres pour exprimer surtout des impressions et des sentiments. Avant lui, les œuvres musicales à programme inspirées par la nature cherchaient à évoquer des objets. Dans la Symphonie pastorale, l’imitation du murmure du ruisseau, des chants d’oiseaux ou la description de la tempête sont secondaires. Beethoven n’a pas absolument sacrifié l’élément descriptif (ce qui le montre bien est la modification de la formule « Symphonie pastorale non peinture, mais où sont exprimées les impressions... », devenue « Plus expression de sentiment que peinture »), mais il a donné l'importance principale à l'élément subjectif, au sentiment. Cette conception lui a été sans doute suggérée par une lettre ouverte Sur la peinture musicale adressée à Reichardt en 1780, par Johann Jakob Engel. On a pu relever une analogie frappante entre la terminologie de l'esthéticien Engel et les expressions employées par Beethoven, mais on ignore comment le musicien aura eu connaissance de Ja lettre à Reichardt. L'hypothèse la plus probable est qu’elle lui aura été communiquée à Bonn par son maître Neefe, qui avait des relations avec Engel (**°).

Au fond, Beethoven procède ici de Rousseau, pour qui la nature est surtout un prétexte à s’enivrer de sentiments (cf. le livre IV des Confessions). L'influence de Rousseau lui a été tout naturellement transmise non seulement par les idées et les formules d’Engel, mais par Klopstock, pour qui il a eu une vive admiration (*°), et par Werther, où le héros du roman est enthousiaste de la nature et où un orage vient troubler une joyeuse réunion champêtre (mais non de paysans) et donner à Charlotte l’occasion de faire allusion à une ode de Klopstock. Dans la nature de Beethoven comme dans celle de Rousseau et du Sturm und Drang, tout ce qui est naïf et simple parle au sentiment le ruisseau, les paysans qui dansent, les oiseaux. Les paysans au cœur pur sont près de Dieu qui, comme il est dit dans Fidelio, « les éprouve, mais ne les abandonne pas ». Avec une foi spontanée et dans un langage sonore naturel ils expriment, après la tempête, leur reconnaissance à la divinité un peu vague qui les a préservés. C’est une idylle dans le goût du dix-huitième siècle. Le sentiment de la nature que Beethoven a exprimé dans sa Sym-

228. Ibid., 190; TDR, III, 100; J.-G. PROD’HOMME, ouv. cité, 234.

229. A. SANDBERGER, ouvrage et volume cités, 201 : Mehr Ausdruck der Empfndung als Malerei.

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