‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 276 sur 356 · CTDR, IT, T5T · texte numérisé non relu

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phonie pastorale est un sentiment simple et naïf, où l'esthétique n'a aucune part, et qui met simplement, par l'intermédiaire de la nature, l’homme en contact avec la divinité (**).

Le sentiment de la nature s'exprime encore dans un certain nombre de lieder de Beethoven dont l’examen ne fait que confirmer les résultats de l’analyse de la Symphonie pastorale.

Ce qui a sans doute intéressé Beethoven dans l’Adélaïde de Matthisson (op. 46), c’est l'expression de la fidélité de l’amant entouré d’une nature vivante dont toutes les voix lui répètent le nom de l’aimée (?*?). La ligne mélodique suit la courbe des vers, le rythme et les modulations sont adaptés aux idées exprimées par le poète : l'évocation du flot miroitant, des nuages d’or du couchant, de la brise du soir, du chant des rossignols sont accompagnées de figures mélodiques ou rythmiques qui soulignent l'expression des paroles; l'évocation du soir s’accompagne d’une modulation de fa majeur à ré bémol, puis sol bémol majeur, puis si bémol mineur, pour revenir ensuite à si bémol majeur pour la dernière strophe (***). Le quatrième des Six lieder de Gellert op. 48, La louange de Dieu dans la nature (**) affirme solennellement, par une sorte de choral à la fois grave et enthousiaste, que l’univers entier glorifñie l’Eternel. Le Chant de mai de Gœthe exprime l'épanouissement du sentiment amoureux au milieu de la nature printanière (°°°).

Dans le cycle de lieder À la bien-aimée absente op. 98 (°°°), la nature sert de cadre à l’expression des sentiments. Dans chaque lied le caractère particulier de la plainte de l’amant correspond à l’évocation d’une certaine nature, indifférente, gaie ou mélancolique. Mélodies, rythmes et tonalités sont soigneusement diversifiés, parfois de façon très caractéristique, comme dans le n° 3 où de légers triolets toujours courants accompagnent la course des nuages au ciel et du ruisseau chargés de saluer la bienaimée (*’). Le prélude du n° 5 (Mai revient, le pré fleurit) est semé de trilles joyeux qui représentent sûrement des chants d’oiseaux (2°),

231. Sur le sentiment de la nature chez Beethoven et son expression dans la Sym- Phonie pastorale, cf. aussi A, Scamirz, Zur Frage nach Beethovens Weltanschauung und threm musikalischen Ausdruck dans Beethoven und die Gegenwart, 283-285.

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