TDR, I
249. G. NOTTEBOHM, Zweite Beethoveniana, 476. 250. TDR, IIL, 153.
voie (*°’). Il faut enfin signaler que le motif principal du chœur de la Neuvième symphonie figure déjà dans la Fantaisie op. 80 et que son invention remonte à 1706 (***). Le final de la Neuvième symphonie réunit donc en un faisceau unique des éléments poétiques et musicaux qui depuis longtemps hantaient Beethoven et auxquels il a donné enfin la forme artistique qu’il cherchait depuis sa jeunesse. Conformément à son idée de 1809, il n’a pas utilisé toutes les strophes de l’œuvre de Schiller, mais seulement celles où s'expriment le sentiment religieux et l’amour de l'humanité (?*).
On a pu remarquer que l’Elysée que chante Beethoven n’est pas tout à fait celui du jeune Schiller. Pour celui-ci, en effet, cette demeure mystérieuse, d’où la joie sort pour venir rayonner au milieu des hommes, est dans l’au-delà. Beethoven, lui, songe plutôt à un Etat futur qui réaliserait cet Elysée dans la fraternité des hommes. Il est plus proche de la conception que Schiller, à l’époque de sa maturité, a exprimée dans la dissertation Sur la poésie naïve et sentimentale et dans les Lettres sur l'éducation esthétique de l’homme. Ce ne sont plus les idées du jeune et bouillant poète à peine échappé au Sturm und Drang qu’expriment les strophes choisies par Beethoven dans l’Ode à la Joie. Les coupures pratiquées dans le poème par le musicien lui ont fait curieusement trouver et, souligner musicalement, dans le final de la Neuvième symphonie, les idées de Schiller mâûri et devenu classique. L'Etat futur dont Beethoven se fait l’annonciateur reposera « sur la synthèse classique, sur la conciliation du conflit entre la nature et l’esprit, entre l’instict et le devoir dans l’homme » (***). Certes, Beethoven n’a indiqué nulle part les intentions qu’il a pu avoir (*°). Mais celles-ci ressortent clairement de l’examen du texte qu’il a mis en musique, des coupures qu’il a faites dans les strophes de Schiller, de l’importance qu’il a accordée à certaines tournures ou à certains vers en les répétant avec insistance et de la façon dont il a distribué les paroles entre les solistes isolés ou réunis, le chœur mascu-