‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 280 sur 356 · G. NOTTEBOHM, Zweile Beethoveniana · texte numérisé non relu

G. NOTTEBOHM, Zweile Beethoveniana

259 TDR, V, 40:

254. L. F. SCHIEDERMAIR, Die Gestallung wellanschaulicher Ideen in der Vokalmusik Beethovens, 16.

255. Le Cahier de conversation n° 66 (39), de mai 1824, postérieur, par conséquent, à l'achèvement de la Neuvième symphonie, porte, à la page 31 b, cette indication de Ja main de Beethoven : « Das gedruckte Gedicht der Freude Freude (sic) », note isolée et de laquelle il est impossible de déduire un renseignement quelconque. En août 1825, le cahier 89 (2) montre que la question des strophes supprimées a pu être agitée entre Beethoven et Karl Holz. Celui-ci a, en effet, écrit, page 30 4, une allusion à la dernière strophe de la première édition du poème de Schiller : « Allen Sündern soll vergeben — Und die Hôlle... Dieser Text ist aber nicht mehr in Ihrer Symphonie — lied an die freude — 8 Strophen » (Cahiers de conversation à la Bibl. nationale de Prusse).

lin, féminin ou mixte et la masse totale des chanteurs (***). La synthèse schillérienne (et kantienne) entre le devoir et l'instinct une fois réalisée, il n’y aura plus sur terre qu’une humanité paisible et fraternelle, dont les jours s’écouleront dans une joie dionysiaque, présent par lequel le Père éternel récompensera ses créatures qui auront enfin découvert le vrai sens de l’existence.

Cette humanité moralement et politiquement libre, fraternelle et pénétrée d’esprit religieux, qui chante la joie au final de la Neuvième symphonie, une autre œuvre de Beethoven l’a déjà montrée : Fidelio. Les chœurs des prisonniers, à la fin du premier acte et au final du second, montrent les diverses phases par lesquelles passe leur esprit, depuis le désir de libération dans la cour de la prison jusqu’à l’allégresse débordante de la liberté conquise, à la fin de l’œuvre. Le désir de délivrer son mari, qui anime Léonore, est une passion dont la violence dépasse la personnalité de Florestan : sans même se rendre compte de la portée de ses actes, ce n’est pas Florestan seul qu’elle délivrera, mais tous les captifs injustement détenus par le sinistre Pizarro. Léonore, Florestan et Fernando seront, au final, les choryphées autour desquels se grouperont les voix de la masse chorale en une page dont l’élan éperdu est comparable à celui du final de la Neuvième symphonie et où l'emprunt fait au poème de Schiller (?*’) montre bien la parenté d’inspiration entre les deux œuvres (2°).

La liberté politique généreusement octroyée par un souverain paternel et éclairé est la récompense de la liberté intérieure conquise et ardemment défendue, au fond de leur conscience, par des âmes d’élite. Léonore et Florestan sont de « belles âmes », des guides de l’humanité, dont la haute moralité religieuse ne peut exister que dans des personnalités entièrement libres de toute contrainte intérieure (***). Au fond, cette humanité supérieure, libre aussi bien moralement que politiquement, pour qui la pratique du bien est simplement l’activité d’un instinct, est la forme terrestre du divin (2°).

. I n’est pas nécessaire d’insister sur le fait que la liberté politique est le but que poursuit l’héroisme d’Egmont. La façon dont Beethoven a traité la scène finale du drame, conformément d’ail-

256. L. F. SCHIEDERMAIR, ouv. cité, 17; Otto BAENSCH, Aufbau und Sinn des Chorfinales in Beethovens 9. Symphonie.

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