Das Sanctus, Nachtstücke T, EWM, III, 130. CHR
Jo: tres
vers Serpentina, et l’attrait qu’a pour lui la jeune bourgeoise Véronique. Quand il est sous l’influence de Véronique, il voit le monde par des yeux de mortel ordinaire, et n’y aperçoit que grisaille. Mais quand il se laisse aller à sa vraie nature, les couleurs de toutes choses s’avivent et resplendissent, des parfums délicieux flottent autour de lui, des harmonies suaves frappent son oreille. Une véritable fantasmagorie visuelle et sonore charme sa solitude mélancolique au bord de l’Elbe (*). Chez l’archiviste Lindhorst il voit un jardin magnifique, peuplé de plantes vivantes, entre lesquelles voltigent des oiseaux au plumage éclatant (rs). De ces fleurs vivantes émanent des accords musicaux suaves (‘’). Et lorsque Serpentina se révèle à lui selon sa vraie nature, des cloches de cristal font entendre un accord parfait d’une pureté ravissante (*).
Les êtres naïfs qui suivent simplement leur nature peuvent jouir intégralement de ces harmonies. Dans le conte du Cassenoisettes, la jeune Marie visite le pays merveilleux des Esprits de la Nature, et son arrivée v est saluée par une débauche de lumières, de parfums et de sonorités aériennes (‘*). Dans l’Enfant étranger, l’apparition de l’enfant merveilleux est accompagnée d’une clarté diffuse miraculeuse, les oiseaux font entendre de suaves mélodies, les arbres de la forêt eux-mêmes se mettent à chanter (°°). Les sons que l'enfant tire d’un cor magique éveillent également à cette vie merveilleuse les animaux et les plantes de la forêt (*’). L//enfant décrit le palais de sa nière, reine des esprits de l'air, comme un séjour merveilleux, où retentissent sans cesse des musiques aériennes (**). De même, dans Klein Zaches, l'air et les plantes chantent (**). Des phenomènes analogues figurent dans le conte de la Princesse Brambilla (**), d'autres encore ont pour théâtre le jardin du comte Angelo Mora, dans le récit intitulé Datura fastuosa (*). Bien entendu, le musicien Johannes Kreisler est sensible, lui aussi, à toutes les musiques éparses dans la nature (**). Cette perception de sonorités musicales inconnues aux âmes vulgaires est, on le voit, très fré-